Achille RICQUIER

 

 

 

 

Achille Charles Colette dit Achille RICQUIER

 

chanteur comique (basse bouffe) et acteur français

(Paris, 1794 – Paris 9e, 24 avril 1861*)

 

Fils de Jacques-Charles dit Charles RICQUIER (Vernon, Eure, 1759 – Bruxelles, Belgique, 1831), acteur au Théâtre de Bordeaux, et de Colette Marie Françoise CIFOLELLI (Gand, Escaut, 14 mars 1764 – Bruxelles, 1830), chanteuse [fille de Jean-Baptiste CIFOLELLI, compositeur], mariés à Bruxelles le 24 avril 1786.

Frère de Charles François Armand RICQUIER (Bruxelles, 03 avril 1787 – Belleville [auj. dans Paris], printemps 1857), acteur à Bordeaux et à Bruxelles ; de Philippe RICQUIER, décorateur ; et d'Antoine RICQUIER (Toulon, Var, 23 juin 1803 – Bruxelles, 13 décembre 1822), danseur à la Monnaie de Bruxelles (1820-1822).

Oncle de Charles Edouard RICQUIER (Genève, Suisse, 1808 – Châlons-sur-Marne, Marne, 29 janvier 1866*), artiste dramatique, époux de Joséphine Charlotte WAROT et oncle du ténor Victor WAROT.

Epouse à La Haye, Pays-Bas, le 27 mars 1822 Pauline Joséphine Marie Anne SARRETTE (Lille, Nord, 01 mai 1803* Paris 9e, 11 août 1876).

Parents de Pierre Henri RICQUIER (Amsterdam, Pays-Bas, 17 janvier 1823 –).

 

 

Il était officier lors de la chute de l'Empire. Ricquier, dont presque toute la famille était au théâtre, renonça à cette époque à la carrière des armes, et débuta comme acteur à Bordeaux en 1815. Il y obtint les suffrages du public. Deux ans de succès dans cette ville lui valurent sa nomination, en 1817, de directeur gérant des théâtres royaux de La Haye et d'Amsterdam, où il joua en même temps avec un grand succès. De retour en France, il se fit vivement applaudir sur les théâtres du Havre et de Lille (1826), en qualité de premier comique de la comédie et de l'opéra. M. Crosnier, alors directeur de l'Opéra-Comique, l'appela à Paris, et Ricquier débuta, le 05 mai 1835. Le public adopta dès le premier soir le nouveau venu. On lui trouva une verve entraînante, un comique de bon aloi et cet art d'écouter, si rare au théâtre. Le chanteur ne parut pas valoir le comédien ; mais les basses comiques se passent au besoin de science ou de puissance vocale ; l'exemple de Ricquier l'a bien prouvé. Pendant vingt ans, cet artiste a tenu son emploi avec un talent et un zèle dignes de tous les éloges. Il y créa plusieurs rôles importants, notamment dans Haydée ; Bonsoir, Monsieur Pantalon !

Il est décédé, à la suite d'un accès de goutte, âgé de soixante-six ans et six mois, en son domicile, 15 rue des Martyrs à Paris 9e.

 

Un membre de sa famille, Charles RICQUIER, ténor (laruette), chanta à l'Opéra-Comique de 1843 à 1849. Il y créa le 10 août 1847 la Cachette (M. Hériot) d'Ernest Boulanger. Il avait chanté à la Monnaie de Bruxelles où il avait débuté le 08 mai 1839 dans Zampa (Daniel). Il a joué à Grenoble en 1853.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y débuta le 05 mai 1835 dans Une heure de mariage (M. de Marcé) de Dalayrac.

 

