Jacqueline ROYER

 

Jacqueline Royer en janvier 1905

 

 

Marie Berthe Françoise dite Jacqueline ROYER

 

contralto français

(Guîtres, Gironde, 02 avril 1875* )

 

Fille de Nicolas Auguste François ROYER (Saumur, Maine-et-Loire, 1832 Libourne, Gironde, 11 août 1901*), professeur de musique, et de Françoise Augustine SEIZE (Libourne, 1838 Libourne, 31 janvier 1902*).

Epouse à Libourne, Gironde, le 11 juin 1906* Léon Félix Eugène Antoine Etienne Henri RICHAUD (Saigon, Cochinchine, le 15 juillet 1871 ).

 

 

Au Conservatoire de Paris, elle a obtenu en 1902 une 3e médaille de solfège et un 2e accessit de chant ; en 1903, un 2e accessit d’opéra ; en 1904, un 1er accessit de chant et un second prix d’opéra. Elle a débuté à l’Opéra de Paris la même année. Elle a également chanté au Royal Opera House de Londres, au Teatro Colón de Buenos Aires et à l’Opéra de Monte-Carlo.

En 1905, elle habitait 8 rue Juliette-Lamber à Paris 17e ; en 1906, 97 boulevard Malesherbes à Paris 8e.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Elle y a débuté le 30 novembre 1904 dans la Favorite (Léonore).

 

Elle y a participé à la première le 20 juin 1919 d’Hélène de Camille Saint-Saëns (Pallas).

 

Elle y a chanté Lohengrin (Ortrude, 1905) ; Sigurd (Hilda, 1905) ; Samson et Dalila (Dalila, 1916) ; Aïda (Amnéris, 1918) ; Hamlet (la Reine, 1919) ; Henry VIII (Anne, 1919) ; la Walkyrie (Schwertleite, 1921) ; Hérodiade (Hérodiade, 1924).

 

 

 

 

 

Jacqueline Royer en janvier 1905

 

 

 

Mlle Jacqueline Royer, dont les débuts à l'Opéra, le 30 novembre 1904, ont été si brillants, est une jeune femme très jolie, grande et élégante ; elle a la physionomie douce, l'œil rêveur et est d'une affabilité exquise et d'une bonté extrême.

Artiste dans l’âme et de race, fille d’un très distingué professeur de musique, compositeur et chef d'orchestre, elle est née à Guîtres (Gironde).

Dès sa plus tendre enfance, elle étudia la musique et, à l'âge de dix ans, chanta dans le meilleur style un Stabat mater avec accompagnement d'orchestre.

Après ce premier succès, elle ne rêva plus que théâtre et se passionna pour l'art musical.

Jacqueline Royer fut admise au Conservatoire de Paris en 1901 et entra pour le chant dans les classes d’abord d’Archainbaud auquel succéda Auguez, qui eut lui-même pour successeur Manoury ; ce qui fait que la charmante artiste eut, en trois ans, trois professeurs différents. Pour l'opéra, elle reçut les excellentes leçons de Lhérie.

Lauréate de chant en 1902, elle est sortie de notre Ecole nationale en 1904 avec un premier accessit de chant et un second prix d'opéra.

Engagée immédiatement par M. Gailhard, elle a débuté à notre Académie nationale de musique dans le rôle de Léonore de la Favorite aux côtés d’Affre et de Noté et y a remporté un vrai triomphe que son succès aux concours du Conservatoire avait du reste fait prévoir.

Sa voix, remarquablement timbrée et sagement conduite, son tempérament dramatique et son charme l'ont admirablement servie dans le rôle de Léonore.

Jacqueline Royer est une excellente recrue pour l'Opéra où elle rendra les plus grands services.

(Annuaire des Artistes, 1905)

 

Mlle Jacqueline Royer qui vient d’être applaudie à l’Opéra dans Léonore, de la Favorite, est un contralto, à la voix brillante et franche, tout récemment sortie du Conservatoire, où elle a suivi la classe de M. Manoury.

(la Vie heureuse, janvier 1905)

 

Lundi prochain aura lieu, à Libourne, le mariage de Mlle Marie-Jacqueline Royer avec M. Léon Richaud, gouverneur aux colonies. Mlle Royer abandonne la carrière théâtrale.

