Henri LAGET

 

 

 

Paul Pierre Marie André dit Henri LAGET

 

ténor français

(Toulouse, Haute-Garonne, 10 décembre 1821* Rieux [auj. Rieux-Volvestre], Haute-Garonne, 14 septembre 1875*)

 

Fils de Joseph Henry Frédéric LAGET (Montpellier, Hérault, 28 juillet 1790 ap. 1838), négociant, et de Jeanne Marie Clara GRESSE (15 août 1802 ).

Epouse à Paris 3e le 07 août 1847 Marie Victorine HORNOGA ( av. 1875).

 

 

Reçu enfant de chœur à la maîtrise de Toulouse le 25 novembre 1830, il étudia d'abord le violon, puis le violoncelle, et au bout de quelques années fit partie de l'orchestre du Grand-Théâtre. Il quitta Toulouse pour venir à Paris, où il comptait se livrer entièrement à l'étude du chant, et fut admis au Conservatoire le 24 juin 1839. Au concours de 1841 il remportait les deux seconds prix de chant et d'opéra-comique, et, sans attendre davantage, il quitta l'école pour débuter à l'Opéra-Comique, le 26 octobre de la même année, dans un ouvrage nouveau d'Adam, la Main de fer, dont le succès fut négatif et qui n'eut que quatre représentations. Cependant on avait remarqué que la voix du débutant était d'une étonnante fraîcheur, d'un timbre charmant, et qu'elle était conduite avec un goût véritable ; le jeune chanteur se montra bientôt dans divers ouvrages du répertoire, notamment dans Joconde, le Chalet, Frère et mari. Il chanta également aux Concerts du Conservatoire (sociétaire du 23 décembre 1842 au 13 janvier 1845). Mais le théâtre ne lui fut pas favorable, soit que sa santé, qui laissa toujours à désirer, se trouvât mal des fatigues qu'il lui causait, soit que les auteurs hésitassent à lui confier des rôles nouveaux. Toujours est-il qu'au bout de quelques années, Laget quitta la scène pour se livrer à l’enseignement. Dans cette nouvelle carrière, il réussit pleinement, et le 1er mai 1856 il était nommé professeur de chant au Conservatoire de Paris en remplacement de Bordogni ; sa classe fut bientôt considérée comme une des meilleures de cet établissement, et l'on peut surtout citer parmi les élèves qui en sortirent MM. Caron, Roudil, Miral, Melchissédec, Bosquin, Géraizer, Mlles Daram, Baretti, Mauduit, etc. Laget a rempli ses fonctions de professeur au Conservatoire jusqu'au 1er février 1875, date à laquelle il démissionna et fut remplacé par Henri Potier, l'état précaire de sa santé l'obligeant à un repos absolu. Ce repos ne suffit pas à la rétablir, et Laget, qui était allé se fixer à Rieux (Haute-Garonne), non loin de sa ville natale, y mourut le 14 septembre suivant.

En 1862, il habitait 22 passage Saulnier à Paris 9e.

Il ne doit pas être confondu avec Auguste Laget.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y débuta le 26 octobre 1841 en créant la Main de fer ou Un mariage secret (Eric) d’Adolphe Adam.

 

Il y chanta Joconde, le Chalet, Frère et mari.

 

 

 

 

 

Création de la Main de fer.

M. Laget, jeune ténor qui paraissait pour la première fois sur le théâtre de l’Opéra-Comique, a débuté par le rôle d’Eric, neveu de l’électeur. Sa voix est douce et gracieuse, mais elle est peu timbrée, et n’est pas suffisamment posée. Le cantabile qu’il chante à son entrée est d’une mélodie élégante et fort bien accompagnée par un hautbois obligé.

(Henri Blanchard, Revue et Gazette musicale de Paris, 31 octobre 1841)

 

Dans cet ouvrage nous avons vu débuter un jeune élève du Conservatoire, M. Laget. Doué d'un ténor gracieux, mais de peu d'étendue, M. Laget ne manque ni d'âme, ni de goût. Le travail et l'expérience ont besoin de passer par là.

(le Ménestrel, 31 octobre 1841)

 

Nous apprenons la mort à Rieux (Haute-Garonne), de M. Henri Laget, professeur de chant au Conservatoire.

Depuis une vingtaine d'années, M. Henri Laget souffrait de la poitrine, et il ne se soutenait qu'à force de soins. Dans ces derniers temps, cette affection s'était compliquée de palpitations de cœur, qui le faisaient beaucoup souffrir, et tout fait supposer que c'est cette dernière maladie qui l'a emporté.

(la Presse, 22 septembre 1875)

 

La succession Laget.

M. Henri Laget, professeur au Conservatoire de musique, avait institué deux de ses intimes amis, MM. Cazeaux et Rivière, ses légataires, l'un à titre universel, l'autre à titre particulier.

Ils se trouvaient en possession de la fortune du testateur lorsque survint un prétendant inattendu, Mlle Joséphine Daram, artiste de l'Opéra, autrefois élève de M. Laget. Elle avait reçu par la poste, d'une façon mystérieuse, un testament olographe postérieur au premier et lui donnant l'héritage tout entier.

L'écriture de cet acte ayant été déniée, une vérification fut ordonnée. Trois experts-écrivains ont conclu à la fausseté de la pièce, attribuée mal à propos à M. Laget.

Au moment où l'on allait plaider sur l'homologation de ce rapport d'expertise, surgit un nouvel incident.

Un parent éloigné du testateur, M. Bergeron, présentait un autre écrit signé Laget, qui, cette fois, distribuait la fortune en litige entre lui et Mlle Daram. Protestation énergique de MM. Cazaux et Rivière, qui soutiennent qu'il y a abus du nom et de la plume de leur bienfaiteur.

L'examen de ces testaments a été soumis au tribunal civil de Muret. Les particularités relatives à l'envoi des deux testaments réputés apocryphes étaient de nature à préoccuper les juges, qui ont entendu les parties en chambre du conseil.

Le tribunal n'a reconnu valable que le testament fait au profit de MM. Cazeaux et Rivière, et il a confirmé la prise de possession de l'héritage par ces derniers.

(le Rappel, 05 août 1877)

 

 

 

 

 

 

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