Catulle MENDÈS

 

 

Abraham Catulle dit Catulle MENDÈS

 

écrivain français

(Bordeaux, Gironde, 21 mai 1841* – Saint-Germain-en-Laye, Yvelines, 08 février 1909*), enterré au cimetière du Montparnasse (22e division du petit cimetière).

 

Fils naturel reconnu de Tibulle Abraham MENDÈS (Bordeaux, 1815 Paris 16e, 30 novembre 1887*), commis négociant, et de Suzanne BRUN.

Epouse 1. à Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine, le 17 avril 1866* (séparation, 1878 ; divorce 28 décembre 1896) Judith GAUTIER, écrivain.

Epouse 2. à Chatou, Yvelines, le 08 juillet 1897* Jane CATULLE-MENDÈS, écrivain ; parents de Jean Primice Catulle MENDÈS (Paris 16e, 10 juillet 1896* mort pour la France, 23 avril 1917).

De sa liaison avec Augusta HOLMÈS, compositrice, naquirent trois filles : Hughette MENDÈS (1871 1964), Claudine MENDÈS (1876 1937) et Helyonne Geneviève MENDÈS (Paris 9e, 12 septembre 1879* 1955) [épouse à Croissy-sur-Seine, Yvelines, le 18 avril 1898 Adrien Gustave Henri Barbusse (Asnières-sur-Seine, Hauts-de-Seine, 17 mai 1873 Moscou, U.R.S.S., 30 août 1935), romancier].

 

 

Né d'un père israélite et d'une mère catholique. Il fonda, dès 1859, la Revue fantaisiste, feuille littéraire qui préluda au Parnasse, dont il a lui-même raconté les origines dans la Légende du Parnasse contemporain (1884). Ses premiers vers : Philomela (1864), Hespérus (1869), étrange épopée inspirée de Swedenborg, furent accueillis avec faveur. Il s'essaya alors au théâtre et donna, outre les livrets de plusieurs opéras et opéras-comiques : la Part du roi (1872) ; la Reine Fiammette, conte dramatique (Théâtre-Libre, 1889 ; Odéon, 06 décembre 1898) dont il a tiré un livret d'opéra-comique ; Médée, tragédie (1898) ; Scarron (1905) ; la Vierge d'Avila (1905) ; Glatigny (1906). Il prodiguait aussi des romans d'une perversité subtile : les Folies amoureuses (1877) ; la Vie et la mort d'un clown (1879) ; le Roi vierge (1881) ; Monstres parisiens (1882) ; la Demoiselle en or (1886) ; Zo'har (1886) ; la Première maîtresse (1887). Il a encore écrit les Soixante-treize Journées de la Commune (1871), et, avec R. Lesclide, la Divine Aventure, traduction des Confessions de Cagliostro (1881). Romantique de décadence, son œuvre tire surtout ses effets d'un érotisme faisandé. Promoteur du mouvement wagnérien en France, il a fait, tant en province qu'à Paris, de nombreuses conférences sur Wagner et a publié l’Œuvre wagnérienne en France. Il a collaboré au Gil Blas, puis à l'Echo de Paris, et à quelques autres journaux. En 1893, il était chargé au Journal, de la critique dramatique et musicale. Il est mort broyé par un train sous le tunnel de la gare de l’Ouest près de Saint-Germain-en-Laye.

En 1897, il habitait 6 quai de Seine à Chatou (Yvelines) ; en 1905, 6 rue du Boccador à Paris 8e ; en 1909, 160 boulevard Malesherbes à Paris 17e.

 

 

 

 

 

les Filles de Catulle Mendès [et d'Augusta Holmès : Hughette, Claudine et Helyonne]

tableau d'Auguste Renoir (1888)

 

         

 

livrets

 

le Capitaine Fracasse, opéra-comique en 3 actes, musique d'Emile Pessard (Théâtre-Lyrique de la salle Ventadour, 02 juillet 1878)

Gwendoline, opéra en 2 actes, musique d'Emmanuel Chabrier (Monnaie de Bruxelles, 10 avril 1886 ; Opéra, 27 décembre 1893)

la Femme de Tabarin, comédie-parade en 1 acte, musique d'Emmanuel Chabrier (Théâtre-Libre, 11 octobre 1887 ; Comédie-Française, 1894)

Isoline, conte de fées en 3 actes et 10 tableaux, musique d'André Messager (Renaissance, 26 décembre 1888 ; Opéra-Comique, 21 novembre 1958) => fiche technique

