Osmond RAYNAL

 

 

 

Barthélemy Osmond REYNAL [RAYNAL sur son acte de naissance] dit Osmond RAYNAL ou REYNAL

 

baryton français

(Agen, Lot-et-Garonne, 14 octobre 1826* – Paris 10e, 22 septembre 1885*)

 

Fils de Jean REYNAL (1799–), marchand épicier puis huissier, et de Marguerite LARCHÉ.

Epouse à Agen le 05 juin 1849* Anne-Marie FORCÉS (Sainte-Livrade-sur-Lot, 18 décembre 1824* – ap. 1885).

 

 

Il chanta d’abord en province et en Belgique (Nîmes, 1847 ; Toulouse puis Monnaie de Bruxelles, 1854 ; Anvers et Gand, 1855 ; Montpellier, 1857 ; Nantes, 1858), et fut engagé au Théâtre-Lyrique à Paris en 1858. Il y créa Faust (Valentin). Il y resta jusqu’en 1862, puis fut appelé à Toulouse pour y chanter le rôle de Valentin. Il chanta ensuite en province et à l’étranger (Baden-Baden, 1863-1864 ; Madrid, 1870), et à Paris (Gaîté, 1873). Il finit sa carrière comme coryphée à l’Opéra-Comique.

Il est décédé en son domicile, 5 rue de la Fidélité à Paris 10e.

 

 

 

Sa carrière au Théâtre-Lyrique

 

Il y débuta le 30 janvier 1859 dans Richard Cœur de Lion (Blondel).

 

Il y créa le 19 mars 1859 Faust (Valentin) de Charles Gounod (repris le 18 décembre 1862) ; le 30 octobre 1862 Hymne à la musique de Gounod.

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y débuta vers 1884.

 

Il y créa le 19 janvier 1884 Manon (2e Garde) de Jules Massenet ; le 23 février 1885 Diana (Job) d’Emile Paladilhe.

 

 

 

 

 

Nîmes, 20 octobre.

Le baryton, M. Osmond Raynal, possède une belle voix, mais il a besoin de s’occuper sans relâche de l’étude de son art, pour acquérir la méthode et l’expérience de la scène dont il est encore dépourvu. M. Raynal a fait successivement ses trois débuts dans la Favorite, Guillaume Tell et le Barbier ; aucune opposition ne s’est manifestée contre lui.

(le Journal des théâtres, 27 octobre 1847)

 

 

On lit dans la Gazette des Théâtres du 11 juin :

« M. Osmond-Raynal, baryton, a obtenu de brillants succès à Montpellier pendant la saison dernière.

Cet artiste a chanté le Trouvère, Guillaume Tell, le Barbier de Séville et la Reine de Chypre avec un éclat digne d’une scène parisienne. Il a été rappelé dans ce dernier ouvrage, et le public enthousiasmé lui a jeté des couronnes. »

Nous apprenons que ce jeune artiste, d’un brillant avenir, a refusé plusieurs engagements, et va passer une saison en Italie pour débuter ensuite sur une de nos premières scènes de la capitale.

(la Gazette, 27 juin 1857)

 

 

M. Osmond Raynal, qui a obtenu en province et tout récemment à Nantes de grands succès dans l’emploi des barytons, vient d’être engagé au Théâtre-Lyrique.

(le Monde dramatique, 17 juin 1858)

 

 

Théâtre-Lyrique. Reprise de Faust.

M. Reynal est revenu au Théâtre-Lyrique et a repris le rôle de Valentin qu’il avait créé. Si nous en croyons nos oreilles, il n’y a point rapporté toute sa voix. La province l’a fatigué sans doute. Cela ne peut étonner que ceux qui n’ont jamais entendu chanter l’opéra en province.

