Louis-Henri OBIN

 

Louis-Henri Obin en 1870

 

 

Louis Henry dit Louis-Henri OBIN

 

basse française

(Ascq, Nord, 04 août 1820* – Paris 2e, 09 novembre 1895*)

 

Fils de Joséphine OBIN, dame accoucheuse.

Epouse Marie Maxime LEROY.

Père de Marthe Marie Alice OBIN (Paris 1er, 22 juillet 1858 –), épouse à Paris 8e le 29 novembre 1880* Ernest Noël BERTRAND (Paris 8e, 24 avril 1850 –), directeur de théâtre [frère d'Eugène BERTRAND, directeur de théâtre].

 

 

Il fit ses études musicales au Conservatoire de Lille et à celui de Paris de 1842 à 1844. Il débuta à l'Opéra, en 1844, dans Othello et quitta ce théâtre peu de temps après et chanta à Toulouse, à Marseille et à La Haye. En 1850, il fit une brillante rentrée en créant l'Enfant prodigue d'Auber, et parut avec succès dans Moïse, le Dieu et la Bayadère, Don Juan, etc. Ses principales créations furent dans les Vêpres Siciliennes, Pantagruel, l'Africaine et Don Carlos. Excellent comédien et d'une souplesse de talent rare, il a pu aborder des rôles de caractère tout opposé, avec un égal succès. Il quitta l'Opéra en 1869. Le 1er janvier 1870, il succéda à Levasseur dans la classe de déclamation lyrique (opéra) au Conservatoire de Paris ; il se démit de ses fonctions le 1er février 1874, et les reprit le 1er janvier 1877, et démissionna à nouveau le 10 janvier 1889. Il fut à ce titre nommé chevalier de la Légion d'honneur le 13 juillet 1880.

En 1880, il habitait à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Il est décédé en son domicile au 16 rue Daunou à Paris 2e.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Il a débuté le 21 octobre 1844 dans Othello (Brabantio) de Gioacchino Rossini.

 

Il chanta le Comte Ory de Rossini ; le Dieu et la Bayadère d’Auber (Olifour) ; le Cheval de bronze d’Auber (Tchinkao) ; Herculanum de Félicien David (Nicator) ; Pierre de Médicis du Prince Poniatowski (Fra Antonio) ; Sémiramis de Rossini (Assur) ; les Huguenots (Marcel, 1850) ; Moïse de Rossini (Moïse, 1868) ; Don Juan de Mozart (Leporello, 1868).

 

Il créa le 06 décembre 1850 l'Enfant prodigue (Bocchoris) d'Esprit Auber ; le 06 août 1851 les Nations (le Travail) d'Adolphe Adam ; le 13 juin 1855 les Vêpres siciliennes (Procida) de Giuseppe Verdi ; le 24 décembre 1855 Pantagruel de Théodore Labarre ; le 28 avril 1865 l'Africaine (le Grand Brahmine) de Giacomo Meyerbeer ; le 11 mars 1867 Don Carlos (Philippe II) de Giuseppe Verdi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Obin et Depassio.

Le talent du premier de ces artistes est au talent de l'autre ce que le pôle arctique est au pôle antarctique. Obin est une organisation distinguée mais frêle, un chanteur de savoir et de talent, servi par un instrument médiocre et borné dans le grave. Sa taille est élevée, son physique beau de lignes et imposant. Obin est, après Roger, le seul chanteur de l'Opéra qui sache s'habiller et créer un rôle. Son engagement expire en 1856, à pareille époque ; il gagne 22.000 fr. par an.

(H. de Villemessant et B. Jouvin, Figaro, 09 juillet 1854)

 

 

 

 

 

Il entra au Conservatoire en 1842, suivit les cours de chant de Ponchard, dont il fut un des meilleurs élèves, et débuta à l'Opéra le 21 octobre 1844, dans le rôle de Brabantio d'Othello. Quelques mois après ce début, il quitta Paris et se fit entendre à Marseille et à Bordeaux. Il revint en 1850 à Paris et reparut dans l'Enfant prodigue d'Auber. Depuis, il tint sur notre première scène lyrique des rôles importants dans l'Africaine (1865), dans le Don Carlos de Verdi (1867), dans Moïse et Don Juan (1868). M. Obin possède une fort belle voix de basse et chante avec goût. En 1869, il quitta tout à fait le théâtre. Il est aujourd'hui professeur de déclamation lyrique au Conservatoire.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1876)

 

On a pu, comme chanteur, le remplacer à l'Opéra ; il sera plus difficile de lui trouver un successeur de son mérite au Conservatoire. Il s'est fait une réputation plus grande encore que Laget et Revial, qui sont pourtant deux excellents professeurs. M. Obin a pris sa retraite en 1888. Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis le 13 août 1880.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 2e supplément, 1888)

 

 

 

 

 

L’éminent chanteur Obin qui a appris à tant de générations d'artistes le secret de triompher sur la scène, s'éprit à seize ans d'une belle passion pour la peinture et il suivit les cours de dessin de l'Ecole de Lille avec une assiduité qui indiquait une véritable vocation.

