Auguste Alphonse Edmond MEILLET

 

 

 

Auguste Alphonse dit Auguste Alphonse Edmond MEILLET

 

baryton français

(Nevers, Nièvre, 07 avril 1828* Veules-les-Roses, Seine-Inférieure [auj. Seine-Maritime], 31 août 1871*)

 

Fils de Jean-Baptiste MEILLET (1795 av. 1871), avoué, et de Françoise Geneviève AUPETIT ( ap. 1871).

Epouse à Paris 1er le 04 décembre 1851 Maria MEILLET-MEYER, cantatrice ; parents de Lucien Jean Henri Auguste MEILLET (Paris 6e, 09 décembre 1855 ).

 

 

Elève du Conservatoire, il débuta à l'Opéra en 1850 dans l'Âme en peine, mais ne fit qu'y passer, et après avoir fait une courte apparition en 1852 à l'Opéra-National (qui allait devenir le Théâtre-Lyrique), puis à l'Opéra-Comique, il entra l'année suivante au Théâtre-Lyrique, où le succès l'attendait. Il s'y fit remarquer dès son apparition par sa jolie voix de baryton, son talent de chanteur et ses rares qualités de comédien, plein de rondeur, d'intelligence, de verve et de bonhomie ; aussi se vit-il bientôt chargé de nombreuses et importantes créations qui lui donnèrent de l'autorité sur le public et assurèrent sa réputation. Les rôles principaux qu'il créa ou joua sont : Bonsoir, voisin !; le Médecin malgré lui ; Jaguarita ; Richard Cœur de Lion ; Ma Tante Aurore ; les Noces de Figaro ; le Val d'Andorre, etc. Vers 1861 ou 1862 pourtant, Meillet quitta Paris et alla tenir son emploi dans diverses grandes villes de province et de l'étranger, notamment à Bruxelles. Puis il reparut au Théâtre-Lyrique, et enfin fut engagé à l'Opéra-Comique, où il créa d'une façon charmante le rôle du docteur Mirouet dans l'Ombre, de Flotow.

En 1855, il habitait avec femme 35 boulevard du Temple à Paris 3e. Lors de son décès, il était domicilié 97 rue Blanche à Paris 9e.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Il y débuta en 1850 dans l'Âme en peine.

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y débuta le 28 mai 1852 dans l'Irato (Crispin).

 

Il y créa le 07 juillet 1870 l'Ombre (Antoine Mirouet) de Friedrich von Flotow.

 

 

Sa carrière au Théâtre-Lyrique

 

Il y débuta le 06 janvier 1852 en créant la Butte des moulins d’Adrien Boieldieu.

 

Il y créa le 21 février 1852 la Poupée de Nuremberg d’Adolphe Adam ; le 18 septembre 1853 Bonsoir, voisin ! (Charlot) de Ferdinand Poise ; le 24 février 1854 la Fille invisible d’Adrien Boieldieu ; le 16 avril 1854 Une rencontre dans le Danube de Paul Henrion ; le 31 décembre 1854 Dans les vignes de Louis Clapisson ; le 14 mai 1855 Jaguarita l’Indienne (Hector Van Trump) de Fromental Halévy ; le 24 novembre 1855 le Secret de l’oncle Vincent de Théodore de Lajarte ; le 23 mars 1856 Mam’zelle Geneviève d’Adolphe Adam ; le 16 avril 1856 le Chapeau du roi d’E. Caspers ; le 06 octobre 1856 le Bijou perdu (Pacôme) d’Adolphe Adam ; le 27 décembre 1856 la Reine Topaze (Annibal Barbiano) de Victor Massé ; le 15 janvier 1858 le Médecin malgré lui (Sganarelle) de Charles Gounod ; le 28 février 1859 la Fée Carabosse de Victor Massé ; le 23 mars 1860 Gil-Blas (Melchior Zapata) de Théophile Semet ; le 10 mai 1869 Don Quichotte (Sancho Pança) d’Ernest Boulanger.