Rodrigue et Chimène, opéra inachevé en 3 actes, musique de Claude Debussy (1890-1892)

le Collier de saphirs, pantomime en 1 acte et 2 tableaux, musique de Gabriel Pierné (Théâtre du Casino de Spa, 10 août 1891)

le Docteur Blanc, mimodrame fantastique en 5 actes, musique de Gabriel Pierné (Menus-Plaisirs, 02 avril 1893)

Chand d'habits !, pantomime, musique de Jules Bouval (Théâtre Salon, mai 1896 ; Folies-Bergère, 18 novembre 1896)

Briséïs, drame en 3 actes, avec Ephraïm Mikhaël, musique d'Emmanuel Chabrier (Concerts Lamoureux, 31 janvier 1897 ; Opéra, 08 mai 1899)

Hansel et Gretel, conte musical allemand en 3 actes, version française, musique d'Engelbert Humperdinck (Anvers, 23 février 1897 ; Opéra-Comique, 30 mai 1900)

Médée, tragédie en 3 actes, musique de scène de Vincent d'Indy (Renaissance, 28 octobre 1898)

le Cygne, ballet-pantomime en 1 acte, musique de Charles Lecocq (Opéra-Comique, 20 avril 1899)

la Carmélite, comédie musicale en 4 actes, musique de Reynaldo Hahn (Opéra-Comique, 16 décembre 1902)

la Reine Fiammette, conte dramatique en 4 actes, d'après sa pièce de théâtre, musique de Xavier Leroux (Opéra-Comique, 23 décembre 1903)

le Fils de l'Etoile, drame musical en 5 actes, musique de Camille Erlanger (Opéra, 20 avril 1904)

Ariane, opéra en 5 actes, musique de Jules Massenet (Opéra, 31 octobre 1906) => fiche technique

Bacchus, opéra en 4 actes, musique de Jules Massenet (Opéra, 02 mai 1909) => fiche technique

la Fête chez Thérèse, ballet-pantomime en 2 actes, musique de Reynaldo Hahn (Opéra, 16 février 1910)

 

mélodies

 

Abandonnée (l'), musique de Georges Bizet (vers 1868)

Chanson mélancolique, musique d'André Messager (entre 1884 et 1888) => fiche technique

Chanson pour Jeanne, musique d'Emmanuel Chabrier (1886)

Chansons à danser (six), musique d'Alfred Bruneau (1895) [1. le Menuet ; 2. la Gavotte ; 3. la Bourrée ; 4. la Pavane ; 5. la Sarabande ; 6. le Passe-pied]

Clair de lune, musique de Camille Saint-Saëns (1866)

Dans la forêt de septembre, musique de Gabriel Fauré (op. 85 n°1, 1902)

Fleur qui va sur l'eau (la), musique de Gabriel Fauré (op. 85 n°2, 1902)

Gascon (le), musique de Georges Bizet (vers 1868)

Heure volée (l'), musique de Jules Massenet (1902)

Lettre (la), musique de Jules Massenet (1907)

Lieds de France (les), musique d'Alfred Bruneau (Théâtre d'Application, 12 décembre 1891) [01. Noces dans l'or ; 02. le Diable à Saint Jean le Neuf ; 03. les Pieds nus ; 04. les Amants fidèles ou le cierge dans le paradis ; 05. l'Heureux vagabond ; 06. les Enfants du Roi Galant ; 07. le Retour du beau soldat ; 08. Semailles ; 09. le Sabot de frêne ; 10. la Ronde des petites belles]

Mélodies (douze), musique d'Ignacy Jan Paderewski (op. 22, vers 1903) [01. Dans la forêt ; 02. Ton cœur est d'or pur ; 03. le Ciel est très bas ; 04. Naguère ; 05. Un jeune pâtre ; 06. Elle marche d'un pas distrait ; 07. la Nonne ; 08. Viduité ; 09. Lune froide ; 10. Querelleuse ; 11. l'Amour fatal ; 12. l'Ennemie]

Naguère au temps des églantines, musique de Reynaldo Hahn (1896)

Nez au vent, musique d'Emmanuel Chabrier (vers 1886)

Oiseau d'amour (l'), version française de la poésie de H.-C. Andersen, musique d'Edvard Grieg

