Étienne REY

 

 

 

Jean-Étienne REY dit Étienne REY

 

compositeur et chanteur français

(26 rue Faubourg Arnaud Bernard, Toulouse, Haute-Garonne, 03 août 1832* – Nanterre, Seine [auj. Hauts-de-Seine], 09 janvier 1923*)

 

Fils de Jean Antoine REY, relieur, et de Marie LAFAIGNE, charcutière.

Epouse 1. en 1855 Mme REY-BALLA, cantatrice ; parents de Paul Charles Marie REY (Lyon 3e, Rhône, 22 octobre 1857* –), représentant de commerce et artiste lyrique [épouse à Paris 9e le 16 mars 1893* Jeanne Alminie MORÉ (Carouge, Suisse, 19 août 1870 –)], de Gustave REY (1861–), rédacteur au ministère de l’Intérieur, et de Jeanne Agnès REY (1870–1936) [épouse av. 1893 Henri de WEINDEL (22 juin 1868 – Nanterre, 02 novembre 1944), journaliste].

Epouse 2. à Nanterre le 02 juin 1891* Rita Pauline PERRET (Cramoisy, Oise, 26 avril 1842 –), peintre.

 

 

Il fit ses premières études au Conservatoire de sa ville natale, lauréat de tous les prix de solfège, de piano et d’harmonie, puis au Conservatoire de Paris, où il fut élève de Carafa et où il obtint un 3e accessit de chant en 1854. Il a chanté à Marseille, Le Caire (1875), Marseille, Naples, Buenos Aires, Rouen, Paris. Il a fait exécuter en 1861, au théâtre du Capitole, à Toulouse, un Oratorio (soli, chœurs et orchestre), puis à Bordeaux, en 1864, un opéra en quatre actes, la Gitana ; à Toulouse, en 1874, une Messe solennelle (soli, chœurs et orchestre) et sur les théâtres de Lisbonne et de Madrid plusieurs œuvres pour chant et orchestre. En 1897, Rey possédait en portefeuille six grands ouvrages dramatiques, un poème symphonique, huit symphonies et une grande quantité de musique de chambre. Il a mis en musique un choix de fables de La Fontaine et de Florian.

En 1889, il habitait 14 rue Rigault à Nanterre. En 1891, 30 rue Pascal à Nanterre, où il est décédé.

 

 

 

 

œuvres lyriques

 

la Gitana, grand opéra en 4 actes et 7 tableaux (Grand Théâtre de Bordeaux, 22 février 1864)

Au port, opéra-comique, livret de Jules Ruelle et Gaston Escudier (Cabourg, août 1875)

 

 

 

 

 

Bien peu de personnes s'imaginent qu'il soit possible de mettre en musique :

     La cigale, ayant chanté

     Tout l'été,

     Se trouva fort dépourvue

     Quand la bise fut venue...

C'est pourtant l'œuvre qu'a tentée M. Etienne Rey, le mari de madame Rey-Balla que nous avons vue, il y a sept ans environ, créer avec beaucoup de talent et d'autorité, au Théâtre-Lyrique, le rôle de lady Macbeth dans le Macbeth, de Verdi. Il nous souvient même que nous avons entendu Ismaël, de l'Opéra-Comique, chanter, après un déjeuner que la rédaction du Figaro s'était offert au Grand-Hôtel, la fable du Rat de ville et le rat des champs, musique de M. Rey, mais nous croyions alors à une fantaisie ; nous ne pensions guère que ce compositeur avait entrepris la tâche de mettre ainsi en musique les plus jolies fables de La Fontaine.

C'est pourtant le tour de force que M. Rey a accompli, et cela d'une façon si heureuse que nous croyons de notre devoir de signaler ses jolis petits tableaux de genre.

 

La pauvre madame Rey-Balla, après avoir obtenu de grands succès en Belgique, en Italie, en Espagne, en Portugal et dans nos principales villes de province, fut frappée, il y a près d'un an et demi, d'une paralysie de la langue qui la mit désormais dans l'impossibilité de parler ou de chanter.

Son mari, qui l'avait accompagnée dans ses voyages en se livrant à la composition, — il est élève de Carafa pour la composition et de Révial pour le chant ; un de ses opéras, la Gitana, a même été représenté avec succès à Bordeaux, en 1864 — se voit donc aujourd'hui dans l'obligation de se produire et de se faire connaître.

Voilà pourquoi nous lui faisons avec plaisir une petite réclame dont il est digne à tous égards.