 

Il y participa aux premières suivantes : le 04 janvier 1856 le Barbier de Séville (Figaro) de Gioacchino Rossini [version française de Castil-Blaze] ; le 23 mai 1856 Richard Cœur de Lion (Blondel) de Grétry ; le 08 mai 1858 les Noces de Figaro (Figaro) de Mozart [version française de Jules Barbier et Michel Carré] ; le 11 mai 1859 Abou-Hassan de Carl Maria von Weber [version française de Nuitter et Beaumont] ; le 15 octobre 1860 le Val d’Andorre (le capitaine Lejoyeux) de Fromental Halévy.

 

Il y chanta le Brasseur de Preston ; Ma tante Aurore.

 

 

 

 

 

 

Meillet dans le Bijou perdu, dessin d'Eustache Lorsay lithographié par Alexandre-Désiré Collette

 

 

Meillet du Théâtre-Lyrique

 

Du choix d'un état. — Une vocation. — Un bachelier ès lettres virtuose. — Le théâtre et la jurisprudence. — Un pari. — Admission au Conservatoire — Décision paternelle. — L'École de droit et le Conservatoire. — Une méprise. — Triomphe de la vocation. — Début au théâtre de l'Opéra. — Nîmes. — Le Théâtre-Lyrique. — L'Opéra-Comique. — Rentrée au Théâtre-Lyrique. — Appréciation.

 

Lorsqu'un jeune homme, appartenant à une bonne famille (traduisez : une famille riche ou aisée), a vu rayonner le soleil de son seizième printemps, son père s'adresse à ses parents et à ses amis, et leur pose cette question, qui m'a toujours semblé fort difficile à résoudre : — « Mon fils aura bientôt terminé ses études ; que dois-je en faire ? » — Il est clair, et cela a été de tout temps, que la partie la plus intéressée, c'est-à-dire le. jeune homme, n'a pas même voix consultative au chapitre. S'il parle en tremblant d'une vocation quelconque, pour les arts surtout (Une vocation ! qu'est-ce que cela ? dirait M. Prudhomme ; l'homme intelligent est apte à tout), on le traite de fou ou de mauvaise tête, et on lui montre en perspective un grabat dans une mansarde nue,

..... Puis enfin

Ces deux spectres hideux : la misère et la faim,

et, pour dernière et prochaine étape de son existence, le lit d'hôpital d'Hégésippe Moreau. Les gens qui ont acquis, par l'exercice d'une profession honorable du reste, de la fortune et la considération de leurs concitoyens, invoquant leur succès (argument probant à leur point de vue), et partant convaincus que l’or n'est pas une chimère et peut seul nous rendre heureux sur cc globe subsolaire, rêvent pour leurs enfants ce qu'ils nomment une profession utile. — Une profession utile est celle qui l'est généralement plus à celui qui l'exerce qu'aux autres. — Vous traiterez sans doute cette pensée de paradoxe, cher lecteur ; mais que voulez-vous ? je suis du petit nombre de ceux qui ne voient pas les choses d'ici-bas avec les lunettes de tout le monde. Conséquemment et sans prendre souci des désirs, des instincts, des aspirations que l'inexpérience, du jeune homme l'empêche d'expliquer, on lui dit : « Tu seras ceci. » On le lance dans telle ou telle carrière ; dirigé tant bien que mal, il doit parvenir. Parvenir ! mot sonore, éblouissant pour maint adolescent, mais le plus souvent gros d'amères déceptions. Préalablement un judicieux ami ayant posé pour axiome que le diplôme de bachelier ès lettres et celui de licencié en droit ouvrent les portes de toutes les carrières, On dit à son fils : « Tu seras d'abord bachelier ; puis tu feras ton droit. » Bachelier ! J'en connais qui ont sué sang et eau pour le devenir, et qui ne font usage de leur rhétorique que pour écouler adroitement une cravate avariée ou un coupon d'étoffe passée de mode. Comme vous le voyez, le titre de bachelier mène à tout, et ceci est si vrai, que c'est à ce titre que nous devons d'entendre aujourd'hui la voix sympathique et chaleureuse du baryton Meillet sur la scène du Théâtre-Lyrique. Vous allez me comprendre.

