Marianne NICOT-VAUCHELET

 

Marianne Nicot-Vauchelet vers 1911

 

 

Marianne Juliette NICOT dite Marianne NICOT-VAUCHELET

 

soprano français

(Paris 18e, 21 rue des Abbesses, 07 septembre 1882* – 1935)

 

Fille du ténor Charles Auguste NICOT et de la cantatrice Juliette BILBAUT-VAUCHELET.

Epouse à Paris 9e le 03 juillet 1911* Henri Eugène GOUGEROT (Saint-Ouen, Seine-Saint-Denis, 02 juillet 1881 – Paris 7e, 15 janvier 1955), docteur en médecine.

 

En 1911, elle habitait 22 rue de Douai à Paris 9e avec sa mère ; en 1922, 9 avenue Constant-Coquelin à Paris 7e.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle y débuta le 05 octobre 1909 dans la Flûte enchantée (la Reine de la Nuit).

 

Elle y chanta le Barbier de Séville (Rosine) ; les Contes d’Hoffmann (Olympia) ; Galathée (Galathée) ; Lakmé (Lakmé) ; Manon (Manon) ; Mignon (Philine) ; Mireille (Mireille) ; Orphée (l'Amour) ; le Pardon de Ploërmel (Dinorah) ; Phryné (Phryné) ; le Roi d’Ys (Rosenn) ; la Bohème (Mimi).

 

Elle a participé à la première le 24 janvier 1911 de l'Ancêtre (Margarita) de Camille Saint-Saëns.

 

Elle y créa le 07 mars 1910 Léone (Milia) de Samuel Rousseau ; le 16 avril 1913 Il était une Bergère (la Princesse) de Lattès.

 

 

 

 

 

Marianne Nicot-Vauchelet dans les Contes d'Hoffmann

 

 

 

La Belle Tradition vocale française : Ch. Nicot, J. Bilbaut-Vauchelet, Marianne Nicot-Vauchelet.

 

Parmi les grands chanteurs français qui contribuèrent le mieux à faire valoir et à répandre notre belle école vocale, il faut placer Ch. Nicot et Juliette Bilbaut-Vauchelet ainsi que leur fille, heureuse héritière de leurs dons et de leur parfaite méthode (1).

 

(1) C'est une grande joie pour moi d'exposer dans cette revue centenaire, toujours plus active, l'art de mes maitres à qui j'ai voué une affectueuse reconnaissance « filiale ès art du chant », puis-je dire avec l'assentiment de Marianne Nicot-Vauchelet.

 

Vingt ans après, le 5 octobre 1908, sous les noms unis et lourds des succès conquis par ses parents, Marianne Nicot-Vauchelet faisait revivre l'Arlette de Jean de Nivelle, repris pour elle au Théâtre Lyrique de la Gaîté. Intelligente, artiste au suprême degré, Marianne, qui eut l'ineffable bonheur de profiter de la science de sa mère, Marianne, en possession complète de son talent, accomplissait le miracle d'ajouter d'emblée une des plus belles gerbes de lauriers à celles cueillies jadis par ses parents.

 

« Par le timbre de la voix et une science du chant qui n'est plus de notre temps, elle rappelle singulièrement sa mère », dit Gaston Carraud. « Le succès de Mlle Nicot tourna à l'enthousiasme car le public emballé par la grâce de cette délicieuse jeune fille, par sa jolie voix, ses dons naturels si précieux, par son talent si sûr et déjà très complet, a voulu associer la mère et la fille en une ovation interminable », lisons-nous dans la Patrie.

 

Bientôt Carré l'appelle à l'Opéra-Comique où pendant quelques années cette parfaite artiste incarne Manon, la Reine de la Nuit de la Flûte enchantée, Rozenn du Roi d'Ys, Lakmé, Phryné, Philine de Mignon, Galathée, les Contes d'Hoffmann, et combien d'autres dans lesquelles la diversité, la profondeur de son intelligente émotion vraie font à chacune de ces héroïnes une beauté personnelle typique. Mais décrire la carrière de cette étoile née d'une étoile sera l'objet d'une autre étude.

 

La vie de Marianne Nicot semble calquée sur la destinée de sa mère. Pendant longtemps, la jeune fille doit lutter contre la volonté maternelle qui lui interdit d'entrer au théâtre. Quelques années après son mariage (2), la jeune femme, elle aussi, après avoir en vain cherché à concilier ses obligations sociales et ses devoirs maternels avec ses triomphes d'artiste militante, abandonne le théâtre, sacrifice méritoire dont sa mère lui avait donné l'exemple trente ans auparavant.

 

(2) Le 4 juillet 1911, date choisie par piété filiale exactement trente ans après le mariage de sa mère, Marianne devenait l'épouse d'un jeune professeur agrégé à la Faculté de médecine, M. Gougerot.

 

« On le voit, pas plus la fille que la mère n'était possédée du démon du théâtre », écrit A. Jullien qui semble n'avoir pas connu ces caractères d'élite française et qui n'a pas senti la grandeur de leur renonciation aux joies sublimes de l'art d'être interprète. Plus tard, Mme Nicot avouait que le second déchirement éprouvé par elle au moment du renoncement de sa fille avait été plus grand que le sien propre.

 

(Jane Arger, le Ménestrel, juillet-août 1934)

 

 

 

 

 

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