Julien MATHIEU

 

 

 

 

Jacques Julien MATHIEU dit Julien MATHIEU

 

ténor français

(Villefranche-de-Lauragais, Haute-Garonne, 22 février 1815* – Neuilly-sur-Seine, Seine [auj. Hauts-de-Seine], 01 décembre 1883*)

 

Fils de Jean-Pierre MATHIEU, chapelier, et de Jeanne Thomase AVIGNON.

Epouse à Paris 2e le 29 juin 1848 Marie LAVOYE, cantatrice ; parents de 10 enfants dont Félix MATHIEU (1850–), comptable, et Gustave MATHIEU (1858–), employé de chemin de fer.

 

 

Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint en 1844 un accessit d’opéra et en 1845 un second prix d’opéra, et débuta la même année à l’Opéra. Il chanta en province, notamment à Marseille, où il chanta Haydée (Lorédan) en 1848, et le Prophète (Jean de Leyde) en 1849, et à Lyon en 1851. En 1852, il rentra à l’Opéra et chanta Lucie de Lammermoor, la Juive et les Huguenots. Il repartit en province et obtint beaucoup de succès à Marseille dans les Huguenots en 1854, Léonore de Médicis et Lucie de Lammermoor en 1855, et le Trouvère en 1856. En 1870, il était marchand de vin en gros rue Caumartin à Paris.

Il est décédé en son domicile, 6 rue du Marché à Neuilly-sur-Seine.

Constant Pierre, dans son Conservatoire National (1900), le confond avec Jacques MATHIEU (Villenouvelle, Haute-Garonne, 28 avril 1819*-), sans doute également élève du Conservatoire.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Il débuta le 29 octobre 1845 dans Othello.

 

Il y chanta Guillaume Tell (Arnold, 1845) ; le Comte Ory (le Comte Ory, 1846) ; la Muette de Portici (Masaniello, 1846) ; Robert le Diable (Robert, 1852) ; Lucie de Lammermoor (Edgard, 100e le 28 juillet 1852) ; la Juive ; les Huguenots.

 

 

 

 

 

Opéra.

On se rappelle que M. Mathieu, annoncé comme devant enterrer Duprez, n'enterra au total absolument rien, si ce n'est cette malencontreuse réclame d'amis au pavé. (Renvoyé à l'ours de la Fable.) M. Mathieu, qui avait disparu complètement depuis lors, a fait vendredi dernier une sorte de rentrée par le rôle si difficile du comte Ory.

M. Mathieu n'a pas changé. C'est dire qu'il lui reste beaucoup à faire encore. Plusieurs intonations au moins douteuses lui ont valu différents signes d'improbation.

(le Mercure des théâtres, 15 mars 1846)

 

 

la Juive à l'Opéra.

Une indisposition de M. Villaret a malencontreusement amené sur la scène de l'Opéra, vendredi dernier [16 mars], le ténor Mathieu ; cet Eléazar improvisé a été des plus mal accueillis par le public si débonnaire de la rue Le Peletier. Mlle Mauduit, MM. Belval et Warot ont été impuissants à calmer cet orage. Le cinquième acte de la Juive n'a pas été exécuté.

(le Ménestrel, 18 mars 1866)

 

 

Nous apprenons la mort de M. Julien Mathieu, chanteur aujourd'hui oublié, mais dont la carrière fut pendant longtemps brillante.

Julien Mathieu, doué d'une superbe voix de ténor, était sorti du Conservatoire en 1844. Il entra à l'Opéra, où il tint les grands rôles du répertoire non sans succès. Au bout de quelques années, il quitta notre première scène et partit pour la province où il réussit avec éclat. A Marseille, il obtint pendant plusieurs saisons de véritables triomphes ; il a laissé des souvenirs qui ne sont point encore effacés dans la ville de France où l'on est le plus difficile pour les ténors.

Mathieu reparut à Paris, au Théâtre-Italien, en 1855. Il eut un succès marqué dans Il Trovatore, dans Otello, etc., puis il retourna en province, où l'appelaient de superbes engagements. Il avait réalisé une fortune de quelque importance, lorsque l'idée lui vint de partir pour l'Amérique. C'est au retour de ce voyage que les revers l'attendaient. L'argent qu'il avait placé à Paris dans une entreprise qu'il croyait excellente, était perdu, et le chanteur se trouvait pauvre à l'âge où l'on ne peut plus recommencer sa carrière.

Depuis cette époque, Mathieu fit de vaines tentatives pour retrouver le succès. Il avait épousé Mlle Marie Lavoye, artiste elle-même, et sœur d'une cantatrice qui eut, autrefois, une situation brillante à l'Opéra-Comique ; il était père de dix enfants.

Les dernières années de l'artiste se passèrent dans les soucis et les mécomptes. Mathieu, depuis longtemps malade, est mort le 1er décembre, dans la petite maison qu'il habitait depuis de longues années, à Neuilly-sur-Seine.

(le Figaro, 04 décembre 1883)

 

 

 

 

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