Meillet est né à Nevers le 7 avril 1828. Son père était avoué. Le désir le plus ardent de M. Meillet père était de voir son fils entrer dans le barreau. Le jeune homme devait donc acquérir préalablement les deux parchemins indispensables dont j'ai parlé plus haut. Ses études à peine terminées au collège Louis-le-Grand, il se prépara au baccalauréat. Mais un rêve tenace, incessant, jetait une telle confusion dans les idées du néophyte, que la table des logarithmes prenait souvent à ses yeux la forme d'une salle de spectacle hérissée de têtes humaines inondées de flots de lumière versés par un lustre incandescent, et que les signes algébriques se transformaient sous sa plume en croches, doubles croches et soupirs. — Meillet voulait être comédien. — Il avait seize ans à peine. Sa voix déjà pleine et sonore faisait, pendant les récréations, les délices de ses condisciples. Naturellement, sans art, sans méthode, il jetait au vent les fusées d'une vocalise inexpérimentée, niais remplie d'un charme vraiment inquiétant pour Thémis. Meillet den fut pas moins bachelier. Il prit bientôt ses inscriptions à l'école de droit, et fit son entrée dans le monde par la porte d'une étude d'avoué. Jusqu'ici tout s'était, en apparence, passé conformément aux désirs paternels. Mais M. Meillet père avait compté sans cette maudite vocation. Meillet, grâce à cet entrain, à cet esprit, à cette bonne humeur que vous lui connaissez, n'avait pas tardé à se faire de nombreux amis dans la basoche. Les travaux arides auxquels il se livrait rendaient plus attrayant encore le rêve qu'il caressait depuis quelque temps. Des titres d'opéras, des noms de personnages de pièces en vogue, dansaient dans son cerveau une sarabande échevelée, se heurtant à des titres prosaïques du Code Napoléon et aux Institutes de Justinien. Si bien qu'un jour, ou plutôt un soir qu'il se trouvait en société de quelques étudiants ses amis, Meillet, qui, au moyen de sa voix, apportait habituellement sa bonne part dans ces sortes de pique-niques d'insouciance et de folle gaieté, Meillet fut ce jour-là, dis-je, l'objet d'une véritable ovation. — « Tu as été créé pour faire un chanteur. disaient les uns, et nous pour grossoyer des requêtes. — Allons donc ! reprenaient les jeunes gens positifs, qu'il soit avoué ou avocat, cela vaudra bien mieux. A l'aide de sa voix, il se fera une riche clientèle dans les salons. Il aura d'autant plus de succès, qu'il ne se posera que comme amateur. — Soyons logiques ! s'écria un radical, et pas de préjugés surtout ! un chanteur de talent vaut bien un avocat sans cause ; à sa place, j'entrerais au Conservatoire. — Il ne serait pas reçu. — Je parie que si. — Je parie que non. » — Meillet, confiant dans ses propres forces, et quelque peu surexcité d'ailleurs par l'ivresse des éloges qu'il méritait du reste, paria pour lui-même, et l'on se sépara. Le lendemain, il se présenta au Conservatoire, se fit entendre et fut admis. — Voilà donc où l'avait conduit son diplôme de bachelier.

Tout finit par être connu dans ce monde. Or, ce ne fut pas sans quelque effroi que M. Meillet père apprit les velléités artistiques de son fils. Aussi se hâta-t-il de le rappeler auprès de lui. Meillet resta dans l'étude de son père pendant dix-huit mois, soumis à la volonté paternelle, niais néanmoins traversant sans cesse en imagination l'espace qui le séparait de la grande ville. Tant il y a qu'un jour il y revint tout joyeux, après avoir conclu avec l'auteur de ses jours un traité par lequel il s'engageait à suivre ses cours de droit, à la condition qu'il suivrait en même temps ceux du Conservatoire. Sa vocation venait de remporter un immense avantage. — Meillet poursuivait deux lièvres ; on devine aisément lequel des deux il voulait et devait atteindre. Il avait alors dix-huit ans. Dix-huit mois après son arrivée, il avait vaillamment conquis ses inscriptions à l'école et trois prix au Conservatoire. Ce fut alors qu'il se jeta hardiment, malgré la volonté de son père, dans la carrière qui convenait le mieux à ses penchants, et, à l'âge de dix-neuf ans, il sortait du Conservatoire avec trois prix de chant, d'opéra-comique et d'opéra. En présence de tels succès, M. Meillet père, en homme de bon sens, laissa son fils libre de se choisir un état. La vocation avait triomphé.