(l’Avenir d’Arcachon, 10 juin 1906)

 

Opéra de Paris, 14 décembre 1916.

Mlle Jacqueline Royer, retour d’Amérique, se faisait entendre dans Samson et Dalila, dont c’était la 400e représentation.

(Edmond Stoullig, les Annales du Théâtre et de la Musique, 1918)

 

C'est une chose toujours intéressante qu'une interprétation nouvelle d'un rôle du répertoire musical classique. Non pas qu'à proprement parler ce répertoire laisse grande latitude aux artistes pour y manifester quelque originalité. Les œuvres de cet ordre imposent certaines règles tant vocales que plastiques que l'on ne saurait éluder. Mais c'est précisément l'occasion de juger les interprètes que de les voir aborder pour la première fois des rôles de cette nature. Et comme l'œuvre elle-même est hors de cause, l'interprétation en augmente d'attrait.

Nous avons eu l'occasion, hier, entre deux portes de féliciter Mlle Jacqueline Royer de la brillante façon dont elle vient de passer à l’épreuve des Troyens où nous l'avons applaudie vendredi dernier dans le rôle de Didon.

Sa très belle personnification de la reine de Carthage, lui a valu le succès le plus mérité.

Le rôle lui convenait d'ailleurs à merveille. Originalement pour un mezzo très étendu, il était fait pour mettre en valeur le magnifique organe de cette sincère artiste.

« — C'est donner bien de l'importance à une chose qui en a fort peu, nous a dit Mlle Jacqueline Royer, que de parler de cela. Les Troyens sont au répertoire courant, et je ne vois pas que ce soit un tel événement — sinon pour moi — que l'interprétation que je viens d'en donner.

J'y ai mis tout mon cœur, en tout cas. car c'est un rôle que j'affectionne entre tous. D'abord parce que je suis une grande admiratrice de Berlioz. Et puis, parce que le personnage de Didon m'intéresse beaucoup.

Il y a dans l'esprit de cette reine une telle noblesse, une telle grandeur ! Elle devait faire trembler ses sujets rien que par son regard ! Et j'imagine qu'aucune souveraine n'a pu avoir plus de majesté dans l'attitude...

Mais si vous voulez dire quelque chose de ma première apparition dans ce rôle, dites surtout qu'elle a été pour moi l'occasion d'une grande joie dont je caressais l'espoir depuis longtemps. »

Mlle Royer nous permettra de dire aussi que cette joie fut partagée par plus d'un. Le public de vendredi le lui a bien témoigné. Et c'était toute justice.

(Marcel Silver, Comœdia, 29 décembre 1921)

 

Après une assez longue absence, Mme Jacqueline Royer nous est revenue. C'est fort heureux, car, grâce à sa voix chaudement étoffée, à sa sûreté vocale, à son excellente allure scénique, elle réalise intégralement l'ensemble des qualités tant recherchées à l'Opéra. Elle a campé, avec une autorité marquée, une Hérodiade tour à tour âpre et séductrice, dont l'organe généreux porte à souhait sans effort. Par leurs applaudissements, les spectateurs lui ont témoigné toute la sincère joie qu'ils prenaient à son retour.

(Lyrica, février 1924)

 

Mme Jacqueline Royer, que nous avons regretté de ne pas entendre cet hiver à Paris, tandis qu'elle remportait, tant à Marseille qu'à Nice et dans tout le Midi, le plus brillant succès, vient, au cours d'une représentation d'Aïda, aux Arènes d'Arles, d'interpréter, avec un triomphe véritable et justifié, le rôle d'Amnéris. Souhaitons que cette belle artiste reprenne bientôt à l'Opéra la place qui lui revient.

(Lyrica, juillet 1925)

 

Mme Jacqueline Royer part pour la Grèce et l'Orient, et, durant quelques semaines va propager l'art français : Debussy, Franck, Fauré, Duparc, Chausson, Ravel, Schmitt, Balliman, Caplet, etc., ne sauraient être mieux présentés que par une telle interprète que depuis trop longtemps Paris n'entend plus.

(Lyrica, septembre 1925)

 

 

 

 

 

Jacqueline Royer en 1924

 

 

 

 

 

 

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