LAGET

 

 

 

LAGET

 

basse française

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Il y débuta en 1845 dans la Juive (le Cardinal de Brogni).

 

 

 

 

 

Fidelio de Beethoven par les élèves du Conservatoire sous la direction de Habeneck, salle des Menus Plaisirs [22 juin 1845].

M. Laget (élève de Banderali et Morin), a joué et chanté le rôle de basse du geôlier Roc, comme un homme digne de remplir le bel engagement qu’il vient de contracter avec l’Opéra.

(le Ménestrel, 29 juin 1845)

 

 

Opéra.

Après les débuts de M. Arnoux, basse qui n’a pas été admise à prendre place à l’Opéra, et ceux de M. Paulin, le ténor léger et fiorituré, qui a été reçu par contre, nous avons entendu cette semaine M. Laget, élève du Conservatoire, classe de Banderali. Ce jeune artiste a fait sa première apparition dans le Cardinal de la Juive, et, comme nous en avons fait ressortir l’indispensabilité dans notre dernier numéro, il reparaîtra plusieurs fois dans le même rôle. A une première audition, M. Laget a fait le plus grand plaisir ; sa voix est bonne, large, assez souple et imposante, comme il convient aux voix de basse, sans cependant perdre de sa rondeur et de son charme. Nous en reparlerons après une seconde audition. Ce même soir, Duprez était rappelé dans Eléazar, à la suite du quatrième acte ; il a été magnifique. Quelques jours avant, il essayait, mais en vain, de chanter Raoul des Huguenots. Cela tient-il à la musique ou au baromètre.

(le Ménestrel, 06 juillet 1845)

 

 

Opéra.

Laget a reparu dans la Juive, et son succès a été confirmé.

(le Ménestrel, 13 juillet 1845)

 

 

M. Laget a une belle figure, une tournure superbe, un œil qui annonce l’intelligence et qui ne ment pas. La nature a été prodigue envers lui, et surtout elle lui a donné une voix de basse comme on en voit guère. C’est toute la force et toute la gravité de la basse, avec le charme et la douceur de timbre de ténor. Je n’ose assurer cependant que M. Laget ait fait des études de chanteur bien complètes. Il a besoin de s’exercer encore, et d’apprendre à tirer parti de ce magnifique instrument. Il y a beaucoup de choses qu’il ne fait pas, ou qu’il fait d’une manière défectueuse : sa vocalisation est pesante et timide ; il attaque souvent avec mollesse, et ne prononce peut-être pas habituellement avec assez d’énergie. Mais ce sont là de petits défauts que l’on corrige facilement avec un peu d’étude et de volonté.

M. Laget n’a fait qu’un saut du Conservatoire à l’Opéra. Il a débuté sur cette vaste scène dans la Juive, par le rôle du cardinal Brogni. Il y a obtenu un succès brillant, surtout par les espérances qu’il a données comme acteur. Il a mis beaucoup d’énergie et d’éclat dans la malédiction du troisième acte :

Vous qui du Dieu vivant outragez la puissance,

Soyez maudits !

Vous que tous trois unit une horrible alliance,

Soyez maudits ! etc.

Ce n’était pas assurément tout ce qu’un comédien habile et complet aurait pu tirer de cette belle situation, mais c’était déjà beaucoup plus qu’on n’a coutume d’en voir à l’Opéra, où les voix sonores sont moins rares que la faculté de comprendre, de sentir et d’exprimer.

M. Laget a donc réussit et l’on peut, ce me semble, espérer beaucoup de ce jeune homme. C’est une bonne acquisition qu’a faite l’Académie royale de musique. M. Laget doit y remplacer M. Levasseur, qui vient de se retirer après une carrière de vingt années, très honorablement parcourue.

(L’Illustration, 26 juillet 1845)

 

 

David [de Mermet] sera bientôt à la copie, puis en répétition. Mme Stoltz, Gardoni et Laget [remplacé par Brémont lors de la création] seront chargés des principaux rôles.

(le Ménestrel, 27 juillet 1845)

 

 

Opéra.

Lundi dernier [28 juillet], dans Robert-le-Diable, Laget, qui devait continuer ses débuts par le rôle de Bertram, a été subitement remplacé par Brémont.

(le Ménestrel, 03 août 1845)

 

 

Opéra.

Quant à leur pauvre camarade M. Laget, dont les premières apparitions dans le Cardinal de la Juive avaient fait augurer si favorablement, nous n’avons que de tristes nouvelles à en donner. Pris à l’improviste pour ses débuts à l’Opéra, M. Laget qui sortait de répéter et de chanter Fidelio de Beethoven, la mort des chanteurs, ne prit aucun repos, et il en résultat une telle fatigue de poitrine et d’estomac, qu’aujourd’hui cette belle organisation vocale est condamnée au silence pour longtemps encore.

(le Ménestrel, 09 novembre 1845)

 

 

 

 

 

 

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