Édouard NOËL

 

Edouard Noël en 1908

 

 

Édouard Marie Émile dit Édouard NOËL

 

avocat, littérateur et auteur dramatique français

(Arras, Pas-de-Calais, 24 octobre 1848* – asile Sainte-Anne, 1 rue Cabanis, Paris 14e, 02 février 1926*)

 

Fils de François Charles Louis NOËL (Cognac, Charente, 1804 ), contrôleur des contributions indirectes, et de Zélie Sabine SENS (1825 ).

Epouse 1. Sabine Marguerite Geneviève BEUGNET. Epouse 2. Esther Georgette Marie CHEVALIER ( ap. 1926).

 

 

Son droit terminé, il se fit inscrire comme avocat au barreau de Paris, puis s'abandonnant à son goût pour la littérature, il collabora à l'Ordre, à la Nation, au Peuple Français, à la Cocarde, au Télégraphe où il fit successivement la critique dramatique et musicale. Rédacteur au Gaulois, il fut également secrétaire général de l'Opéra-Comique (1880-1887 et 1889-1891), et, à partir de 1898, lecteur-examinateur à la Comédie-Française. On lui doit des romans, des comédies en vers et en prose, des à-propos, des livrets, monologues, saynètes, etc. Nous citerons, parmi ses pièces : Marianne (1883) ; Coup double (1886) ; David Teniers (1886) ; Déidamie, musique de Maréchal (1892) ; les Cent-Jours (1894) ; le Capitaine Loys (1898) ; Brumaire (1899) ; le Comte Roger (1900) ; etc.

On doit encore à Edouard Noël les Annales du Théâtre et de la Musique, en collaboration avec Edmond Stoullig (1845-1918), et auxquelles il cessa de collaborer en 1895 (21 volumes, 1875-1895), avec préfaces de Sardou, Perrin, Meilhac, J. Claretie, Zola, L. Halévy, Gounod, etc. Ces volumes ont été couronnés par l'Académie française.

Le 12 septembre 1894, il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur pour son action en tant que capitaine durant la campagne 1870-1871.

En 1894, il habitait 6 rue de la Grange-Batelière à Paris 9e ; lors de son décès, il était domicilié 14 rue Sainte-Cécile à Paris 9e.

 

=> les Annales du Théâtre et de la Musique, d'Edouard Noël et Edmond Stoullig (1875-1895)

 

 

 

 

livrets

 

le Singe d'une nuit d'été, opérette en 1 acte, musique de Gaston Serpette (Bouffes-Parisiens, 01 septembre 1886) => livret et partition

l'Interdit, cantate pour le concours du grand prix de Rome, musique de Charles Silver (1891)

Déidamie, opéra en 2 actes, musique d'Henri Maréchal (Opéra, 15 septembre 1893)

Clarisse Harlowe, cantate pour le concours du grand prix de Rome, musique de Max d'Ollone (1895)

Thi-Teu, opéra en 3 actes, avec Lucien d'Hève, musique de Frédéric Le Rey (Rouen, 23 décembre 1899)

Brumaire, drame, ouverture de Jules Massenet (1899) => livret

le Capitaine Loys, comédie héroïque en 5 actes, avec Lucien d'Hève, musique de scène de Charles-Marie Widor (Lyon, mars 1900)

la Chambre bleue, opéra-comique en 1 acte, avec Antony Mars, musique de Jules Bouval (Opéra-Comique, 16 janvier 1902)

Comédie à Compiègne, opéra-comique en 1 acte, avec Henri Malo, musique de Charles Malo (Biarritz, 05 septembre 1902) => partition

Rêve d'opium, drame lyrique en 3 actes, avec Lucien d'Hève, musique de Frédéric Le Rey

la Payse, drame lyrique en 4 actes, avec Lucien d'Hève

Blancheflor, opéra en 5 actes et 9 tableaux, avec Lucien d'Hève

l’Œillet blanc, comédie lyrique en 1 acte, avec Lucien Paté, d'après la pièce d'Alphonse Daudet

Babet la Bouquetière, opéra-comique en 3 actes, avec H. Bernède

 

mélodies

 

Ave Margarita !, musique de Jules Massenet (1902) => partition

Chevrière (la), petit conte rustique pour 2 voix, musique de Jules Massenet (1895 ; orchestrée en 1901)

Gavotte de Puyjoli (la), musique de Jules Massenet (1909) => partition

Légende de Jumièges (la), scène lyrique, musique d'Henri Maréchal (concours musical de Rouen, 26 juillet 1896)

 

 

 

 

 

Il subit, en 1865, les examens de l'École navale, prépara ceux de l'Ecole Polytechnique et les abandonna pour faire son droit.

