Ernest LEFÈVRE-DÉRODÉ

 

buste d'Ernest Lefèvre-Dérodé, par Eugène Bourgouin, au cimetière du Nord, à Reims

 

 

Ernest Onézime LEFÈVRE dit Ernest LEFÈVRE-DÉRODÉ

 

compositeur français

(34 rue Marlot, Reims, Marne, 07 juin 1853* Thil, Marne, 02 novembre 1913)

 

Fils de Valéry LEFÈVRE (22 novembre 1814 – Reims, 11 novembre 1892*), tisseur puis ténor à la cathédrale de Reims et professeur de musique, et d'Elise Salaberge DELHORBE (Sains-Richaumont, Aisne, 30 novembre 1815* – Reims, 27 novembre 1874*), mariés à Sains-Richaumont le 05 septembre 1838*.

Epouse à Reims le 05 avril 1893* Louise DÉRODÉ (Reims, 23 mai 1870* – Paris 15e, 14 octobre 1952), arrière-petite-nièce du publiciste Simon LINGUET.

 

 

Elève des musiciens rémois Étienne Robert et Ambroise Petit, il était en 1880 chef de chœurs de la Maîtrise de Notre-Dame de Reims et professeur de chant au pensionnat de la rue de Venise à Reims. En 1884, il dirigea la Société Philharmonique, puis la Musique municipale de Reims. En 1901, il quitta sa ville natale et se fixa à Paris. Il revint à Reims, en 1907, et accepta de réorganiser les concerts de la Société Philarmonique. Le maire lui confia le soin d’élaborer le projet de création d’une école de musique dont il devint le premier directeur mais il ne devait y rester qu’une année. On lui doit surtout des œuvres religieuses et vocales. De sa musique symphonique, citons Caïn, ouverture (Concerts Colonne, 13 mars 1904) ; Soleil couchant (Concerts Lamoureux, 12 novembre 1905) ; Don Juan aux Enfers, poème symphonique (Concerts Lamoureux, 24 décembre 1911). Il est enterré au cimetière du Nord, de Reims, où l'on peut voir son buste, œuvre d'Eugène Bourgouin.

En 1892, il habitait 76 rue Clovis à Reims ; en 1907, 4 rue d'Aumale à Paris 9e et 10 rue Carnot à Reims.

 

 

 

 

œuvres lyriques

 

le Prieur de Saint-Basle, symphonique dramatique pour voix seules, chœur et orchestre, poème de Marie Henri Delacroix (51.Châlons-sur-Marne, 04 avril 1842 - 51.Verzy, 22 août 1890)

     (Grand Théâtre de Reims, 04 juin 1881, avec MM. Jules Bosquin et Pol Plançon qui en chantaient les parties principales)

Yvonne, opéra-comique en 3 actes, livret de Charles Grandmougin (Reims, 21 février 1885)

Konrad Wallenrod, drame lyrique en 3 actes et 4 tableaux, livret de Pierre-Barthélemy Gheusi, d'après un poème d'Adam Mickiewicz (Reims, vers 1890)

la Veillée de Jeanne d'Arc, grande scène lyrique pour soprano, chœur d'hommes et orchestre, poésie de Pierre-Barthélemy Gheusi (Grand-Théâtre de Reims, mars 1895)

le Follet, poème lyrique en 1 acte, livret de Pierre Barbier (Opéra-Comique, 01 mai 1900) => fiche technique

la Fille de Béthuel, musique de scène pour le mystère en 3 parties et en vers libres d'Henri Fromont (Académie nationale de Reims, 11 juillet 1907)

la Nuit, suite symphonique pour chant et orchestre, poème de Maurice Renard (51.Châlons-sur-Marne, 28 février 1875 - 17.Rochefort, 18 novembre 1939)

     (Académie nationale de Reims, 06 juillet 1911)

la Mort de Roland, symphonie et chœur mixte (Académie nationale de Reims, 11 juillet 1912)

 

chœurs

 

Patrie perdue (la), chœur

Recueillement, chœur à 2 voix de femmes

Voix au vent (les), chœur pour 4 voix d'hommes

 

 

 

 

 

Il y a deux ans, en son concours de Poésie, l'Académie avait la satisfaction de couronner une œuvre d'un caractère particulièrement délicat de thème, de sentiment et d'expression : « la Fille de Béthuel », dû à l'inspiration de M. Henry Fromont.