Poèmes russes, mis en vers français par Catulle Mendès, musique de Camille Erlanger [01. Aubade (Fête) ; 02. les Larmes humaines (Tioutchev) ; 03. Printemps (Tioutchev) ; 04. les Seuls pleurs (Nekrassov) ; 05. l'Ange et l'âme (Lermontov) ; 06. Fedia (Tourgueniev)]

Présents (les), musique d'Emile Pessard (1880)

Rieuse (la), musique de Gabriel Pierné (1885)

Sirène (la), musique de Georges Bizet (1868)

Souvenir d'avoir chanté (le), rondel, musique de Reynaldo Hahn (1899)

 

 

 

 

le mime Séverin dans Chand d'habits ! aux Folies-Bergère en 1896 (affiche de Leonetto Cappiello), qu'il reprit à l'Olympia en 1920

 

 

 

 

L'accident mortel.

 

« Ce jour, cinq heures matin, trouvé écrasé à extrémité côté Paris du tunnel du Parterre, voie descendante, M. Catulle Mendès. Le corps a été transporté à son domicile. »

Telle est la dépêche, terrible dans sa concision, par laquelle la gare de Saint-Germain a annoncé à Paris la mort du poète.

Comment s'est produit l'accident ? Voilà, ce que nous avons pu savoir :

Depuis trois ans, Catulle Mendès avait loué, pour y passer l'été, un petit pavillon entouré d'un jardin, 3, rue de Sully, à Saint-Germain. Cette année, pour des motifs personnels, il décida de s'y retirer l'hiver. Mais il venait souvent à Paris pour ses travaux et aussi pour ses relations.

Dimanche matin il se rendit au pavillon Henri-IV, où il prit l'apéritif, en compagnie de quelques amis, parmi lesquels Mme Liane de Pougy qui collaborait avec lui à une œuvre nouvelle. Puis il rentra déjeuner chez lui et se mit à sa table de travail. Il avait en chantier plusieurs ouvrages, un poème sur la mort de Coquelin, demandé par un magazine parisien, une pièce, l’Impératrice, dont il attendait avec une impatience « de débutant », disait-il en riant, les répétitions qui devaient commencer prochainement au théâtre Réjane.

A cinq heures il s'habilla pour aller, comme presque tous les dimanches, dîner et passer la soirée chez le baron Félix Oppenheim, rue de Villejust. Il devait rentrer à une heure et avait recommandé à sa bonne, Mlle Ruellau, de tenir prêt un bouillon froid pour son arrivée.

A minuit, il se rendit à la gare Saint-Lazare, accompagné par M. Charles-Henri Hirsch. Le poète paraissait très gai et causa avec son confrère jusqu'au moment de monter dans le train de minuit treize qui devait le ramener à Saint-Germain.

 

C'est ici que se passe la partie mystérieuse du drame, celle sur laquelle il sera difficile, peut-être impossible, de jamais savoir la vérité.

On connaît la disposition topographique de la gare de Saint-Germain. Après avoir dépassé la station du Pecq, les trains traversent la Seine et arrivent à la montée. La ligne décrit d'abord une courbe assez accentuée vers la gauche, traverse un premier tunnel, ressort à ciel ouvert, mais très encaissée, et disparaît ensuite sous le second tunnel, long de quatre-vingt-trois mètres, qui conduit à la gare.

C'est sous ce second tunnel, à seize mètres de l'entrée et soixante-sept mètres du quai de débarquement, que le corps de Catulle Mendès a été trouvé.

Il était cinq heures du matin. M. Foucher, lampiste attaché à la gare, visitant la voie, aperçut une tache blanche sur le côté. Il s'approcha, et à la lueur de sa lanterne, reconnut que c'était le plastron de chemise d'un homme en habit de soirée.

Il revint précipitamment sur ses pas et informa le chef de gare de sa découverte. On fit prévenir le commissaire de police, M. Carette, et on se rendit à l’endroit indiqué.

Tout secours était inutile. Le corps qui gisait là était horriblement mutilé. La partie postérieure de la boîte crânienne était fracturée et la matière cérébrale avait jailli et s'était répandue sur les

cailloux ; le bras droit était écrasé, l'épaule désarticulée et le pied droit coupé.

Près du cadavre étaient un chapeau et une canne brisée.

Quant à l'identité, elle n'était pas difficile à constater. M. Carette, du premier coup d'œil, reconnut M. Catulle Mendès qu'il rencontrait souvent dans les rues de la ville. Pendant qu'on relevait le cadavre, il se rendit rue de Sully et informa la domestique qui, après avoir attendu vainement son maître jusqu'au dernier train, avait supposé qu'il couchait à Paris.

