Joseph MORINI

 

 

 

 

François Joseph SCHUMPFF dit Joseph MORINI

 

ténor français

(27 Ponts couverts, Strasbourg, Bas-Rhin, 01 avril 1829* – 277 rue Sainte-Catherine, Bordeaux, 2e section, Gironde, 01 février 1897*) enterré dans le tombeau des artistes lyriques du cimetière de la Chartreuse à Bordeaux.

 

Fils de Joseph SCHUMPFF (1786 –) ancien militaire, et de Marie Louise SCHAEFFER.

Epouse 1. à Paris 2e le 15 avril 1854 Marie Clara COMPAING (Paris 4e, 29 janvier 1819 – Paris 11e, 22 novembre 1883*), pianiste ; parents de Louis Victor SCHUMPFF (Paris 2e, 03 mai 1856 –).

Epouse 2. Marie Mathilde TERRIBLE.

 

 

Il débuta en octobre 1859 au Théâtre Impérial Italien à Paris dans Il Giuramento (Viscardo) de Mercadante.

Il chanta la première de Faust (Faust) de Gounod en Italie, à la Scala de Milan le 11 novembre 1862, dans la version italienne d’Achille de Lauzières, sous le pseudonyme de Giuseppe Morini.

Il débuta au Théâtre-Lyrique Impérial, place du Châtelet, à Paris, en mai 1863 dans Faust (Faust) aux côtés de Mme Miolan-Carvalho (Marguerite). En septembre de la même année, il y créa les Pêcheurs de perles (Nadir) de Bizet, aux côtés de Léontine de Maësen et d’Ismaël, puis l'année suivante Mireille (Vincent).

Il fut ensuite professeur de chant.

En 1883, il habitait 19 rue Oberkampf à Paris 11e ; en 1893, 12 rue Rochebrune à Paris 11e.

 

 

 

 

Sa carrière au Théâtre-Lyrique

 

Il y débuta en mai 1863 dans Faust (Faust).

 

Il y créa le 30 septembre 1863 les Pêcheurs de perles (Nadir) de Georges Bizet ; le 19 mars 1864 Mireille (Vincent) de Charles Gounod.

 

 

 

 

 

Reprise d’Il Giuramento aux Italiens.

Seul, le personnage de Viscardo, rempli en 1858 par Ludovico Graziani, a rencontré une nouvelle incarnation ; le rôle a été cette fois confié au débutant Morini. Quel est ce Morini ? La chronique théâtrale a déjà pris soin de nous l’apprendre : sous ce nom sonore et ausonien se cache un chanteur que les habitués de concerts ont entendu maintes fois, un artiste alsacien qui répondait au nom peu euphonique de Schumpf. M. Schumpf, – nous oublions peut-être une consonne, – disons plutôt M. Morini, n’a nullement à se plaindre de l’accueil que lui a fait jeudi soir le public du Théâtre-Italien ; il chante avec goût et s’est assez bien tiré de sa tâche ; mais la voix manque de force ; c’était aussi, du reste, le défaut de son prédécesseur.

(le Ménestrel, 16 octobre 1859)

 

Théâtre-Lyrique. Rentrée de Mme Carvalho, débuts du ténor Morini.

Nous ne vous parlerons pas de la partition de Faust, la voix publique en parle suffisamment ; nous glisserons même rapidement sur la rentrée de Mme Carvalho, si c'en est une que de revenir après trois semaines d'absence. Que Mme Carvalho rentre ou revienne, qu'importe ? pourvu que le public puisse l'entendre et l'applaudir toujours. L'autre soir, la délicieuse cantatrice revenait chargée des succès et des lauriers marseillais ; cependant elle paraissait toute heureuse de retrouver ce public parisien, dont elle est la fille, et qui ne pourrait pas plus l'oublier qu'elle ne saurait le méconnaitre.

Arrivons de suite à l'événement de la soirée, qui était le début du ténor Morini. Nous l'avons connu jadis chanteur de salon sous le nom de Schumpff (grâce pour l'orthographe, et avouez qu'il a bien fait de changer de nom) ; puis nous l'avons vu s'italianiser et débuter modestement salle Ventadour. Ensuite il nous a quittés, a traversé les monts et a brillé sur plusieurs scènes italiennes, entre autres à Milan, où, dans le Faust même, il a obtenu de grands succès. Le voilà donc revenu parmi nous, tout à fait Italien cette fois, et véritablement métamorphosé sous tous les rapports. Sa voix, autrefois mal assurée, est devenue plus timbrée, plus posée, sa méthode, plus franche et plus réelle. Son jeu même a gagné de l'aplomb au contact du succès, et le rôle de Faust semble lui aller particulièrement bien. D'un physique agréable, d'une nature qui paraît expansive, avec une voix douce et sympathique, M. Morini possède toutes les qualités requises pour jouer le rôle de ce charmant séducteur, qui doit se faire beaucoup pardonner parce qu'il a beaucoup aimé. Il a déployé, plus que tous ses prédécesseurs, un fonds de tendresse qui nous semble expliquer son succès, basé, du reste, sur d'autres sérieuses qualités.

La phrase du second acte, où il salue Marguerite pendant la valse, a été dite par lui dans un sentiment exquis. Tout l'acte du jardin lui a valu de même les plus chaleureux applaudissements, tellement il y a su mettre de tendresse et de poésie. Les autres parties du rôle, celles qui demandent de l'ampleur, de la force, de l'élan, ont peut être laissé plus à désirer. Pourtant, le premier acte est bien compris par lui, et le trio de la prison lui a été favorable. Tel qu'il est, M. Morini est un Faust réel, bien dans la couleur de l’œuvre ; s'il présente quelques défaillances, elles sont amplement relevées par de charmantes qualités, et nous ne serions pas étonné que le public ne vit que ces dernières. Seulement, si le public veut savoir à quoi s’en tenir, et juger en dernier ressort, qu'il se dépêche, car au moment où j'écrie, Faust, interrompu cette fois par la fermeture du théâtre, n'aura plus que trois ou quatre représentations.

(le Ménestrel, 24 mai 1863)

 

Création de Mireille.

Au ténor Morini, de qui l’on a dû sabrer le rôle, il faut encore savoir gré de ses efforts pour corriger une fâcheuse prononciation alsacienne, et de la chaleur qu’à défaut de désinvolture il laisse voir en quelques passages. Mais il n’est pas le personnage de Vincent, et l’effet de la pièce s’en trouve mal.

(Prosper Pascal, le Ménestrel, 27 mars 1864)

 

Morini. Ancien ténor du Théâtre-Lyrique et des Italiens, né Schumpff, et qui, joli garçon, avait plus de physionomie que de talent.

(Georges d’Heylli, Dictionnaire des pseudonymes, 1887)

 

 

 

 

 

 

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