Il y a créé le 09 avril 1836 les Chaperons blancs (Vanderblas) d'Esprit Auber ; le 13 octobre 1836 le Postillon de Lonjumeau (le marquis de Corcy) d'Adolphe Adam ; le 31 octobre 1838 le Brasseur de Preston (sir Olivier Jenkins) ; le 01 mars 1839 le Planteur (Caton) d'Hippolyte Monpou ; le 06 mai 1839 le Panier fleuri (Robichon) d'Ambroise Thomas ; le 11 février 1840 la Fille du régiment (Hortensius) de Gaetano Donizetti ; le 28 avril 1840 la Perruche de Louis Clapisson ; le 16 juillet 1840 l'Opéra à la cour (Cornélius) de Grisar et Boieldieu ; le 06 mars 1841 les Diamants de la couronne (le comte de Campo-Mayor) d'Auber ; le 02 juin 1841 l'Ingénue d'Hippolyte Colet ; le 26 juin 1841 les Deux voleurs de Narcisse Girard ; le 26 octobre 1841 la Main de fer d'Adam ; le 14 décembre 1841 Mademoiselle de Méranges d'Henri Potier ; le 23 août 1842 le Conseil des Dix de Narcisse Girard ; le 16 janvier 1843 la Part du diable (Gil Vargas) d'Auber ; le 26 mars 1844 la Sirène (le duc de Popoli) d'Auber ; le 13 octobre 1845 la Charbonnière d'Alexandre Montfort ; le 27 mai 1846 le Veuf du Malabar d'Alexandre Doche ; le 16 janvier 1847 Ne touchez pas à la reine ! (Maximus) de Xavier Boisselot ; le 28 décembre 1847 Haydée (Dominico) d'Auber ; le 09 février 1848 la Nuit de Noël d'Henri Reber ; le 07 juillet 1849 la Nuit de la Saint-Sylvestre de François Bazin ; le 20 juillet 1850 Giralda (Don Japhet d'Atocha) d'Adam ; le 28 décembre 1850 la Dame de Pique (Klaremberg) de Fromental Halévy ; le 19 février 1851 Bonsoir, Monsieur Pantalon ! (Tiritofolo, le Docteur) d'Albert Grisar ; le 20 février 1852 le Carillonneur de Bruges (Don Juan d'Hermosa) d'Albert Grisar ; le 03 février 1853 le Sourd (M. Doliban) d'Adam ; le 20 octobre 1853 Colette de Justin Cadaux.

 

Il y a chanté Maison à vendre (Ferville) de Dalayrac ; Monsieur Deschalumeaux de Gaveaux ; les Rendez-vous bourgeois (Dugravier) de Niccolo Isouard ; Richard Cœur de Lion (un Paysan ; Florestan) de Grétry ; Une folie de Méhul.

 

 

 

 

 

L'un des bons comédiens de Paris, un comique forgé avec le marteau de l'expérience sur l'enclume incessante du théâtre. Mais farceur ou acteur, Ricquier a un travers, celui d'amoindrir un effet en s'efforçant de l'exagérer : c'est le défaut des natures se travaillant sans cesse et qui cherchent avec réflexion la veine comique. La meilleure création de Ricquier, une création qui l'a égalé, selon nous, aux meilleurs comédiens de la Comédie-Française, c'est le rôle de l'inquisiteur subalterne Gil Vargas.

L'acteur émérite touche 7.000 francs par an. Il n'a pas d'engagement.

Les Diamants de la Couronne. — la Part du Diable. — la Sirène. — les Rendez-vous bourgeois. — le Sourd. — le Maçon. — Haydée.

(H. de Villemessant et B. Jouvin, Figaro, 22 octobre 1854)

 

 

L'Opéra-Comique, pour combler le vide laissé par la retraite de Ricquier, qui tenait depuis vingt ans, avec beaucoup de bonheur, l'emploi des comiques, s'est attaché M. Prilleux du Théâtre-Lyrique.

(le Ménestrel, 29 juin 1856)

 

 

Et puis-je oublier le vieux Ricquier, dans le licencié Gil Vargas, le gouverneur de don Raphaël [dans la Part du diable]. Quels regards effarés et faux ! quelle mine papelarde ! quel maintien obséquieux et bas ! Quel vieux coquin que ce saint homme ! Ricquier a été le dernier comédien de ce théâtre [l'Opéra-Comique] ; c'était l'acteur favori de M. Scribe, qui avait coutume de dire : « Ricquier a un rôle dans ma pièce ; je suis tranquille. » Le compositeur avait ses raisons pour l'être un peu moins, car les intonations ou les détonations de cet excellent Laruette étaient des plus vagabondes. Il avait, dans les Diamants [de la couronne] et dans la Sirène, des aparté d'une sonorité vraiment réjouissante. M. Auber disait spirituellement, en parlant de ces modulations non prévues : « Ricquier chante entre les touches du piano. »

(Benoît Jouvin, D. F. E. Auber, sa vie et ses œuvres, 1863)

 

 

 

 

 

 

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