Il découvrit un jour plus d'harmonie dans sa voix que dans ses esquisses, et il abandonna sans trop de regrets ses premiers maîtres pour étudier la musique. Du Conservatoire de Lille il passa à celui de Paris, où il travailla sous la direction de Ponchard et de Levasseur.

Ponchard tenait avec une incontestable autorité la classe de son maître Garat, et, parmi ses élèves, on citait les noms d'Alexis Dupont, Valère, Dabadie aîné, Thyanni, Guillot, Andrieux, Poultier, et plus tard, Faure, Mmes d'Hennin, Cambardi et Prévost. Dans les airs de Joseph, de Stratonice, des Abencérages et de Piquillo, on admirait en lui le premier chanteur de concerts de l'époque.

Levasseur avait aussi rendu les plus grands services à l'art du chant et si nous donnons ici un souvenir à ces maîtres d'Obin, c'est parce qu'il leur a gardé la reconnaissance que portent tous les cœurs d'élite à ceux qui les ont initiés aux splendeurs du Beau.

Pendant qu'il suivait cet enseignement fécond, l'élève de Ponchard et de Levasseur avait inspiré un vif intérêt à Habeneck. L'illustre chef d'orchestre obtint son admission à l'Opéra, aux appointements de 3.000 fr. par an, pour y chanter les petits rôles de basse dans Othello, le Comte Ory, le Dieu et la Bayadère, et dans la plupart des ouvrages du répertoire de l'Académie de musique.

L'engagement du jeune artiste fut résilié au bout de six mois, mais, malgré cette première désillusion, Habeneck et Levasseur, qui suivaient le travail persévérant d'Obin et comptaient sur lui avec la foi des connaisseurs, le firent engager à Toulouse où il débuta le 10 juin 1846.

Obin reçut du public toulousain un excellent accueil, et l'on sait qu'au théâtre du Capitole on se pique d'une juste sévérité ! Cette bienvenue souhaitée par un parterre enthousiaste inspira la confiance au débutant. Il fallait la chaleur des abonnés pour faire éclore l'âme d'artiste d'Obin. Quand il en sentit les premiers effluves, il se métamorphosa soudain.

Dans le monde artistique, de tels exemples ne sont pas rares, et plus d'un échoua qui ne sut pas vaincre la timidité native ou dont on ne sut pas apprécier le mérite et encourager l'essor.

A partir de ce moment, l'artiste se révèle, et, comme dit le poète, rien n'est plus doux que le premier rayon de la gloire naissante. Obin marche de succès en succès. En 1847 et en 1848 il remplace Alizard à Marseille, puis, pendant deux ans, attaché au Théâtre Royal de la Haye, sa réputation grandit de jour en jour.

Le 1er octobre 1850, il réalisa son rêve le plus cher : il rentra à l'Opéra, où il avait été presque méconnu, et, pour prendre sa revanche, il n'hésita pas à accepter des conditions dont ne voudrait pas aujourd'hui un chanteur de troisième ordre.

Après avoir brillamment débuté par le rôle de Marcel, des Huguenots, où il fut acclamé, Obin créa son premier rôle dans l'Enfant prodigue. Puis il reprit le rôle de Moïse, où il obtint un triomphe.

Le vaillant artiste se montra ensuite dans la Fronde, les Maîtres chanteurs, les Vêpres Siciliennes, le Cheval de bronze, la Juive, la Favorite, le Philtre, Herculanum, Pierre de Médicis, Sémiramis, l’Africaine, Don Juan, Don Carlos, et dans tous ses rôles, — il en a joué tant à Paris qu'en province plus de cinquante, — il fit les délices du public international de notre première scène lyrique.

Chanteur de cette grande école qui disparait chaque jour, Obin était surtout remarquable par le caractère particulier qu'il savait donner à chacun de ses personnages. Il s'imprégnait pour ainsi dire de leur vie, et si sa voix n'avait pas toujours conservé la puissance, la majesté virile qui la distinguaient, on n'aurait pas reconnu Obin sous ses merveilleuses transformations.

A chaque création nouvelle, on le trouvait plus maître de son art, et pendant vingt ans, il tint à l'Opéra l'emploi de première basse avec un talent dont la perfection n'est malheureusement pas héréditaire.

Atteint d'une grave maladie nerveuse, Obin se retira du théâtre en 1869, mais la haute expérience et les grandes qualités acquises pendant cette mémorable carrière n'ont pas été perdues pour la scène.

Le grand artiste fut nommé professeur au Conservatoire de musique, et pendant vingt ans encore, il a prodigué son zèle et son dévouement à tous les pensionnaires, relevé l'enseignement du chant par l'excellence et la clarté de sa méthode et compté parmi les plus dignes propagateurs de l'art auquel il a dû une éclatante renommée.

(Figures contemporaines tirées de l'album Mariani, 1894)

 

 

 

 

 

 

Encylopédie