(Léon Durocher, Revue et Gazette musicale de Paris, 21 décembre 1862)

 

 

Le baryton Raynal a terminé ses épreuves à Gand dans la Reine de Chypre, après avoir chanté le Trouvère et le Barbier. — « M. Osmond-Raynal, — lisons-nous dans le Nouvelliste de Gand, vint donner une douzaine de représentations sur notre scène, en 1855, pendant qu'il était attaché au Théâtre Royal d'Anvers. Il y joua le Barbier, le Billet de Marguerite, Si j'étais roi !, Lucie, la Reine de Chypre et la Favorite, avec le plus grand succès. L'artiste fut attaché plus tard au Théâtre-Lyrique, où il créa le rôle de Valentin, de Faust. Au mois de juillet dernier, il faisait partie de la troupe lyrique du théâtre de la Porte-Saint-Martin, avec Guillot et Mlle Balbi. — Raynal s'est acquitté du rôle de Figaro en chanteur très habile et comédien de beaucoup d'esprit. Sa voix n'a pas un bien grand volume, mais il la conduit fort bien, et s'est fait favorablement accueillir. Au courant du répertoire tout entier, l'artiste pourra rendre à la troupe de M. Vachot des services signalés. » En effet, jeudi, Raynal a chanté la Favorite avec autant de talent que de succès au milieu des applaudissements partagés par Henry Picot et Mme Bourgeois. On pense que l'administration remontera pour lui Richard Cœur de Lion, qu'il a chanté au Théâtre-Lyrique avec un succès de plus de cent représentations, et qu'on lui a de nouveau demandé à Bade, la saison dernière, alors que Félix Mornand écrivait après l’Epreuve villageoise : « Raynal a tout simplement une des plus jolies voix de baryton que je connaisse, voix jeune, fraîche, timbrée et souple… »

(la Comédie, 20 novembre 1864)

 

 

Un brave et excellent artiste, très connu et très aimé du public parisien d'il y vingt-cinq ans, le baryton Raynal, s'est éteint cette semaine obscurément, en laissant sa veuve dans une situation des plus précaires. Raynal avait fait d'heureux débuts au Théâtre-Lyrique en 1858, et c'est à lui que, l'année suivante, M. Gounod avait confié dans son Faust le rôle si intéressant de Valentin, qu'il avait créé de la façon la plus intelligente. Pendant plusieurs années il tint une place importante dans le répertoire, et les habitués du Théâtre-Lyrique l'avaient pris en véritable affection. Cependant, un beau jour, il partit pour la province, n'ayant pas été réengagé, et alla tenir son emploi dans diverses grandes villes. Mais l'âge arriva, et avec lui la fatigue de la voix ; l'artiste brillant d'autrefois n’était plus lui-même, et, pour comble de malheur, ses pauvres petites économies disparurent dans une mauvaise affaire. M. Carvalho recueillit alors Raynal à l'Opéra-Comique, où dans ces dernières années il était réduit à jouer quelques coryphées sans importance.

(le Ménestrel, 27 septembre 1885)

 

 

Monnaie de Bruxelles, 1853-1854.

Osmond Raynal porté sur le tableau de troupe en qualité de baryton, est le créateur, au Théâtre-Lyrique, du rôle de Valentin dans Faust. Il ne réussit pas, courut la province, et finit par mourir misérablement, en 1885, coryphée à l’Opéra-Comique. Il arriva même, à ce propos, un incident assez curieux : le révolutionnaire Lisbonne « ex-forçat », auteur dramatique et limonadier, qui fonda la Taverne du Bagne, les Pommes de terre frites, etc., était, au moment de la mort de Raynal, directeur d’une scène minuscule, connue à Paris sous le nom de Bobino. Il organisa un « bénéfice » pour la veuve, et fit imprimer, dit-on, des affiches ainsi conçues :

 

Représentation au bénéfice de la veuve de

RAYNAL

MORT DE FAIM

Au service du Théâtre National de l’Opéra-Comique

 

L’autorisation d’un tel affichage fut refusée.

Reynal est remplacé, à la Monnaie, par Carman, déjà connu.

(Jacques Isnardon, le Théâtre de la Monnaie, 1890)

 

 

 

 

 

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