Louis LELOIR

 

 

 

Louis Pierre SALLOT dit Louis LELOIR

 

acteur français

(Paris 13e, 05 novembre 1860* – Paris 1er, 29 novembre 1909*)

 

Fils de Louis Etienne SALLOT (1834 –), et de Louise Oscarine LELOUARD (1840 –), papetiers.

Epouse Louise Victoire THUILLIER (1860 – ap. 1909).

 

 

Elève de Bressant au Conservatoire, il joua au troisième Théâtre-Français, au Gymnase, où il créa l'Amiral, et débuta, en 1880, à la Comédie-Française, dont il est devenu sociétaire en 1889. Doué d'une voix claire et mordante, d'un naturel parfait, il a pris rang parmi les comédiens les plus originaux de ce temps. Parmi les pièces où il a été le plus applaudi, nous citerons : l'Avare, le Monde où l'on s'ennuie, la Bûcheronne, Grisélidis, Par le glaive, Jean Darlot, Cabotins, les Romanesques, Mademoiselle de La Seiglière, le Gendre de M. Poirier, etc. Il a été nommé professeur au Conservatoire (1894). On lui doit quelques pièces, notamment : Chez le docteur, et l'Art de dire (1886). Le 16 août 1900, il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur.

Il est décédé en son domicile, 8 rue de Castiglione à Paris 1er.

 

 

 

 

livrets

 

la Fille de Paillasse, opérette en 3 actes, avec Armand Liorat, musique de Louis Varney (Folies-Dramatiques, 20 avril 1894)

le Petit Lulli, opéra-comique en 1 acte, avec Paul Gravollet, musique de Charles Hess (Valenciennes, 27 février 1896)

Madame Dugazon, opéra-comique en 1 acte, avec Paul Gravollet, musique de Charles Hess (Opéra-Comique, 12 mai 1902)

On ne badine pas avec l'amour, comédie lyrique en 3 actes, avec Gabriel Nigond, musique de Gabriel Pierné (Opéra-Comique, 30 mai 1910)

 

 

 

 

 

 

 

Professeur au Conservatoire depuis 1894, il fut fait chevalier de la Légion d’honneur en 1900, et devint sociétaire, à part entière, de la Comédie-Française.

 

Le talent de cet excellent artiste était des plus variés. Il remplit à la fois des personnages de manteaux, financiers et grimes, et des premiers rôles de comédie et de drame. Il interpréta les chefs-d’œuvre des maîtres avec une rare perfection ; essentiellement, il fut un artiste de répertoire classique. On n'oubliera point l'art avec lequel il burina le caractère d'Harpagon : la force des détails, la puissance tragique de son jeu y furent extraordinaires ; son Orgon était saisissant de vérité ; son Arnolphe, austère et comique tour à tour, attestait un artiste de premier ordre. Il donnait l'impression de la bonhomie en Chrysale et en Jadis, l'aimable vieillard de Murger. Il montra dans le juge Dandin un savoureux comique. Il imprimait un surprenant relief à des rôles silhouettés, comme Purgon du Malade imaginaire, Bazile du Barbier de Séville, le maître de philosophie du Bourgeois gentilhomme et Antonio du Mariage de Figaro. Il campa avec une pittoresque largeur le bravache Annibal de l'Aventurière. Il fut remarquable dans Blazius et Claudio, de Musset, dans le Marquis de la Seiglière, dans le Gendre de M. Poirier, où il succéda à Got. Dans Notre Jeunesse, il présenta un type étonnant d'âpreté ; dans Corneille et Richelieu, il fit une belle évocation du cardinal ; dans l'Ame des héros, il fut le vieux grognard Grégoire Aubry. Mais, dans Shylock, il manqua d'ampleur épique, et, quoique merveilleux en Don Quichotte, par sa longue et maigre silhouette, il fut, dans ce rôle, insuffisamment lyrique ; dans sa jolie création d'Eloi du Bon roi Dagobert, il n'eut pas non plus assez de poésie.

 

Leloir était un homme d'esprit cultivé ; il publia l'Art de dire (1886), extraits de classiques commentés. Dans la « Revue d'art dramatique », il écrivit des portraits de professeurs du Conservatoire. Il fit représenter quelques pièces : la Fille de Paillasse (Folies-Dramatiques, 1894) ; Madame Dugazon (Opéra-Comique, 1902) ; le Roman de Françoise (Ambigu, 1903) ; Molière et Scaramouche (Comédie-Française, 1904). Pour cet à-propos en un acte et le livret d'opéra-comique, Leloir collabora avec son camarade Paul Gravollet. Il laisse deux œuvres, composées en commun avec le poète Gabriel Nigond : Mademoiselle Molière, cinq actes, en vers, reçus à l'Odéon, et un livret tiré d'On ne badine pas avec l'amour, musique de Gabriel Pierné, admis à l'Opéra-Comique.

 

(Michel Marcille, Larousse Mensuel Illustré, février 1910)

 

 

 

 

 

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