(le Figaro, 14 mars 1874)

 

 

Il commença son éducation musicale en cette ville et vint ensuite à Paris, où il se fit admettre au Conservatoire, dans la classe de composition de Carafa. Un jour, Révial, professeur de chant dans cette école, l'ayant entendu chanter dans une église, fut frappé de la beauté de sa voix, et lui offrit de le prendre dans sa classe ; le jeune homme accepta, mais à la condition de pouvoir continuer ses études de composition. Il obtint un accessit de chant en 1854, en même temps qu'une de ses camarades de classe, Mlle Balla, remportait un second prix. L'année suivante, Mlle Balla, devenue Mme Rey, se voyait décerner les trois prix de chant, d'opéra et d'opéra-comique, et acceptait aussitôt un brillant engagement pour l'étranger.

A partir de ce moment, M. Rey se voua à l’avenir de sa jeune femme et se sacrifia en quelque sorte à elle, l'accompagnant dans tous ses voyages, en Italie, en Belgique, en Espagne, en Portugal et dans toutes nos grandes villes de province. Mais il ne perdit point son temps pour cela, et se livra à la composition avec une sorte de fureur, écrivant des opéras, six messes, six sonates pour piano seul, quatre sonates pour piano et violon ou violoncelle, deux trios, trois quatuors, deux quintettes et un sextuor pour divers instruments, vingt morceaux de musique religieuse avec accompagnement d'orchestre ou d'orgue et de quatuor, 35 autres morceaux religieux avec orgue seul, treize mélodies sur parole, italiennes ou espagnoles avec orchestre ou piano, 30 morceaux de chant sur paroles françaises, 7 chœurs à 4 voix, 6 valses pour orchestre, 4 cantates à 3 personnages, 7 symphonies, etc. Au cours de ses voyages, M. Rey fit exécuter (Toulouse, 1856) un grand oratorio en deux parties, le Martyre de saint Saturnin, et il fit représenter (Bordeaux, février 1864) un grand opéra en 5 actes intitulé la Gitana.

Cependant, Mme Rey-Balla, qui était venue créer au Théâtre-Lyrique le rôle de lady Macbeth dans le Macbeth français de M. Verdi, était atteinte, vers 1872, d'une paralysie qui venait subitement briser sa carrière. Son mari, qui jusqu'alors s'était effacé devant elle, songea alors sérieusement à se produire ; il eût voulu aborder le théâtre, mais jusqu'à ce jour il n'a pu y réussir. Ne pouvant, de ce côté, en venir à ses fins, il se mit à publier un assez grand nombre des compositions qu'il tenait en portefeuille et qui, généralement, se faisaient remarquer par un heureux sentiment mélodique, par l'élégance de la forme et par de bonnes qualités de facture.

Parmi ces compositions, aujourd'hui publiées, il est bon de signaler particulièrement les suivantes : l° Grand Trio pour piano, violon et violoncelle ; 2° Sérénade, Pastorale, 2 petits trios pour pianos, violon ou flûte et violoncelle ; 3° 3 Sonates faciles pour piano ; 4° 3 Sonates (en la, en , en sol mineur) pour piano ; 5° 2 Sonates (en la mineur et en ut mineur) pour piano et violon ; 6° Sonate (en la mineur) pour piano et violoncelle ; 7° Sonate (en sol mineur) pour piano et clarinette ou violoncelle ; 8° A la Jeunesse, 6 mélodies à une voix ; 9° les Harmonies du Christianisme, 12 mélodies religieuses à une voix ; 10° 12 Chœurs religieux faciles, à 3 voix égales ; 11° Messe à 3 voix ; 12° Messe de Requiem facile, à voix d'hommes ; 13° 6 Mélodies religieuses à une voix, avec accompagnement d'orgue ou de piano ; 14° Messe sans credo et sans chœurs ; 15° 4 Chœurs religieux à 4 voix d'hommes, sans accompagnement (1. O salutaris ; 2. Pie Jesu ; 3. Ave Maria ; 4. Te Deum) ; 16° Magnificat, à 3 voix ; 17° Laudate, à 3 voix ; 18° 3 Chœurs faciles, à 3 voix égales, avec piano ; 19° les Faux Monnayeurs, le Loup et l'Agneau, le Baptême, le Charlatan, les Forbans, le Rat de ville et le Rat des champs, le Départ, chœurs à 4 voix d'hommes sans accompagnement ; 20° un grand nombre de mélodies, morceaux de chant divers à 1, 2, 3 ou 4 voix ; 21° Méthode de chant, etc.

Au nombre des œuvres inédites de M. Etienne Rey, je citerai les ouvrages dramatiques suivants : J'ai coupé le roi, l'Amour villageois, Stribor, opéras-comiques en un acte ; le Talisman des Sultanes, opéra bouffe en 3 actes ; Balthazar, grand opéra en 4 actes ; Irène, grand opéra en 5 actes.

(François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens, suppl. d’Arthur Pougin, 1878-1880)

 

 

 

 

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