C'est ici le moment de rappeler une anecdote qui ne manque pas d'un certain intérêt :

Une jeune personne qui promettait beaucoup, et qui, contrairement à l'usage, a tenu beaucoup plus qu'elle ne promettait, mademoiselle Meyer enfin, était alors également élève du Conservatoire. Lors du concours, elle partagea avec Meillet le prix d'opéra-comique. La consonance de leurs noms, fut la cause d'une méprise qui, futile en apparence, devait influer sur leur existence tout entière. Voici le fait : Lors de la proclamation des lauréats, les amis de mademoiselle Meyer comptaient les nominations qui la concernaient ; ceux de Meillet en faisaient autant à son égard. De telle sorte que les amis des deux élèves, confondant les deux noms, supputèrent autant de nominations qu'il en avait été prononcé pour les deux. De là cette méprise. Quand elle fut reconnue, les deux élèves furent rappelés à grands cris ; Meillet offrit sa main à mademoiselle Meyer, la ramena et l'embrassa, coram populo, au bruit d'un tonnerre d'applaudissements ; à partir de ce jour, ces deux cœurs, si bien faits comme leurs voix pour être d'accord, s'entendirent, et plus tard (dans les premiers jours de décembre 1852) ils s'unissaient à jamais devant le maire de leur arrondissement.

Meillet, en laborieux artiste qu'il est, voulut travailler encore. Il n'avait que vingt ans ; il resta un an de plus au Conservatoire. Elève de Moreau-Sainti et de Galli, il perfectionna son jeu dans les exercices, et compléta dans le solfège cette méthode que vous lui connaissez.

Enfin, en 1850, il débuta à l'Opéra d'une manière éclatante dans le rôle de Frantz de l'Âme en peine. Chacun se rappelle qu'il fut bissé dans cette romance :

Depuis longtemps j'ai paré ma chaumière.

Mais tant de travaux demandaient quelque repos. Meillet était souffrant ; les médecins lui conseillaient d'aller passer quelque temps dans le Midi.

Il partit donc pour Nîmes, sur le théâtre duquel il chanta Figaro, le Roi de Giralda, enfin tout le répertoire de l'Opéra et de l'Opéra-Comique.

En 1851, il apprit l'ouverture du Théâtre-Lyrique, sous la direction de M. Edmond Seveste. Il accourut à Paris, se fit entendre dans le Barbier et le Maître de chapelle, et fut engagé immédiatement pour trois années. Il débuta bientôt avantageusement dans le Barbier ; puis chanta Frontin de Ma tante Aurore. Parmi ses créations, je citerai Éloi de la Butte des moulins, et Miller de la Poupée de Nuremberg. Ce fut pendant le cours de cette année, je l'ai dit, que Meillet donna son nom à mademoiselle Meyer, alors pensionnaire du théâtre de l'Opéra-Comique. La mort de M. Seveste ayant rompu son engagement au Théâtre-Lyrique, Meillet courut s'enrôler sous la bannière de M. Perrin, sur la demande de ce dernier. Il débuta à l'Opéra-Comique, avec succès, par le rôle de Scapin de l'Irato, créa Bleemann des Deux Jaquets, puis enfin chanta plusieurs rôles du répertoire. Des difficultés s'étant élevées entre lui et son directeur, il quitta l'Opéra-Comique, suivi de madame Meillet, et rentra avec elle au Théâtre-Lyrique. L'un de ses plus brillants succès fut celui qu'il obtint dans la création de Charlot Digonnard de Bonsoir, voisin ! succès qu'il partagea avec sa charmante femme. Enfin le rôle de Pacôme du Bijou perdu et celui de Conrad de la Fille invisible l'ont posé à Paris comme un excellent baryton, et ce qui ne gâte rien, comme un comédien plein de verve, de rondeur, d'entrain et d'esprit.