En même temps, M. Carette faisait prévenir la sœur de Catulle Mendès, qui habite boulevard Gounod, à Croissy. Puis il fit ramener le corps au domicile, où le docteur Grandhomme, médecin de la Compagnie procéda aux constatations officielles.

Dans les poches du défunt on a trouvé 750 francs en billets de banque, un carnet de chèques sur le Crédit lyonnais et la montre de Mlle Ruellau qu'il avait emportée, la sienne étant en réparation.

D'après les constatations, d'après l'opinion des personnes qui ont relevé le cadavre, il y a lieu de supposer que le poète a été victime d'une erreur fatale. Endormi probablement, il se sera réveillé à une heure, au moment où le train franchissait la partie de la voie qui est à ciel ouvert. Se croyant déjà dans la gare, il aura ouvert précipitamment la portière pour descendre et se sera broyé la tête sur le mur d'entrée du second tunnel. Rejeté sur le wagon par le contrecoup, il a franchi les seize mètres qui le séparaient de cette entrée et est retombé sur le côté de la voie.

Selon toute probabilité, il a été tué sur le coup. Quant à la mutilation du pied et du bras droit, elle a dû être faite par le train de minuit 42, qui suit celui de minuit 13.

Mme Catulle Mendès, prévenue par un télégramme du docteur Guinard, est arrivée par le train de 10 h. 47, accompagnée d'un ami du poète, le graveur Desmoulin. En proie à une vive douleur, elle s'est rendue à la maison mortuaire. En même temps se sont présentés de nombreux amis. Elle n'a reçu que les plus intimes, M. Eugène Fasquelle, M. Henri Barbusse, le secrétaire de Mendès, M. Payen, le docteur Guinard, etc.

Le docteur Guinard, un médecin de Saint-Germain, et M. Desmoulin ont procédé à la toilette mortuaire, opération assez difficile à cause des mutilations. Puis le corps, étendu sur un lit funéraire, a été veillé par Mme Catulle Mendès, M. Léon Dierx, M. et Mme Henri Barbusse, M. et Mme Bénassit, M. et Mme Gustave Kahn.

Au domicile de M. Catulle Mendès on a communiqué la note suivante :

 

M. Catulle Mendès revenait de Paris hier soir dimanche, par le train arrivant vers minuit à Saint-Germain. Le train ayant stoppé un instant à une centaine de mètres du quai d'arrivée, à la sortie du tunnel, M. Catulle Mendès, encore ensommeillé, croyant être en gare, descendit juste au moment où le train se mettait en marche. La secousse du départ lui ayant fait perdre l'équilibre, il alla rouler sous les roues, qui lui broyèrent l'arrière du crâne.

La mort dut être instantanée.

 

Mme la baronne Félix Oppenheim, dans le salon de laquelle Catulle Mendès avait passé sa dernière soirée, a fait part de ses impressions à un de nos confrères.

— Il était mélancolique, un peu somnolent même, a-t-elle dit. A plusieurs reprises, il s'est plaint de se sentir fatigué. « Et cependant, a-t-il ajouté, c’est effrayant ce que j’ai à faire ! » M. Catulle Mendès avait travaillé pendant toute la journée. Et c'est probablement là qu'il faut chercher la cause de sa mélancolie comme de sa fatigue.

» Il a parlé de ses projets et de ses occupations. Ainsi, il nous a annoncé qu'il signerait ce matin un contrat avec l’Illustration pour la publication de sa pièce l'Impératrice, dont les répétitions devaient commencer dans le courant de la semaine. Mercredi, il devait déjeuner avec M. Léon Barthou, le directeur du cabinet du ministre des travaux publics, et M. Nozière, du Temps. Le 18, il se proposait d'aller faire une conférence à Lyon.

» M. Catulle Mendès n'est sorti de l'espèce de torpeur où il se trouvait que lorsqu'il a raconté un voyage de jeunesse qu'il avait fait en compagnie de Villiers de L'Isle-Adam. Il est parti vers onze heures et demie avec M. Ch.-Henri Hirsch qui l'a accompagné jusqu’à la gare Saint-Lazare, où il a pris le train de minuit treize.