En 1870-71, M. Edouard Noël fit la campagne comme lieutenant, puis capitaine des mobiles du Pas-de-Calais. Il est capitaine d'artillerie territoriale, attaché à l'Etat-major du gouverneur de Paris.

Inscrit au barreau de Paris. il ne tarda pas à le quitter pour se consacrer aux lettres. Il collabora, comme critique dramatique et musical, à de nombreux journaux : la Nation, l'Ordre, le Peuple français, la Cocarde, le Télégraphe et écrivit aussi, par la suite, dans la Revue et la Gazette des Théâtres, l'Illustration, le Figaro, le Gaulois sous le pseudonyme de Nicolet, etc.

En 1877, M. Edouard Noël refusa un poste de sous-préfet, que M. Behic, de qui il était secrétaire particulier, voulait lui faire accorder par le gouvernement du Seize-Mai. En 1880, il devint secrétaire général du théâtre de l'Opéra-Comique et conserva ces fonctions jusqu'en 1891.

Il a été nommé, en 1898, membre de la commission d'examen du théâtre de la Comédie-Française, par M. Jules Claretie et avec l'assentiment du comité de ce théâtre, après le décès d’Edouard Cadol.

Parmi les ouvrages de M. Edouard Noël, il faut citer tout de suite les Annales du Théâtre et de la Musique, œuvre d'une grande érudition et d'un enseignement précieux, en collaboration avec M. Edmond Stoullig, 1875 à 1896, ouvrage couronné par l'Académie française, 21 volumes, tous précédés d'une préface d'un des hommes les plus connus au théâtre : Francisque Sarcey, Victorien Sardou, Got, Emile Zola, E. Perrin, H. de Pène, Jules Claretie, Ludovic Halévy, etc.

Cet écrivain a publié, en outre : les Fiancés de Thermidor (1 vol., 1882), d'où il a tiré un drame, en collaboration avec M. Emile Deshay ; Une mélodie de Schubert, dessins de Georges Cain (1888) ; Aventure mémorable, incroyable et véridique de Modeste Parambez, de Beaucaire (1891) ; l'Amoureux de la morte, roman passionnel d'une forme originale (1892) ; les Manœuvres de forteresse, souvenirs de Vaujours (1895) ; Rosie, roman parisien (1895) ; les Petits vers d'un joueur de flûte (1898).

Au théâtre, seul ou en collaboration, il a donné les pièces suivantes : Marianne, comédie, en 1 acte, en vers (Néris, 1883) ; le Roman d’un jeune homme chauve, comédie-bouffe en 1 acte (Renaissance, 1885) ; Un monsieur qui a bien diné, comédie en vers, 1 acte (Gymnase, 1885) ; David Téniers, comédie en vers, 1 acte, avec M. Lucien Paté (Odéon, 1886) ; Coup double, comédie en 1 acte (Déjazet, 1886) ; le Singe d'une nuit d'été, opérette en 1 acte, musique de Serpette (Bouffes-Parisiens, 1886) ; Déidamie, opéra en 2 actes, musique de Maréchal (Opéra, 1893) ; Prologue de Bérénice, comédie en vers, en 1 acte, avec M. Lucien Paté (Comédie-Française, 1893) ; Attendez-moi sous l'orgue (Cercle militaire, 1896), etc.

Il faut encore citer de M. Edouard Noël : l'Interdit, concours du prix de Rome (1893) ; les Cent jours, étude historique, sous la forme dialoguée, ouvrage couronné par l'Académie française et dont il a tiré un drame non encore représenté (1895) ; plusieurs cantates couronnées par l'Institut ; Clarisse Harlowe, concours du prix de Rome (1895) ; divers poèmes et scènes lyriques : la Chevrière, musique de Massenet, la Légende de Jumièges, musique de Maréchal, etc.

