Adolphine PETIT-BRIÈRE

 

 

 

 

Adolphine Emilie Louise PETIT-BRIÈRE

 

soprano français

(place Bourbon, Dijon, Côte-d’Or, 11 juin 1828* )

 

Fille de Gabriel François PETIT-BRIÈRE (1791), agent en chef du service des convois militaires pour la dix-huitième division militaire, et de Julie Laurette Prudence LEMOLLE (1794), mariés à Rouen, Seine-Inférieure [auj. Seine-Maritime] en février 1813.

Epouse vers 1854 M. FARÉ ou FAURÉ, violoniste.

 

 

Au Conservatoire de Paris, elle obtint en 1847 un accessit de chant et un second prix d’opéra-comique et débuta la même année au Théâtre-Lyrique (alors Opéra-National). Elle chanta ensuite à Paris : au théâtre de la Porte-Saint-Martin en 1849 [où elle créa en mars 1849 le Postillon de Saint-Valéry d’Auguste Pilati], au Théâtre Beaumarchais en 1849 [où elle créa le 21 juin 1849 le Marin de la garde (Marie) de Gauthier], à l’Opéra de Paris en 1850 et 1852, à l’Opéra-Comique en 1851, puis fut engagée au Théâtre-Lyrique en 1852 où elle chanta jusqu’en juin 1854. Après son mariage, elle chante sous les noms de Brière-Fauré et Fauré-Brière. En 1855, elle se produit avec son mari à Saumur. En 1856, elle chante à Strasbourg ; en 1857, au Grand Théâtre de Lyon ; en 1858, à Toulouse, à Londres, à Nantes ; en 1861-1862, à la Monnaie de Bruxelles et au Théâtre Royal d’Anvers ; en 1863 à Cahors.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Elle débuta à l’Opéra (alors Théâtre de la Nation) le 10 février 1850 dans la Xacarilla (Ritta) en remplaçant Mme Hébert-Massy au pied levé.

 

Elle y créa le 06 décembre 1850 l’Enfant prodigue (le chamelier) d’Esprit Auber ; le 23 avril 1852 le Juif errant (une Dame d’honneur) de Fromental Halévy.

 

Elle y chanta Robert le Diable (Isabelle, 1850) ; le Freischütz (Annette, 1850) ; les Huguenots (Urbain) ; Guillaume Tell (Jemmy) ; la Favorite (Inès).

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle y débuta le 08 juin 1851 dans la Dame blanche (Anna).

 

Elle y chanta Joseph (une jeune fille, 11 septembre 1851).

 

 

 

Sa carrière au Théâtre-Lyrique

 

Elle débuta à l’Opéra-National le 16 novembre 1847 en participant à la première d’Aline, reine de Golconde (Aline) de Berton.

 

Elle débuta au Théâtre-Lyrique le 14 octobre 1852 en créant Choisy-le-Roi (la marquise de Pompadour) d’Eugène Gautier.

 

Elle y créa le 22 décembre 1852 Tabarin de Georges Bousquet ; le 22 janvier 1853 le Lutin dans la vallée d’Eugène Gautier ; le 31 décembre 1853 Elisabeth (la Comtesse) de Gaetano Donizetti ; le 16 avril 1854 Une rencontre dans le Danube (Hélène) de Paul Henrion.

 

Elle y participa à la première le 15 octobre 1853 du Diable à quatre de Jean-Pierre Solié ; le 26 mars 1854 du Panier fleuri (Angélique) d’Ambroise Thomas.

 

 

 

 

 

[Aline à l’Opéra-National]

Mlle Petit-Brière est une jolie personne, un peu froide, et dont le talent donne des espérances. Sa voix était un peu voilée, mais elle a plu généralement.

(Théophile Gautier, la Presse, 22 novembre 1847)

 

 

[Théâtre de Gand]

Notre première chanteuse, Mme Fauré-Brière, était une fort jeune artiste. Elle brillait plutôt par les dons naturels que par la science acquise.

Très jolie personne, douée d’une voix exquise, chantant avec expression et avec sentiment plutôt qu'avec un art parfait, elle devait une large part de ses succès à son mari.

Celui-ci, excellent musicien et de talent supérieur sur le violon, s'était voué à diriger les études de sa femme, et il s'acquittait de sa tâche avec habileté.

C'était un petit bout d'homme, charmant de manières, charmant de visage, charmant de conversation, et ressemblant trait pour trait à Cinti-Damoreau, fils de l'illustre cantatrice et frère de Mme Marie Cinti-Damoreau.

En résumé Mme Fauré-Brière était l'élève de son mari. Grâce aux excellentes leçons de ce maître, elle valait beaucoup mieux qu'elle n'eût valu abandonnée à ses propres ressources.

Le public goûtait à la fois son talent et sa grâce, et les ovations qu'il lui prodiguait s'adressaient à la fois à la femme et à l'artiste.

Mme Fauré-Brière joignait d'ailleurs à son double mérite de chanteuse et de jolie femme des qualités de dame du monde.

Elle avait su se créer des relations dans la haute société gantoise.

Grâce à la tolérance de M. Rousseau, elle chantait de temps en temps dans les salons, et, comme elle avait la délicatesse d'abandonner au profit des indigents le montant de ses cachets, elle s'était attiré la considération des dames patronnesses de la ville.

Mme Fauré sortait de Paris. Elle avait chanté un hiver au Théâtre-Lyrique ; mais, pour des motifs que j’ignore, on ne l’y avait pas retenue.

Elle touchait mille huit cents francs par mois : c’étaient les plus forts appointements de la troupe.

(Justin Bellanger, la Vie de Théâtre, 1905)

 

 

 

 

 

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