Auguste LAGET

 

 

Pierre Marie LAJET dit Auguste LAGET

 

ténor français

(Gémil, Haute-Garonne, 29 décembre 1821* 3 rue Traversière Saint Aubin, Toulouse, Haute-Garonne, 06 décembre 1902*)

 

Fils de Pierre LAJET (Toulouse, 19 novembre 1787 Toulouse, 16 décembre 1855), aubergiste, et de Blanche SIGAUD (12 avril 1790 19 janvier 1856).

Epouse 1. Louise Amable Rose POUCHOLLE-PLANTERRE (v. 1827 Bordeaux, Gironde, 21 mars 1867) ; parents de Marie Rose Blanche Marguerite LAGET (Toulouse, 27 septembre 1848* 1926) [épouse John Aimé GIESSLER].

Epouse 2. Maria Adélaïde Antonia DELAHOUSSE (1841 ap. 1902).

 

 

Il fut élève au Conservatoire de Paris. Il débuta à l’Opéra-Comique, puis chanta à Bordeaux, Rouen, Marseille, Toulouse. Il chanta également aux Concerts du Conservatoire (sociétaire du 23 novembre 1847 à mai 1851). Il rentra à l’Opéra-Comique (1860-1862), et chanta ensuite à Lyon, puis à Toulouse où il dirigea une école de chant. De 1865 à 1866, il fut directeur des théâtres subventionnés de Toulouse, dont le Capitole (avec Bonnefoy, Sigalloux et Dardignac). On lui doit : le Chant et les chanteurs (1874) ; Chollet, premier sujet du théâtre de l’Opéra-Comique (1880) ;  Sin-Petro, opéra-comique en trois actes (1902) ; le Professeur de chant malgré lui, vaudeville en un acte (1902).

Il ne doit pas être confondu avec Henri Laget.

 

=> Mémoire adressé au Maire de Toulouse, par Auguste Laget (1865)

=> Traité de prononciation, par Auguste Laget (1883)

=> Mémoire contre Mme Caroline Barbot, par Auguste Laget (1884)

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y débuta vers 1841.

 

Il y fit sa rentrée le 08 juillet 1860 dans le Toréador (Tracolin). Il y a chanté le 04 décembre 1860 la Perruche (Bagnolet) ; en décembre 1860 Barkouf (Saëb).

 

Il y a créé le 02 février 1861 la Circassienne (Boudour, 1er eunuque) d’Esprit Auber.

 

 

 

 

 

Fit son éducation musicale au Conservatoire de Paris, fut engagé ensuite à l'Opéra-Comique, où il resta plusieurs années, puis quitta ce théâtre pour aller tenir l'emploi des ténors sur diverses scènes de province. Aujourd'hui fixé à Toulouse, où il a ouvert une école de chant et de déclamation lyrique, cet artiste est professeur de solfège au Conservatoire de cette ville. M. Laget a publié dans la Revue de Toulouse et dans un autre journal local un certain nombre d'articles sur l'art du chant et sur les chanteurs ; il a réuni récemment ces articles, et en a formé un volume qui a paru sous ce titre : le Chant et les chanteurs (Paris, Heugel, sans date [1874] in-8°). Il n'y a dans ce volume, d’ailleurs assez varié et d'une lecture facile, rien de bien nouveau ni de bien intéressant. Précédemment, M. Laget avait publié sous ce titre : Roger (Toulouse, impr. Charouin, 1865, in-8°), une notice biographique sur ce chanteur distingué.

(François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens, supplément d'Arthur Pougin, 1878-1880)

 

 

 

 

 

— Nous lisons dans les journaux de Toulouse :

« M. Auguste Laget, professeur de chant et de déclamation lyrique, vient de donner son concert annuel.

C'est lui qui a ouvert la séance, et tout le monde a retrouvé chez ce maître, le chanteur classique, expérimenté et qui raisonne son art, en sachant mettre à son service aussi bien ses moyens vocaux que sa plume exercée. Quelques belles voix ont été remarquées : celle de Mlle Dedieu, que l'on sait bonne musicienne et qui l’a prouvé plus d'une fois en faisant chanter son violoncelle ; celle de M. Olive, une basse dont l'organe est puissant et velouté. A ces jeunes élèves étaient venus fraternellement faire cortège d'anciens élèves de M. Laget : MM. Boyer, Eyhérabide ; M. Tournié avait aussi répondu à rappel. Il a remarquablement chanté un boléro et la romance patoise si connue du Poutou. M. Laget nous avait ménagé une grande surprise, en nous présentant, sous le titre d'amateur, Mme Giessler, sa fille. Dès les premières mesures de l'air du Pré-aux-Clercs, on a bien vite vu que c'était une véritable artiste. Aussi l’enthousiasme a été en grandissant. Mme Giessler a été rappelée plusieurs fois par les bravos de la salle entière. La voix est chaude, bien timbrée, d'un charme pénétrant et sentimental, la méthode est admirable, l'exécution est d'un fini irréprochable ; du reste, bon sang ne pouvait mentir. »

(le Ménestrel, 24 juin 1877)

 

Nous accompagnions hier, nombreux, à sa dernière demeure, M. Auguste Laget, un fils de Toulouse artiste, dont elle a le droit de s'enorgueillir.