On annonce, comme prêts à paraître, plusieurs autres ouvrages de lui, dont voici les titres : le Capitaine Loys, comédie héroïque en 3 actes et 6 tableaux, en vers, que la Comédie-Française avait acceptée avant la nomination de son auteur aux fonctions de « lecteur » ; Rêve d'opium, drame lyrique en 3 actes, avec Lucien d'Hève, musique de F. Le Rey ; le Comte Roger, drame en 4 actes, en prose, avec Gheusi ; la Payse, drame lyrique en 4 actes, avec Lucien d'Hève ; Blancheflor, opéra en 5 actes et 9 tableaux, avec le même ; l’Œillet blanc, comédie lyrique en 1 acte, avec Lucien Paté (d'après la pièce d'Alphonse Daudet) ; Babet la Bouquetière, opéra-comique en 3 actes, avec H. Bernède ; Mauricette, comédie en 4 actes, avec M. Simon Boubée ; Madame Bernadotte, comédie en 4 actes, avec M. Gheusi ; Brumaire, ouvrage historique devant être publié au moment du centenaire du 18 brumaire, etc.

M. Edouard Noël est membre correspondant de l'Académie d'Arras. Il est chevalier de la Légion d'honneur ; officier de l'Instruction publique, etc.

 

(C.-E. Curinier, Dictionnaire national des contemporains)

 

 

 

 

 

Romancier, critique, auteur dramatique et poète, M. Édouard Noël a conquis dans tous les genres une juste réputation. Son œuvre, qui touche à toutes les formes littéraires, est de celles qui s'imposent, par la probité et le talent, à l'attention de lecteurs choisis. Rien, dans ces charmants livres, dans ces comédies alertes n'est laissé au hasard ni à la négligence ; on y sent toujours un esprit averti et fin, jamais bas ni trivial, en même temps qu'un mouvement heureux et merveilleusement ordonné. Désigné par ses travaux personnels, autant que par ses qualités d'homme de théâtre, à occuper, à la Comédie-Française, le poste de lecteur-examinateur laissé libre par la mort du regretté Cadol, M. Édouard Noël apporte dans cette délicate fonction cette haute clairvoyance, cette conscience éprouvée, ce sentiment du goût qui constituent les sûrs garants d'un jugement équitable.

Né à Arras, le futur homme de lettres subit, tout d'abord, les examens de l'École Navale, puis prépara ceux de l'École Polytechnique et les abandonna pour les études du droit. Les événements de 1870-1871 vinrent seuls interrompre une carrière bien commencée. Lieutenant, puis capitaine au 93e Régiment de marche, pendant la guerre franco-allemande, et, par la suite, capitaine d'artillerie de réserve, attaché à l'état-major du gouverneur de Paris, M. Édouard Noël sut se montrer vaillant à une heure difficile.

La paix signée, l'adieu dit définitivement au Barreau, il débuta par la critique dramatique et musicale à la Nation, puis à l'Ordre. Des articles fins et nerveux parus au Gaulois sous la signature de Nicolet, des chroniques au Figaro, à l'Illustration, au Télégraphe, en révélant un esprit très curieux d'art, un jugement aigu et nouveau, attiraient sur son nom l'attention de ceux pour qui le théâtre est le plus objectif des arts.

M. Édouard Noël avait refusé un poste de sous-préfet que voulait lui faire confier l'ami de sa famille, M. Armand Behic, par le gouvernement du Seize-Mai. Il accepta trois ans plus tard de devenir secrétaire général de l'Opéra-Comique, sous la direction de M. Carvalho. Il conserva ce poste pendant plus de dix années.