» Ce matin, à huit heures, nous recevions un coup de téléphone de la domestique de M. Catulle Mendès, qui nous annonçait la terrible nouvelle. Nous avons aussitôt prévenu tous ses amis, soit par téléphone soit par télégramme, et mon mari est parti pour Saint-Germain, en compagnie de plusieurs d'entre eux. »

 

Voici maintenant ce que nous dit, tout ému encore, un des amis qui sont allés dire un suprême adieu au poète :

— Rue de Sully, la petite maison du poète, si simple, si discrète et si paisible est ouverte ; personne derrière la grille béante, personne sur le seuil de cette maison qui fut si hospitalière à tant d'amis ; avec un peu d'hésitation et en prenant garde de ne pas faire de bruit, nous tournons le bouton de la porte, et dans le vestibule nous trouvons le graveur Desmoulin, un grand ami du poète, qui lui fit ce matin sa suprême toilette. Peu de monde autour de lui, seuls les intimes ont été admis à pénétrer ; il nous conduit dans la petite chambre où paisiblement Catulle Mendès dort son dernier sommeil.

» L'affreuse mort qui le prit a épargné son visage et c'est bien le beau masque du poète que nous retrouvons ; les traits, sans la moindre altération, sont même ennoblis par la pâleur et cet amincissement du nez qui accuse encore son beau profil. L'horrible blessure ne se voit pas et, comme il en avait exprimé souvent le désir, Catulle Mendès est « mort en beauté ».

» Sur la pointe des pieds nous quittons la chambre où des femmes pleurent silencieusement et, nous traversons une salle, la pièce attenante, où se tiennent des amis désolés, lorsqu'un bruit de sanglots déchirants frappe nos oreilles : c'est le petit Primice, le fils du poète, qui pleure et crie désespérément, blotti contre sa mère qui le tient étroitement embrassé, dans un grand geste de protection et, muette et douloureuse, traverse la chambre sans regarder les personnes, sans entendre aucune parole... »

Parmi les amis accourus à la première heure à Saint-Germain, dont les noms sont inscrit sur le registre déposé, citons :

 

MM. Maurice Rostand, Abel Hermant, Gheusi, Jean Richepin, Hébrard, Emile Bergerat, de Nalèche, Jules Claretie, Armand d'Artois, Eugène Fasquelle, Henri de Régnier, Léon Dierx, Lucien Millevoye, Léon Bailby, Pierre Mortier, Jacques Madeline, Emile Massard, David Devriès, Théo Bergerat, docteur Isaurat, Mme Héglon, M. et Mme Mario de La Tour, M. et Mme Gustave Kahn, MM. Charles Bert, Xavier Leroux, Henri Letellier, Alexis Lauze, H. Vincent, Cocteau, de Pawslowski, Desgranges, M. et Mme Henry Février, MM. Paul Ollendorff, Léon Durocher, A. Lévy, de Max, Emile Lepage, Eugène Letellier, Eugène Lemaire, Jacques, Nicodémi, Mme de Peyrebrune, Jean du Taillis, M. et Mme Edmond Rostand, comte Albert du Bois, Saint-Georges de Bouhélier, Maurice de Faramond, M. et Mme Marcel Ballot, M. et Mme Albert Mockel, Edouard Rod, Reynaldo Hahn, Adolphe Brisson, Dupont-Viardot, Paul Hervieu, docteur Furet, Mme Richard-Lesclide, Xavier de Carvalho, Edouard Garnier, capitaine Mette, docteur et Mme Mette, Edmond Toucas-Massillon, Xavier de Ricard, Georges Courteline, Grenet-Dancourt, les frères Isola, Pierre Wolff.

 

Le corps de Catulle Mendès sera transporté aujourd'hui de Saint-Germain à son domicile 160, boulevard Malesherbes. Il y arrivera vers une heure de l'après-midi.

Les obsèques auront lieu demain mercredi, à dix heures du matin. On se réunira à la maison mortuaire, 160, boulevard Malesherbes. De là le cortège funèbre se dirigera vers le cimetière Montparnasse. Il ne sera pas envoyé de lettres de faire part. On est prié de considérer le présent avis comme en tenant lieu.

 

(Georges Grison, le Figaro, 09 février 1909)

 

 

 

 

 

 

Catulle Mendès vers 1907

 

 

 

Catulle Mendès par Ernest La Jeunesse

 

 

 

 

(Figures contemporaines tirées de l'album Mariani, 1896)

 

 

 

 

 

Encylopédie