Marie Blanche PESCHARD

 

 

 

Marie Blanche RENOULEAU, dame PESCHARD

 

soprano français

(rue Neuve, Bergerac, Dordogne, 08 mars 1845* Cérons, près de Podensac, Gironde, 11 août 1887)

 

Fille d’Adrien Jules RENOULEAU (1816 ), maître d’hôtel puis armurier, et de Marie Thérèse Rosalie DELMAS (1821 ).

Epouse à Paris 9e le 07 février 1861* Auguste Jacques Étienne PESCHARD, ténor.

 

 

Elle entra au Conservatoire de Paris, où elle connut le jeune Peschard, élève de Revial. Elle devint sa femme en 1861, alors âgée de quinze ans, et le suivit à Bordeaux (1864-1867) avant de tenir elle-même, au Théâtre-Français de cette ville, l'emploi des Dugazon. Ils parcoururent ensemble la province et l'étranger jusqu'en 1870, notamment Lyon en 1868, à nouveau Bordeaux en 1869, puis Bruxelles en 1870, où elle a participé à la première le 11 février 1870 d’Une Folie à Rome de Federico Ricci au Théâtre de la Monnaie. Engagée aux Bouffes-Parisiens, elle créa le 14 décembre 1871 Boule de Neige (Olga) de Jacques Offenbach, puis créa le 09 avril 1872 la Timbale d'argent (Müller) de Léon Vasseur. Elle obtint, sous les traits du petit Pifferaro, un éclatant succès. Elle joua ce rôle deux cents fois, et méritait déjà qu'on la surnommât « la Déjazet de l'opérette ». Elle avait, comme la grande artiste, une voix fort agréable qu'elle savait conduire avec goût et méthode. Sa physionomie était vive et spirituelle, et son jeu fin et délicat. Portant à ravir le travesti, elle créa aux Bouffes-Parisiens avec un grand succès : le 10 février 1872 le Docteur Rose (Zeroli) de Federico Ricci ; le 09 janvier 1873 la Petite Reine (le page Roger de Steinberg) ; le 21 mai 1873 le Grelot de Vasseur (le berger Glycère) ; le 07 novembre 1873 la Quenouille de verre (le chevalier Myosotis) de Charles Grisart ; le 23 janvier 1874 la Branche cassée (Jean) de Gaston Serpette ; le 07 mars 1874 le Bouton perdu (Don Pedro de Millaflorès) d’Adrien Talexy ; le 31 mars 1874 les Parisiennes de Léon Vasseur. Elle passa ensuite aux Variétés ou elle créa le 14 novembre 1874 les Prés-Saint-Gervais (Conti) de Charles Lecocq. En août 1875, à Cabourg, elle créa Au port d’Etienne Rey. Elle passa à la Renaissance, où elle créa le 23 octobre 1875 la Filleule du roi (Phœbus) de Vogel, en avril 1876 la Savoisienne de Charles du Grosriez, et se montra dans la Reine Indigo (Fantasca), mais restée fidèle aux Bouffes-Parisiens, elle créa dans la salle du passage Choiseul : le 22 avril 1875 les Hannetons (Uranie) d’Offenbach ; le 06 janvier 1877 les Trois Margot (Séraphin) de Grisart ; le 24 mars 1877 la Sorrentine (Lazarillo) de Vasseur ; le 03 octobre 1877 la Petite Muette (Raphaël) de Serpette ; le 13 mars 1878 Maître Peronilla (Alvarez) d’Offenbach. De ce maître, elle chanta avec non moins de réussite : la Chanson de Fortunio (Valentin), la Princesse de Trébizonde et Eurydice, d'Orphée aux enfers, qu’elle interpréta à la Gaîté à l’occasion de l’Exposition universelle de 1878, aux côtés du compositeur Hervé, et qui fut son dernier rôle. Atteinte d'une maladie grave, elle dut alors renoncer au théâtre. Elle possédait un réel talent de chanteuse, et, comme comédienne, elle avait du goût, de l’entrain et de la verve.

En 1861, elle habitait 14 rue Duperré à Paris 9e.

 

 

 

 

 

 

 

Madame Peschard, la diva tant applaudie aux Bouffes-Parisiens, aux Variétés, à la Gaîté, et sur maintes autres scènes parisiennes, est morte le jeudi 11 août dans la propriété qu’elle habitait avec sa famille, à Cérons.

 

Mme Peschard appartenait à une famille d’origine bourgeoise. Elle avait épousé, en 1861, le ténor bien connu, alors attaché au Théâtre-Lyrique. Ce n’est que quelques années plus tard qu’elle fit ses débuts dans la carrière théâtrale. Douée d’un physique charmant et d’une voix agréable, elle parut avec succès sur plusieurs scènes de province. Elle vint ensuite à Paris et fut engagée aux Bouffes-Parisiens.

 

Elle chantait avec chaleur, disait avec finesse, et grâce à ses qualités elle ne tarda pas à devenir l’une des étoiles de l’opérette.

 

On se rappelle ses succès dans la Timbale d’argent, dans la Chanson de Fortunio, dans Orphée aux enfers, et dans la Quenouille de verre, où elle se montrait si charmante sous le galant uniforme du « capitaine Myosotis ».

 

Après avoir charmé le public parisien pendant une dizaine d’années, Mme Peschard, dont la santé se trouvait assez sérieusement altérée, s’était retirée dans la propriété que son mari possède dans la Gironde, et c’est là qu’elle est morte. Cette artiste regrettée était une femme distinguée et charmante.

 

Les obsèques ont eu lieu à Cérons le 14 août. L’inhumation a eu lieu à Paris.

 

(le Monde illustré, 20 août 1887)

 

 

 

 

 

 

 

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