MONTROUGE

 

 

 

Louis Emile HESNARD dit MONTROUGE

 

acteur comique et directeur de théâtre français

(Paris 2e, 15 mars 1826 – Argenteuil, Seine-et-Oise [auj. Val-d'Oise], 22 décembre 1903*)

 

Epouse à Paris 17e le 18 avril 1865* Marguerite MACÉ-MONTROUGE, actrice.

 

 

Élève de l'école des Beaux-arts (architecture). S'essaie au théâtre dans une représentation privée : l'Ouvrier de Paris ; un an après entre à Montparnasse, puis reprend son métier d'architecte, et revient enfin au théâtre : joue à Batignolles et à Montmartre : le Roman chez la portière, le Caporal et la Payse, etc. Passe ensuite aux Délassements-Comiques où il invente les "compères" parisiens de revues. Tournée en Italie, puis Folies-Dramatiques, Variétés, Porte-Saint-Martin, Bruxelles. Prend la direction des Folies-Marigny (1861) qu'il quitte au bout de cinq ans après avec un bénéfice de 300 000 francs, après y avoir créé, entre autres, Ondines au champagne de Lecocq le 03 septembre 1866. Passe aux Bouffes-Parisiens, y créé Boule-de-Neige (le Grand Khan) d'Offenbach le 13 décembre 1871 et le Testament de Monsieur de Crac de Lecocq (Capoulade) le 23 octobre 1871, puis au Palais-Royal, et devient co-directeur du Châtelet (1873). Saisons au Caire (1873-1875). Directeur de l'Athénée (1875-1885) ; y crée Bric-à-brac, le Cabinet Piperlin, Lequel ?, etc. Passe aux Folies-Dramatiques, y crée François les Bas-bleus (Pontcornet) de Bernicat et Messager le 08 novembre 1883 ; Surcouf de Planquette le 06 octobre 1887 ; etc., puis crée diverses pièces à la Gaîté, à la Renaissance, aux Bouffes-Parisiens, etc., et en dernier lieu aux Menus-Plaisirs : Tararaboum-revue (30 décembre 1892). Il a également créé les opérettes suivantes : aux Fantaisies-Parisiennes : le Droit du seigneur de Léon Vasseur le 13 décembre 1878 ; aux Bouffes-Parisiens : Mam'zelle Crénom de Léon Vasseur le 19 janvier 1888, le Valet de cœur de Raoul Pugno le 19 avril 1888, Oscarine (Pavillon) de Victor Roger le 15 octobre 1888, le Mari de la reine (Patouillard) d'André Messager le 18 décembre 1889, Miss Helyett (Smithson) d'Edmond Audran le 12 novembre 1890.

En 1895, il était officier d'Académie et habitait 8 rue Nationale à Argenteuil, où il est décédé.

 

 

 

 

Son père était commerçant et le fit entrer à l'Ecole des beaux-arts, où il étudia l'architecture. Un de ses amis ayant eu la fantaisie de monter chez lui une représentation dramatique, Hesnard consentit à jouer le rôle d'une duègne, dans une pièce intitulée : l'Ouvrier de Paris, et son succès dans ce rôle fut tel, que cela fit naître en lui la pensée de se faire comédien. Il entra d'abord au théâtre Montparnasse, qui était alors dirigé par La Rochelle. Quelque temps après, il quitta le théâtre et revint à ses travaux d'architecte ; mais il en fut bientôt las et il s'engagea dans la troupe de Chotel, directeur des scènes de Montmartre et des Batignolles. Pendant les deux années qu'il passa dans cette troupe, il sut conquérir la faveur du public et se fit surtout applaudir dans les deux pièces intitulées : le Roman chez la portière ; le Caporal et la payse. Montrouge passa ensuite aux Délassements-Comiques, où, par son jeu naturel, gai, comique sans jamais tomber dans la charge, il assura le succès de plusieurs pièces-revues, comme Suivez le monde ; Allez vous asseoir ; l'Almanach comique ; Lâchez tout. Il entra ensuite aux Folies-Dramatiques, puis aux Variétés et à la Porte-Saint-Martin. Après une excursion à Bruxelles, il devint en 1864 directeur du petit théâtre des Folies-Marigny et fit jouer sur cette scène des bluettes qui attirèrent la foule, telles que Zut au berger ; Bu... qui s'avance ; la Bonne aventure, ô gué ; etc. En 1869, Montrouge vendit son théâtre à Montaubry et entra aux Bouffes-Parisiens. En 1873, il partagea avec Castellano la direction du Châtelet et, après la reprise de la Faridondaine et de la Tour de Londres, il y créa la Camorra d'Eugène Nus. Après une excursion en Egypte, il prit enfin la direction de l'Athénée et, entre autres créations, y joua le rôle du compère dans De bric et de broc.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1er supplément, 1878)

 

 

 

 

 

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