Armand POTEL

 

 

 

 

Pierre Armand PIAU DIT POTEL dit Armand POTEL

 

ténor (trial) français

(Paris, 05 juillet 1830 – 6 rue de l’Observatoire, Montpellier, Hérault, 23 janvier 1879*)

 

Fils de Thomas Claude PIAU DIT POTEL (Gray, Haute-Saône, 22 décembre 1794 [2 nivôse an III] –), marchand de vin, et de Marie Anne LEGROS (Gray, 12 juin 1803 [23 prairial an XI] –), mariés à Montrouge, Seine [auj. Hauts-de-Seine], le 25 septembre 1822*.

Frère d’Anne-Antoinette PIAU DIT POTEL dite Pauline POTEL (Montrouge, Seine [auj. Hauts-de-Seine], 08 octobre 1826* – ap. 1888), actrice.

Epouse PARISOL ou PARIZOT.

Père de Marie Julie PIAU DIT POTEL dite Julia POTEL, soprano [voir ci-dessous].

Il a peut-être un lien de parenté avec Françoise DELORT dite Mme POTEL, qui s'est produite à l'Opéra-Comique vers 1872.

 

 

Vers 1854, il chantait des romances dans les goguettes. En 1858, il fut engagé au Théâtre-Lyrique du boulevard du Temple. En 1860, il passa aux Bouffes-Parisiens, où il créa le 15 novembre 1860 l’Hôtel de la poste d’Alfred Dufresne ; le 31 décembre 1860 le Mari sans le savoir de M. de Saint-Rémy ; le 23 mars 1861 le Pont des Soupirs (Fabiano Fabiani Malatromba) de Jacques Offenbach ; le 14 septembre 1861 Monsieur Choufleuri restera chez lui le… (Chrysodule Babylas) d’Offenbach ; le 17 octobre 1861 Apothicaire et Perruquier d’Offenbach. Il chanta ensuite à l'Opéra-Comique, de 1862 à 1877, où il doublait Sainte-Foy, sauf la saison 1872-1873 qu’il passa aux Bouffes-Parisiens, et où il créa le 09 janvier 1873 la Petite Reine de Léon Vasseur, le 27 mars 1873 la Rosière d’ici (Pierre Loiseau) de Léon Roques, et le 21 mai 1873 Pattes blanches de Laurent de Rillé.

 

 

 

 

Sa carrière au Théâtre-Lyrique

 

Il y débuta en 1858.

 

Il y créa le 16 avril 1858 Don Almanzor de Renaud de Vilbac ; le 03 novembre 1859 Mam’zelle Pénélope (Landry) de Théodore de Lajarte ; le 23 mars 1860 Gil-Blas (Nunez) de Théophile Semet ; le 02 juin 1860 les Valets de Gascogne d’Alfred Dufresne.

 

Il y chanta la Perle du Brésil (un Chef brésilien, 1858) ; Gastibelza (Mathéo, 1858).

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y débuta le 01 novembre 1862 dans le Diable au moulin.

 

Il y créa le 11 février 1863 l'Illustre Gaspard d'Eugène-Prosper Prévost ; le 05 novembre 1864 le Trésor de Pierrot d'Eugène Gautier ; le 13 mai 1868 la Pénitente de Clémence Valgrand ; le 10 mars 1869 Vert-Vert (de Bergerac) d’Offenbach ; le 02 juin 1869 la Fontaine de Berny d’Adolphe Nibelle ; le 11 septembre 1869 la Petite Fadette (Cadet-Caillaux) de Théophile Semet ; Rêve d’amour ; le 21 février 1870 l’Ours et le Pacha (Marécot) de François Bazin ; le 18 janvier 1872 Fantasio (Marinoni) d’Offenbach ; le 22 mai 1872 Djamileh (Splendiano) de Georges Bizet ; le 25 février 1874 le Florentin (Polpetto) de Charles Lenepveu ; le 03 mars 1875 Carmen (le Dancaïre) de Bizet ; le 10 mai 1875 Don Mucarade (Roch) d'Ernest Boulanger ; le 11 avril 1876 Piccolino (Marcassone) d’Ernest Guiraud.

 

Il y participa à la première le 24 août 1863 des Amours du diable d’Albert Grisar ; le 24 février 1872 des Noces de Figaro (Bazile) de Mozart [version française de Barbier et Carré].

 

Il y chanta Rose et Colas (Pierre Leroux, 100e le 28 décembre 1864) ; la Servante maîtresse (Scapin, 100e le 09 février 1870) ; le Pré-aux-Clercs (Cantarelli, 1000e le 07 décembre 1871) ; le Nouveau Seigneur du village (le Bailli, 1876).

