Jules MONJAUZE

 

 

 

Jules Sébastien dit Jules MONJAUZE

 

ténor français

(Paris, 24 octobre 1825 Meulan, Yvelines, 08 septembre 1877*)

 

Fils de Martial MONJAUZE et de Jeanne Gabrielle BAUJARD FOULON, mariés à Paris 2e le 23 juillet 1823.

Epouse à Saint-Pétersbourg, Russie, Antoinette CUZENT, écuyère, veuve de Jean LEJARS, écuyer [sœur de Joseph Paul CUZENT (1814 Saint-Pétersbourg, 05 juillet 1856), écuyer et compositeur].

 

 

Après avoir reçu une certaine éducation, il sentit s'éveiller en lui la vocation dramatique, étudia d'abord le chant au Conservatoire, dans la classe de Ponchard, puis débuta à l'Odéon le 15 novembre 1845, par le rôle d'Astolfo, dans Un Bourgeois de Rome, comédie d'Octave Feuillet. Le nouveau venu, qui avait un physique agréable, de la distinction et une diction correcte, obtint un assez grand succès. Il ne tarda pas à conquérir les sympathies, se fit remarquer encore dans Echec et mat, d'Octave Feuillet et Paul Bocage, et dans l'Ingénue à la cour, de M. Empis. A l'expiration de son engagement, il partit pour Saint-Pétersbourg, ou il épousa Mme veuve Lejars, écuyère célèbre, d'une grande beauté. De retour à Paris, Monjauze [parfois orthographié Montjauze] débuta au Théâtre-Lyrique le 14 mai 1855, en créant le rôle du capitaine Maurice dans Jaguarita l'Indienne, opéra de Fromental Halévy. Il partagea le triomphe décerné à Mme Cabel et devint, dès lors, le favori du public. Il avait, en effet, tout ce qu'il faut pour réussir dans l'emploi de ténor d'opéra-comique : une voix blanche tenant de la haute-contre, un estimable talent de comédien, l'habitude de la scène, un grain d'émotion et l'art de dire, préférable parfois aux qualités plus élevées. Mais comptant un peu trop sur ses mérites, il oublia que le travail seul féconde les dons naturels ; c'est ce qui fait qu'il n'a brillé qu'au second rang. Voici la liste des principaux ouvrages où Monjauze a créé des rôles : à l'Odéon, Un Bourgeois de Rome ; le Fils de la folle, drame de Frédéric Soulié (à la reprise de 1845) ; Echec et mat ; l'Ingénue à la cour ; au Théâtre-Lyrique : Jaguarita l'Indienne ; la Fanchonnette, opéra de Clapisson (création digne de tous les éloges ; Monjauze chantait avec un grand charme la romance du premier acte : Elle était là tremblante, émue) ; la Reine Topaze, opéra de Victor Massé ; Faust, de Gounod (à une des reprises de cet ouvrage) ; la Statue, opéra d'Ernest Reyer ; la Chatte merveilleuse, opéra de Grisar ; Violetta, de Verdi ; le Val d'Andorre, opéra d'Halévy (reprise) ; Macbeth, de Verdi.

 

 

 

 

Sa carrière au Théâtre-Lyrique

 

Il y débuta en créant le 14 mai 1855 Jaguarita l'Indienne (Maurice) de Fromental Halévy.

 

Il y créa également le 01 mars 1856 la Fanchonnette (le prince Gaston de Listenay) de Louis Clapisson ; le 27 décembre 1856 la Reine Topaze (Rafael) de Victor Massé ; le 05 novembre 1857 Margot de Louis Clapisson ; le 11 avril 1861 la Statue d'Ernest Reyer ; le 18 mars 1862 la Chatte merveilleuse d'Albert Grisar ; le 30 octobre 1862 Hymne à la musique de Charles Gounod ; le 04 novembre 1863 les Troyens à Carthage (Enée) d'Hector Berlioz ; le 26 janvier 1865 l'Aventurier du prince Poniatowski ; le 30 décembre 1865 la Fiancée d'Abydos de Barthe ; le 08 février 1867 Sardanapale de Victorin Joncières

 

Il participa aux premières suivantes : le 15 octobre 1860 le Val d'Andorre (Stéphan) de Fromental Halévy ; le 24 décembre 1863 Rigoletto de Verdi [version française] ; le 27 octobre 1864 Violetta [la Traviata] de Verdi [version française] ; le 21 avril 1865 Macbeth de Verdi [version française] ; le 06 avril 1869 Rienzi ou le Dernier tribun (Rienzi) de Wagner [version française de Nuitter et Guilliaume] ; le 30 décembre 1869 la Bohémienne de Balfe [version française].

 

Il y chanta Faust (Faust) ; Obéron ou le Cor magique de Carl Maria von Weber [version française].

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y créa le 07 juillet 1870 l'Ombre (Fabrice) de Friedrich von Flotow.

 

 

 

 

 

Jules Monjauze dans Rienzi (Rienzi) au Théâtre-Lyrique (première le 06 avril 1869)

 

 

 

 

 

[à propos de la création de l'Ombre de Flotow]

M. Monjauze m’a paru outre-passer un peu les conditions de l’Opéra-Comique, il force la note et le geste ; c’est trop de fougue pour l’endroit. Plus de calme, capitaine, nous ne sommes plus à Rienzi. Ces redondances et ces éclats sont le mauvais côté de la voix de M. Monjauze. Il devrait chanter tout le rôle comme il chante la romance du troisième acte, en développant sans fatigue les cordes tendres et sympathiques.

(F. de Lagenevais, Revue des Deux Mondes, 01 août 1870)

 

Les journaux de Bordeaux nous apprennent un nouvel avatar du ténor Monjauze qui vient d'aborder le grand répertoire avec le Trouvère et Guillaume Tell. Les succès obtenus par l'excellent artiste l'ont décidé à renoncer définitivement à l'opéra-comique pour se consacrer exclusivement au grand opéra.

(le Ménestrel, 08 avril 1877)

 

Nous avons le regret d'enregistrer la mort du ténor Monjauze, dont la vie a été mêlée à toute une période de l'histoire de nos théâtres parisiens. Après avoir fait des études sérieuses à notre Conservatoire sous la direction de M. Ponchard, Monjauze débuta dans l'emploi des amoureux à l'Odéon où il fit plusieurs créations. A la Révolution de Février, il partit pour la Russie. Son talent de comédien s'y développa rapidement. Revenu à Paris en 1856, Monjauze reprend le genre qu'il avait d'abord cultivé, et débute au théâtre dans Jaguarita, dont il crée le rôle de ténor, non sans éclat. Ce succès lui vaut le renouvellement de son engagement, et la création du prince de Listenay dans la Fanchonnette, où il eut le talent de se faire remarquer à côté de Mme Carvalho. Dès ce moment, il est solidement établi au Théâtre-Lyrique, et nous le retrouvons successivement dans Margot, la Reine Topaze et la Statue. Plus tard, après une tournée en province et à l'étranger, il revient s'y faire entendre dans Sardanapale, les Troyens et Rienzi. Après une nouvelle tournée provinciale, il vient créer à l'Opéra-Comique le rôle de Fabrice dans l'Ombre, et reprendre celui de Stephan dans le Val d'Andorre. C'est le dernier ouvrage où nous ayons pu l'applaudir.

(le Ménestrel, 17 septembre 1877)

 

 

 

 

 

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