Depuis près de trente ans, les lettres, la poésie et le théâtre occupent tout entier M. Édouard Noël. Avec une inlassable activité, une vigueur de style et d'esprit incomparables, l'auteur de tant d'actes charmants, de tant de comédies fines et primesautières, témoigna à la fois, dans le livre, dans le journal, aussi bien que sur la scène, d'un talent d'écrivain mêlé d'ironie, de tendresse et de savoir. Romancier, M. Édouard Noël a donné dans Rosie, dans l'Amoureux de la morte, dans les Fiancés de Thermidor, l'émouvant témoignage d'un don de conteur et d'analyste empreint de toutes les qualités d'art. Il a fait preuve d'érudition dans deux ouvrages importants : Brumaire et les Cent jours, et aussi dans une Etude sur Sieyès. Au théâtre, seul ou en collaboration, il sut, aussi bien dans l'opérette et dans la comédie, dans le drame en vers ou le livret lyrique, affirmer les ressources d'une imagination heureusement inspirée. Des œuvres aussi diverses et pourtant tout aussi brillantes que David Teniers, Déidamie, le Capitaine Loys et Babet-la-Bouquetière, attestent la vigueur et le charme juvéniles d'un des écrivains les mieux cultivés, les plus affinés et les plus rares de ce temps. Chez M. Édouard Noël, l'homme privé, le causeur aimable et disert, ne cesse jamais d'être un lettré et un délicat.

 

Biographie

Nommé en 1880 secrétaire-général du théâtre de l'Opéra-Comique, conserva ces fonctions jusqu'en 1891. Nommé en 1898, par M. Jules Claretie, lecteur-examinateur à la Comédie-Française, en remplacement d'Édouard Cadol décédé.

Auteur, avec Edmond Stoulling, d'un ouvrage considérable en 21 volumes : les Annales du Théâtre et de la Musique (1875-1896) couronné par l'Académie-Française, M. Édouard Noël a publié encore les Fiancés de Thermidor (1882), Une Mélodie de Schubert (dessins de Georges Cain) (1888) ; Aventure mémorable, incroyable et véridique de Modeste Parambaz de Beaucaire (dessins de Henri Pille) (1891) ; l'Amoureux de la Morte (1892) ; les Manœuvres de Forteresse, souvenirs de Vaujours (1895) ; Rosie (1895) ; les Petits vers d'un joueur de flûte, choses à chanter et à dire (1898) ; les Cent jours, scènes historiques de 1815 (couronné par l'Académie Française) ; Brumaire (1899) ; Babet la Bouquetière (1904). De son livre de Brumaire, il a tiré un drame en collaboration avec M. Jules Claretie, reçu au théâtre de la Gaîté. Il écrit en ce moment un drame sur Mirabeau.

Au théâtre, seul ou en collaboration, M. Édouard Noël a donné les pièces suivantes : Marianne, comédie en un acte en vers (Néris, 1883) ; le Roman d'un jeune homme chauve, comédie bouffe en un acte (Renaissance, 1885) ; Un Monsieur qui a bien dîné, comédie en un acte en vers (Gymnase, 1885) ; David Teniers, comédie en un acte en vers (Odéon, 1886) ; Coup double, comédie en un acte (Déjazet, 1886) ; le Singe d'une nuit d'été, musique de Serpette (Bouffes-Parisiens, 1886) ; Mains liées (Variétés, 1891) ; Déidamie, opéra en deux actes, musique de Henri Maréchal (Opéra, 1893) ; Prologue à Bérénice, un acte en vers, (Comédie-Française, 1903) ; Attendez-moi sous l'Orgue (Cercle militaire, 1896) ; Tragédie et comédie, un acte en vers (Odéon, 1898) ; le Comte Roger, drame en quatre actes en prose (Théâtre de l'Athénée, 1900) ; la Betterave, comédie en un acte (Th. Cluny, 1902) ; Comédie à Compiègne, opéra-comique en un acte (casino de Biarritz, 1902) ; les Vacances d'Antoinette, comédie en un acte (Gymnase, 1904) ; le Capitaine Loys, drame en cinq actes en vers (Th. des Célestins, Lyon, 1900) ; Thi Teu, drame en trois actes (Th. des Arts, Rouen, 1899).

Il faut citer encore de M. Édouard Noël : l'Interdit, concours du prix de Rome (1891) ; Clarisse Harlowe, concours du prix de Rome (1895) ; divers poèmes et scènes lyriques : la Chevrière, musique de Massenet ; la Légende de Jumièges, musique de Maréchal, etc.

 

(Joseph Uzanne, Figures contemporaines tirées de l’album Mariani, 1908)

 

 

 

 

 

 

Edouard Noël en 1889

 

 

 

 

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