 

 

 

 

 

Très gentil et très bon camarade. Un petit talent, une petite voix. Fait des efforts. Un bon point à l'élève Potel. Rien de commun avec Chabot.

(Yveling Rambaud et E. Coulon, les Théâtres en robe de chambre, 1866)

 

 

Potel remporta ses premiers succès dans les goguettes du quartier du Temple, où il chantait la romance sentimentale et poitrinaire : les Feuilles mortes, Enfants, n'y touchez pas !... etc... Il avait vingt ans, et les dames du Temple, au cœur sensible, ne l’appelaient que « le bel Armand ».

Puis, il débuta aux Folies-Dramatiques-Mourier, où il retrouva ces dames et leur fit encore verser de douces larmes en chantant l'Aumônier du régiment. De là, il passa à Bobino, où le Dupuis des Variétés essayait aussi ses premiers pas. Engagé plus tard aux Variétés, il y joua en gentleman les « premiers invités ».

Après avoir appartenu au Théâtre-Lyrique sous la première direction de M. Carvalho, il entra aux Bouffes, vers 1860, y débuta dans le Savetier et le Financier et se révéla dans le rôle de Malatromba du Pont des Soupirs. C’est à cette époque qu'il se lança dans l'imitation et créa ses types de ténors langoureux dont il a depuis enrichi la galerie.

L'Opéra-Comique se l'attacha comme trial en 1864 pour doubler, puis remplacer Sainte-Foy, faire des mots, des farces et agacer l’irritable Achille Denis. Il ne voulut pas, en 1872, revenir à ce modeste emploi de doublure, et le retour de Sainte-Foy amena son départ pour les Bouffes. Il ne resta qu'un an chez Charles Comte et revint — après le départ définitif de Sainte-Foy — prendre une excellente place à la salle Favart. Son rêve serait de jouer les Noces de Jeannette avec sa fille, une enfant de 15 ans qui suit les cours du Conservatoire, et qui espère débuter un jour « à côté du papa ».

(le Théâtre de l’Opéra-Comique, Jules Prével, le Figaro, 17 janvier 1875)

 

 

Un artiste qui pendant vingt ans a fait partie de nos théâtres de musique, Potel, le successeur regretté du regretté Sainte-Foy, vient de mourir à Montpellier où il s’était rendu pour suivre les succès de sa fille, Mlle Julia Potel, qui débuta, il y a deux ans, à l’Opéra-Comique dans Cendrillon. Tout Paris boulevardier, de qui la physionomie sympathique de Potel était très connue, apprendra cette mort prématurée avec de vifs regrets.

(le Ménestrel, 26 janvier 1879)

 

 

Armand Potel vient de mourir à Montpellier.

Véritable enfant de Paris, Potel avait fait partie de la garde mobile en 1848. Il fut attaché au théâtre des Variétés, — puis aux Bouffes-Parisiens, — au Théâtre-Lyrique. Il entra à l’Opéra-Comique en 1862 et y resta jusqu’en 1877. Il tenait l’emploi des trials et possédait de sérieuses qualités de comédien.

On ignore généralement que Potel avait commencé par chanter dans les goguettes ; il s’était racheté de la conscription au moyen de soirées organisées par plusieurs d’entre elles, notamment chez Montié, place de la Corderie-du-Temple. Il avait composé quelques chansons qu’il chantait lui-même dans ces réunions. Son véritable nom était Piau.

(la Chanson, 01 février 1879)

 

 

 

 

 

Marie Julie PIAU DIT POTEL dite Julia POTEL

 

soprano

(Paris, 28 décembre 1860 – ap. 1888)

Fille d'Armand POTEL [elle serait née sous le nom de PARIZOT].

Epouse à Marseille [3e section], Bouches-du-Rhône, le 11 mai 1887* Louis Napoléon BERNARD (Avignon, Vaucluse, 24 septembre 1832* - Paris 2e, 28 avril 1888*), directeur du Grand Théâtre de Marseille, qui fut directeur des théâtres de Montpellier, Genève et Lille.

 

Au Conservatoire de Paris, elle obtint en 1874 une 2e médaille, puis en 1875 une 1re médaille de solfège. Elle débuta à l’Opéra-Comique le 23 janvier 1877 dans Cendrillon (Cendrillon) de Niccolo Isouard. Elle chanta ensuite en province : à Lille en 1879, où elle participa à la première en novembre 1879 du Béarnais de J.-Théodore Radoux ; au Grand Théâtre de Marseille en 1882-1883, où elle créa le 09 janvier 1883 Lauriane d’Augusto Machado ; à Nice en 1887, où elle chanta Mignon (Philine) et Carmen (Micaëla). Elle a également été affichée sous le nom de Potel-Bernard.

En 1888, elle habitait 2 place Louvois à Paris 2e.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Encylopédie