Raoul LAPARRA

 

Raoul Laparra en 1931

 

 

Raoul Louis Félix Émile Mary LAPARRA dit Raoul LAPARRA

 

compositeur français

(17 bis rue Turenne, Bordeaux, Gironde, 13 mai 1876* – 10 quai Gallieni, Suresnes, Seine [auj. Hauts-de-Seine], 04 avril 1943*), enterré à Chézy-sur-Marne.

 

Fils de Joseph Edouard LAPARRA (1840 – ap. 1902), négociant, et de Marguerite MOLLO (1845 – ap. 1902).

Frère de William Julien Émile Édouard LAPARRA (Bordeaux, 25 novembre 1873* – Hecho, Aragon, Espagne, 05 septembre 1920), peintre [épouse 1. à Paris 8e le 27 décembre 1902* Franciszka Joanna Wanda LANDOWSKI (Paris, 12 août 1879 –), sœur du sculpteur Paul LANDOWSKI ; épouse 2. à Saint-Jean-de-Luz, Basses-Pyrénées, auj. Pyrénées-Atlantiques, le 14 septembre 1908 Fanny CÉLINE] ; et de Marcel William Édouard LAPARRA (Bordeaux, 30 septembre 1877* – Paris 14e, 19 décembre 1950*), violon solo des Concerts Colonne.

Epouse Marie SHANAFELT (– ap. 1943).

Père de Jules Pagès dit Giulio ou Julio Pagès LAPARRA (Los Angeles, Etats-Unis, 1914 – 1978), peintre.

 

 

Il entra très jeune au Conservatoire de Paris, où il travailla le piano avec Louis Diémer, l'harmonie avec Lavignac, et la composition avec Jules Massenet et Gédalge. Il y obtint en 1894 un second prix de piano, en 1897 un second prix d’harmonie. Elève de Gabriel Fauré, il remporta le grand prix de Rome en 1903 avec sa cantate Alyssa. Il fut toujours inspiré par l'Espagne où il fit de nombreux séjours. Il a surtout composé pour le théâtre, utilisant fréquemment dans ses œuvres, des thèmes basques et espagnols. On lui doit des œuvres fortes, colorées, émouvantes : Peau d’âne (1899) ; la Habanera (Opéra-Comique, 1908 ; Londres et Boston, 1910), qui a été jouée tant en France qu’à l’étranger avec un grand succès et qui le plaça d'emblée parmi les grands compositeurs lyriques ; Amphitryon, inspiré de Plaute et Molière, et modifié un peu à l'orientale ; la Jota (Opéra-Comique, 1911) ; le Joueur de viole (Opéra-Comique, 1925) ; l’Illustre Fregona (Opéra, 1931). Il a écrit également de nombreuses mélodies pour chant et piano, entre autres : Nuages, Voici le soir, Un Rêve, le Missel chantant (suite de mélodies sur de vieilles poésies françaises), un Quatuor à cordes, une suite d'orchestre : Danses basques, envoi de Rome exécuté à l'Institut (novembre 1907), plusieurs pièces pour piano seul, des œuvres symphoniques et une suite pour piano et orchestre : Un dimanche basque, d’une expression vigoureuse et sincère. Il a écrit lui-même les paroles de plusieurs de ses mélodies, et a été également son propre librettiste. Il a signé une étude, Musique et danse populaire en Espagne (1920), une autre sur Bizet et l'Espagne (1935). Il est mort pour la France à titre civil car il fut tué lors du bombardement du 4 avril 1943.

En 1942, il habitait avec sa femme au 13 rue de l’Abbaye à Paris 6e où il était domicilié lors de son décès.

 

 

 

 

œuvres lyriques

 

Peau d’âne, opéra-comique (Bordeaux, 03 février 1899)

Alyssa, légende irlandaise, livret de Marguerite Coiffier et Eugène Adenis (Institut, 27 juin 1903 avec Mlle Marcelle Demougeot (Alyssa, la fée), MM. David Devriès (Braïzil, jeune chef irlandais), Félix Vieuille (le Barde, porte-glaive)) => partition

la Habanera, drame lyrique en 3 actes et un prologue, livret du compositeur (Opéra-Comique, 26 février 1908) => fiche technique

Amphitryon, comédie lyrique d'après la comédie de Molière, envoi de Rome (1905) (Conservatoire, 30 décembre 1908)

la Jota, conte lyrique en 2 actes, livret du compositeur (Opéra-Comique, 26 avril 1911) => fiche technique

le Joueur de Viole, conte lyrique en 4 actes, livret du compositeur (Opéra-Comique, 24 décembre 1925) => fiche technique

las Toreras, zarzuela en 1 acte suivie d'un ballet, d'après Tirso de Molina (Lille, 17 janvier 1929)

l’Illustre Frégona, zarzuela en 3 actes, livret du compositeur (Opéra, 16 février 1931) => fiche technique

 

mélodies

 