En résumé, que la basoche se console. Si elle a perdu un de ses adeptes, elle a gagné un délicieux chanteur, avec lequel elle peut, pendant le loisir de ses soirées, se délasser de ses travaux arides. — Meillet est un exemple de plus de ce que peut une ferme volonté en rapport avec une vocation bien accusée ; il prouve que toutes les professions sont honorables quand on joint aux talents qui distinguent l'artiste d'élite les qualités de l'âme qui personnifient l'honnête homme dans la vie privée : qualités qui se rencontrent aussi bien dans la classe des artistes que dans toute autre classe de la société, n'en déplaise à maint détracteur.

(Émile Dufour, les Théâtres de Paris, Galerie illustrée des célébrités contemporaines, 1854)

 

 

 

 

 

Qui ne se souvient de la bonne, franche et sympathique figure de l'excellent Meillet, l'ancien baryton du Théâtre-Lyrique, qui pendant tant d'années fit les délices du public de ce théâtre, soit au boulevard du Temple, soit à la place du Châtelet ?

Meillet (Auguste-Alphonse-Edmond), fils d'un avoué de province, était né à Nevers, le 7 avril 1828, et devait suivre la carrière paternelle. Il fut envoyé à Paris pour y faire ses études, fit son éducation littéraire au lycée Louis-le-Grand, obtint ensuite le diplôme de bachelier ès-lettres, puis prit ses inscriptions à l'École de droit et entra dans une étude d'avoué. Mais à une jolie voix il joignait le goût de la musique ; encouragé par ses amis, il commença à travailler le chant, se fit recevoir au Conservatoire dans les premiers mois de 1847, fit de rapides progrès, et bientôt remportait au concours les prix de chant, d'opéra et d'opéra-comique.

En présence de tels succès, et si rapides, la famille de Meillet ne fit aucune opposition à son entrée dans la carrière artistique. Il signa donc un engagement avec la direction de l'Opéra, et débuta à ce théâtre en 1850, dam un ouvrage de M. de Flotow , l'Ame en peine. Il resta peu de temps à l'Opéra, fit ensuite un court passage à l'Opéra-Comique, et en 1854 entra au Théâtre-Lyrique, où le succès l'attendait. Il s'y fit remarquer dès son apparition, et bientôt se vit chargé de créations nombreuses et importantes qui lui donnèrent de l'autorité sur le public et assurèrent sa réputation. De la liste des ouvrages successivement joués par lui, nous citerons les titres suivants : Bonsoir, voisin ; Maître Wolfram ; le Bijou perdu ; le Médecin malgré lui ; la Poupée de Nuremberg ; le Billet de Marguerite ; la Butte des Moulins ; la Fille invisible ; Jaguarita l'Indienne, puis Richard Cœur de Lion ; Ma Tante Aurore ; les Noces de Figaro ; le Val d'Andorre ; le Brasseur de Preston, etc.

Alors qu'il était à l'Opéra-Comique, Meillet avait épousé une jeune artiste de ce théâtre, Mlle Meyer, qui avait été sa camarade d'étude au Conservatoire. Il y a quelques années, il s'éloigna de Paris avec elle, et tous deux s'en allèrent tenir leurs emplois dans quelques grandes villes de province et de l'étranger. Ils étaient en 1863 à Bruxelles, où Mme Meillet tint avec une grande distinction l'emploi des Falcon. Lorsque le Théâtre-Lyrique monta Un Bal masqué, de Verdi, Mme Meillet fut engagée pour remplir le principal rôle de cet ouvrage, et Meillet fit lui-même sa rentrée dans le Brasseur de Preston, créa ensuite Sancho Pança dans le Don Quichotte de M. Boulanger, puis se montra de nouveau à l’Opéra-Comique, où il créa dans l'Ombre, de M. de Flotow, le personnage du docteur Mirouet, qui fut son dernier et l'un de ses meilleurs rôles.

Meillet n'était pas seulement un chanteur distingué ; c'était encore un excellent comédien, plein de rondeur, d'intelligence, de verve et de bonhomie. Il est mort subitement à Veules, petit port de mer de la Seine-Inférieure, le 31 août dernier, dans sa quarante-quatrième année, au moment même où l'Opéra-Comique annonçait sa rentrée dans le docteur Mirouet de l'Ombre, sa dernière création.

(le Ménestrel, 10 mars 1872)

 

 

Meillet, lithographie de Paul Hadol (le Gaulois, 1858)

 

 

 

 

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