Maurice LEFÈVRE

 

 

 

Maurice LEFÈVRE

 

romancier et auteur dramatique français

(4 rue Pont-Mortain, Lisieux, Calvados, 13 mars 1857* – Paris 9e, 03 décembre 1915*)

 

Fils d'Alphonse Léon LEFÈVRE (Lisieux, 23 décembre 1828* –), secrétaire de mairie, et de Léonie Augustine Marguerite LAJOYE (Lisieux, 09 janvier 1832* –) [mariés à Lisieux le 20 février 1854*].

Epouse 1. (divorce) Marie Charlotte JULLIEN.

Epouse 2. à Paris 8e le 29 décembre 1909 Marguerite Madeleine LEMAITRE (– ap. 1915).

 

 

Il fit ses études au lycée de Caen et à Paris, institution Massin. Fils et petit-fils de journalistes républicains, il débuta dans le « Lexovien », fondé par son arrière-grand-mère en 1816. S'étant rendu à Paris en 1875, il écrivit successivement ou à la fois à la Liberté (1877), au Gaulois, au Matin, à l’Echo de Paris, où il signait la « Soirée parisienne » du pseudonyme de FLAMBERGE, au Voltaire, au Figaro (1889) où il fait « la Soirée théâtrale » signée UN MONSIEUR DE L'ORCHESTRE et où il fonda les fameux Five o' clocks (1891), aux revues le Monde moderne et le Monde artiste, où il soutint une campagne ardente (1888-1892) en faveur du réalisme au théâtre. Il a fait jouer, soit seul, soit en collaboration : Scaramouche, ballet-pantomime, Conte de printemps, le Discobole, la Nuit de Noël, le Crime d'un fils, Horribles détails ! avec Louis Decori (1903) ; Tout vient à point ! En librairie, il a publié : Mademoiselle Collardier, Scaramouche, conte ; Crèvecœur ; Par amour ; le Château de cartes ; Histoires invraisemblables ; A travers champs ; la Chanson de Paris ; la Femme à travers l'histoire, recueil de causeries ; Madame Carignan ; Yuri ; etc. Conférencier remarquable, Lefèvre a remporté des succès à Monte-Carlo, à Bruxelles, à Londres, à New York, etc., et surtout à Paris, de 1890 à 1902, à la Bodinière, où il a créé les matinées-conférences sur la chanson.

En 1897, il habitait 31 rue des Batignolles à Paris 17e ; il est décédé en son domicile, 47 rue Laffitte à Paris 9e.

=> la Chanson de Paris (1894) par Maurice Lefèvre

 

 

 

 

livrets

 

le Dernier des Muflhausen, opérette en 1 acte, musique de Georges Street (Scala, 1886)

Scaramouche, pantomime-ballet en 2 actes, avec Henri Vuagneux, musique d'André Messager et Georges Street (Nouveau-Théâtre, 17 octobre 1891) => fiche technique

Conte de printemps, pantomime en 2 actes, avec Félix Régamey, musique de Gaston Lemaire et Sudessi (Cercle funambulesque, Théâtre d'Application, 18 mai 1892)

Une nuit de Noël, drame en 5 actes et 10 tableaux, avec Camille de Roddaz, musique de scène d'Emile Pessard (Ambigu, 19 août 1893)

le Discobole, conte burlesque en 1 acte, avec Paul Bilhaud, musique de Domergue (Cercle funambulesque, Théâtre d'Application, 29 novembre 1893)

 

 

 

 

 

A travers chants. [articles de Maurice Lefèvre sur la chanson publiés dans le journal le Mirliton]

 

En pleine chanson.

 

Je n'ai plus à vous présenter, n'est-ce pas, l'interprète que vous allez entendre. Le nom de Mlle Félicia Mallet est trop connu maintenant pour qu'il soit nécessaire de faire son panégyrique. Je n'ai point oublié les applaudissements dont vous saluiez naguère son incomparable talent (1), et je retrouve ici, avec le plaisir que vous pouvez croire, accourus en hâte à la nouvelle que l’éminente artiste allait de nouveau se faire entendre aux causeries de la Bodinière, un grand nombre d'auditeurs, qui nous faisaient, il y a deux ans, l'honneur d’être de nos habitués...

Ceux-là vous diront, Mesdames, à vous qui allez, pour la première fois, entendre Mlle Félicia Mallet, que je ne suis ni injuste ni téméraire en plaçant son nom à côté de celui auquel je viens de rendre un trop court hommage [Thérésa] ; et j'ajoute que, si Darcier pouvait être fier de Thérésa, quelque chose de l’art de cette dernière semble revivre dans la diction chaude, l'émotion d'art, la passion sincère du Beau et du Vrai, qui sont les signes caractéristiques du talent de Mlle Félicia Mallet.

 

(1) Causeries sur le Rire et les larmes dans la Chanson moderne, faites au Théâtre d'Application (la Bodinière), en mai et juin 1891.

 

***

 

Si j'avais mis sous vos veux les vieilles chansons du Caveau et du Mercure galant, vous auriez pris sur le vif les différences profondes de la Chanson d'hier et de la Chanson d'aujourd'hui. Mais outre que je ne veux point abuser de votre confiance, je n'entends point assombrir vos esprits sous les brumes d'une érudition facile, que le dictionnaire de Larousse fournit à bon compte. Modeste causeur, je dois rester dans mon rôle, et, si vous le voulez bien, nous allons de compagnie vagabonder en pleine chanson, cueillant, au hasard de la route, à la fortune des haies, telle strophe ardente ou tel couplet fleuri, dont les épines rougiront peut-être votre doigt d'une gouttelette de sang, mais qui ravira votre âme par sa couleur et son parfum.

Pour mettre un peu d'ordre dans nos causeries, nous les avons divisées en quatre classifications spéciales.

En pleine Chanson, celles qui font l'objet de cette causerie et qui vous donneront un aperçu général.

Les Chansons d’amour !

Il ne fallait pas moins d’une séance entière, n'est-il pas vrai ? pour un sujet qui tient dans la vie une si large place.

Les Chansons brutales !

Sous ce titre nous avons réuni quelques-unes des chansons, superbes de farouche ardeur, du chansonnier-peuple Aristide Bruant, et nous avons joint les audaces subtiles et vibrantes de bien des œuvres d'art qui pourraient effaroucher des oreilles peu familiarisées avec les témérités des jeunes poètes contemporains.

Les Chansons de partout !

Enfin, sous ce titre général, nous terminerons notre excursion sur les terres de dame Chanson en visitant quelques-unes des provinces où sont conservés de si odorants refrains.

 

(Maurice Lefèvre, le Mirliton, 30 mars 1894)

 

 

 

 

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