C'était une touchante scène hébraïque, où le dialogue s'alternait de récitals et de chœurs mystiques sollicitant à l'évidence le rythme des harmonies musicales.

Notre distingué rapporteur de 1905, avec ce sens profond qu'il possède de toutes les beautés de l’art, avait compris, je dirai presque rêvé, cette intimité nécessaire de la mélodie et de la poésie de ces deux sœurs jumelles appelées à chanter ensemble les plaintes et les extases de la vierge biblique.

Il n'eut point de peine à faire passer cette conception personnelle en l'âme, bien disposée à la recevoir et à se l'assimiler, d'un compositeur dont le nom et les œuvres ont déjà conquis une juste autorité, dans le domaine de la décentralisation artistique, et même remporté de méritoires succès aux luttes plus redoutables de la faveur parisienne.

De ces méditations vivifiées du sentiment le plus pur, vient de jaillir une suite de symphonies qui fait grand honneur à son auteur, — M. Ernest Lefèvre-Derodé. Elle continue ce cycle remarquable de compositions expressives que tous nous avons su applaudir à Reims et à Paris, et dont les seuls noms rappellent autant de solennités musicales : « Yvonne, — le Prieur de Saint-Basle, — la Veillée de Jeanne d'Arc, — Fraternité, — Caïn, — la Nuit, — Soleil couchant, — etc.

Par une pensée des plus exquises, M. Lefèvre-Dérodé a voulu réserver à l'Académie la primeur de son nouveau chef-d'œuvre, — et nous offrir, par extraits, en attendant une exécution intégrale incompatible aujourd'hui avec les exigences de notre programme, — une audition première dont nous emporterons le charme symbolique et pénétrant.

Ai-je dit que M. Ernest Lefèvre- Dérodé est un Rémois, dont le nom est au tableau d'honneur de la famille artistique, où brillent auprès du sien, ceux de Dallier, de Missa, de Dazy, — ayant à leur tête celui de notre illustre compatriote Théodore Dubois ; — et qu'il fut, comme eux, le descendant de cette grande école d'harmonie qu'a longtemps été notre vieille maîtrise de Reims.

En offrant à M. Ernest Lefèvre-Dérodé la médaille d'or que l'Académie se plait à décerner, en une tradition à peu près constante, aux apôtres de l'art ou de la science qui ajoutent un fleuron à son lustre local, — l'Académie est heureuse tout en même temps de traduire sa gratitude de l'œuvre qui lui est délicatement dédiée, et d'affirmer une fois de plus sa sympathique fierté a l'endroit des artistes qui savent rehausser la gloire un peu trop dédaignée de la petite patrie provinciale.

(Travaux de l'Académie nationale de Reims, année 1906-1907)

 

 

 

 

 

De Reims on annonce la mort du compositeur Ernest Lefèvre-Dérodé, directeur de l'école de musique de cette ville, décédé subitement, dans sa propriété de Thil (Marne). Il avait soixante ans. Après avoir été maître de chapelle à la basilique de Saint-Rémi, il avait été nommé organiste à la cathédrale. Il est l'auteur de diverses œuvres musicales, parmi lesquelles Yvonne, opéra-comique écrit sur un poème de M. Charles Grandmougin. Avec le Follet, il obtint le prix Crescent et son œuvre fut jouée à l'Opéra-Comique le 3 mai 1900. Il fit également entendre un drame lyrique, Wallenrod, sur un poème de M. P.-B. Gheusi, aujourd'hui directeur de l'Opéra-Comique.

(le Ménestrel, 08 novembre 1913)

 

 

 

 

 

 

 

Encylopédie