Amour de moi s’y est enclose (l’), poésie du XVe siècle => partition

Chanson de mon tout petit (la), poésie de Robert Dieudonné (1909) => partition

Comment se peut-il faire ainsi ?, rondel, poésie de Charles d’Orléans => partition

Dieu, qu’il la fait bon regarder !, rondel, poésie de Charles d’Orléans => partition

En regardant ces belles fleurs, rondel, poésie de Charles d’Orléans => partition

En voyant sa dame au matin, poésie du XVe siècle => partition

Gardez le trait de la fenestre, rondel, poésie de Charles d’Orléans => partition

Is sont trois cornemuseux, chanson, poésie populaire du Berry => partition

Jamais, poésie d’Alfred de Musset, musique tirée de la Fantaisie pour piano de Schubert (1907)

Lettre à une Espagnole, poésie du compositeur (1907) => partition

Lieds de notre amour, poésies du compositeur (1902) => partition

Matinale, poésie du compositeur (1909) => partition

Montrez-les-moi, ces pauvres yeux, rondel, poésie de Charles d’Orléans => partition

Moulins moulant (les), poésie populaire du Languedoc => partition

Nuages

Petit mercier, petit panier !, chanson, poésie de Charles d’Orléans => partition

Quand je fus pris au pavillon, rondel, poésie de Charles d’Orléans => partition

Seize Mélodies sur des thèmes populaires d’Espagne => partition

Siège de Vire (le), poésie d’Olivier Basselin => partition

Un Rêve

Voici le soir

 

œuvres instrumentales

 

Danses basques, suite d'orchestre (Institut, novembre 1907)

Rythmes espagnols, pour piano (1913) => partition

Sonate n°1 pour violon (1911) => partition

Suite ancienne en marge de Don Quichotte (1921) => partition

Suite pour piano (1927)

Un dimanche basque, suite pour piano et orchestre

 

 

 

                             

 

Jamais

poésie d’Alfred de Musset, musique de Raoul Laparra tirée de la Fantaisie pour piano de Schubert

 

 

 

 

 

 

 

Nous n'en avons pas fini avec les lauriers et les lauréats. Deux grands prix de Rome, M. Georges Hüe et M. Samuel Rousseau, se sont acquittés de l'obligation imposée aux pensionnaires de la villa Médicis en envoyant, l'un une « symphonie », l'autre trois pièces pour petit orchestre et un fabliau lyrique : la Florentine, qui ont été exécutés le 21 décembre, dans la grande salle du Conservatoire.

 

M. Georges Hüe a déjà débuté au théâtre ; il est l'auteur des Pantins, le dernier ouvrage sorti du concours Cressent et joué à l'Opéra-Comique. Le compositeur y avait affirmé certaines qualités qui se développent avec plus d'aisance dans la symphonie qu'il vient de nous donner.

 

C'est une composition vivante et colorée, parfois un peu verbeuse, comme si le musicien avait quelque peine à trouver sa terminaison, mais toujours d'une excellente facture. L'allegro, développé assez longuement, a de la distinction et de la puissance ; je passe sur l'andante qui, précisément, a motivé ma réflexion sur le verbiage musical de l'auteur. Quant au menuet, il est de bonne allure, un peu vif peut-être, un peu bruyant pour une danse de caractère. En revanche, j'aime absolument le finale, avec ses claires sonneries de cuivres et son instrumentation bien pleine.

 

(Louis Gallet, la Nouvelle Revue, 01 janvier 1883)

 

 

Si le concurrent de M. V. d'Indy, M. Georges Hüe, n'est point aussi habile, aussi maître de sa main que l'auteur du Chant de la cloche, il me semble doué d'un tempérament dramatique très supérieur.

 

Je dirai même que ce tempérament l'emporte à des excès dont l'âge et le travail des répétitions le corrigeront assurément. Il dit ce qu'il a à dire avec une fougue, une exubérance souvent écrasante pour les voix. Son Rubezahl pourtant ne s'est pas fait applaudir, au Châtelet, seulement pour ses qualités de force. On y rencontre des pages charmantes, telles que la rêverie au bord du lac et le chant de l'ondine. Le succès en a été très grand.

 

Je serais bien surpris si M. Georges Hüe ne nous donnait un excellent compositeur dramatique. Il faudra pour cela que les dieux lui soient favorables ; or, malheureusement, les dieux, c'est-à-dire les directeurs, se tiennent au sommet d'un Olympe de plus en plus inaccessible. Élever autel contre autel et montagne contre montagne, c'est-à-dire créer un Théâtre-Lyrique, voilà, semble-t-il, le seul moyen qu'il y ait d'empêcher des musiciens doués pour la scène comme M. Georges Hüe de perdre leur temps et d'épuiser leur force.

 

(Louis Gallet, la Nouvelle Revue, 01 avril 1886)

 

 

 

 

 

Raoul Laparra en 1903

 

 

 

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