Après avoir occupé, au théâtre de l'Opéra-Comique, l'emploi de premier ténor léger avec la plus grande distinction, créateur même d'un rôle dans la Circassienne d'Auber, M. Auguste Laget fut engagé sur les principales scènes de province et de l'étranger.

C'était un chanteur de haut goût et un comédien de la plus grande valeur; ceux qui le connurent à la scène vous diront que le souvenir du rôle de Lecrédan d'Haydée créé par lui, au Capitole, restera inoubliable dans les annales de notre grand théâtre.

Nous ne sommes pas de ces derniers, mais nous avons souvenance de sa création dans les Bourguignons de L. Deffès et jamais, nous ne vîmes chanteur plus élégant et acteur plus accompli.

Vers 1865, M. Auguste Laget devint directeur du théâtre du Capitole en association avec MM. Bonnefoy et Dardignac.

Quelque temps après, la classe de solfège au Conservatoire étant devenue vacante par la mort de M. Deschamps, ce fut M Auguste Laget qui lui succéda et c'est à partir de ce moment qu'il se voua entièrement au professorat.

Cette nouvelle carrière il l'illustra autant qu'il avait illustré l'art lyrique, par la quantité et surtout par la qualité des élèves qui vinrent lui demander les secrets de son art.

Il fonda donc une classe que l'on appelle, en termes de théâtre, une Ecole de répertoire ; c’est là qu'il forma MM. Justin Boyer, le directeur actuel du théâtre du Capitole ; Tournié, ex-directeur des théâtres du Capitole et de Lyon ; Bordeneuve, Dupuy, Séran qui ont occupé les scènes les plus importantes, et aussi

Mme Bacquié-Arnal, aujourd’hui professeur de chant au Conservatoire de Toulouse.

J'en oublie et peut-être bien des meilleurs, dans ce cas je suis impardonnable, car j'eus l'honneur d'être choisi par lui pour être un de ses accompagnateurs, et je vois encore cette petite scène qu’il avait fait établir dans l'immeuble de son beau-père M. Espigat, ancien préposé en chef de l'octroi. Ah ! que de scènes intéressantes ! que de fruits chacun retirait de ses leçons !

Nous disons chacun, et cela à dessein, car c'est là que nous avons puisé les règles des traditions scéniques enseignées par un maître éminent dont la science et l’autorité n'ont jamais été contestées.

M. Auguste Laget fut plus qu'un grand artiste et qu'un maitre dans l'enseignement, il fut aussi journaliste ; il maniait la plume de la plus élégante façon. Il publia plusieurs ouvrages d'un intérêt puissant sur le chant, les chanteurs, les théâtres et les compositeurs anciens et modernes.

En 1863, il fut nommé directeur intérimaire du Conservatoire de Toulouse entre la direction Mériel et Deffès.

Tel fut l'homme que nous avons accompagné hier au champ du repos. Dans le cortège se trouvaient : M. Crocé-Spinelli, directeur du Conservatoire, Paul Feuga, adjoint au maire, Justin Boyer, directeur du Théâtre au Conservatoire, bon nombre de professeurs de cet établissement, MM. Jules Bibent, Pourailly, Bernard Sénac, des musiciens de l'orchestre du Capitole et des Variétés, des artistes de ces deux théâtres.

Le deuil était conduit par son fils, M. François Laget, et par son beau-fils, M. Lassus, accompagnateur au théâtre du Capitole.

Parmi les couronnes placées sur le cercueil, signalons celle des anciens élèves du maître et aussi celle offerte par M. Justin Boyer, qui ne pouvait retenir ses larmes, tellement, son émotion était grande.

(l'Express du Midi, 09 décembre 1902)
 

Un excellent et modeste artiste, Auguste Laget, vient de mourir à Toulouse dans un âge très avancé. Né vers 1820, il avait fait son éducation musicale au Conservatoire de Paris, avait passé plusieurs années ensuite à l'Opéra-Comique, puis était allé tenir l'emploi de ténor sur diverses scènes de province. Fixé en dernier lieu à Toulouse, il y avait ouvert une école de chant et de déclamation lyrique et était devenu professeur de solfège au Conservatoire, où il fit un instant l'intérim de la direction. Il publia alors dans la Revue de Toulouse et dans un autre journal un certain nombre d’articles sur l'art du chant et sur certains chanteurs célèbres. Il réunit plus tard ces articles et en forma un volume qu'il publia sous ce titre : le Chant et les Chanteurs. Il n'y a dans ce volume, d'ailleurs assez varié, rien de bien nouveau ni de bien intéressant pour qui connaît le sujet et la question, mais il est d'une lecture agréable et facile. Laget a publié aussi sous ce titre : Roger, une notice sur ce chanteur distingué. En ces dernières années il donnait de temps à autre quelques articles à l'Art méridional.

(le Ménestrel, 21 décembre 1902) 

 

 

 

 

 

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