Jacqueline SÉVESTE

 

 

 

Jacqueline Angélique Julie Laure dite Jacqueline SÉVESTE

 

mezzo-soprano français

(rue de l'Empereur, Montmartre [auj. Paris 18e], 07 août 1844* – 12 quai Ernest Renaud, Nantes, Loire-Atlantique, 13 décembre 1927*)

 

Fille de Sébastien dit Edmond SÉVESTE (1799 – Paris 5e, 28 février 1852), directeur de la Comédie-Française et de l'Opéra-National, et d'Anne QUIGNARD, mariés à Paris 5e le 03 novembre 1843.

Sœur de Jules Didier SÉVESTE (Paris 18e, 04 août 1846 Paris 1er, 31 janvier 1871*), acteur de la Comédie-Française.

Epouse à Paris 16e le 25 juin 1888* Edouard Jean NORMAND (Couhé, Vienne, 14 octobre 1818* – 30 mai 1896), industriel.

 

 

Elevée à la maison d'éducation de Saint-Denis, elle obtint à seize ans son diplôme d'institutrice, entra au Conservatoire en 1864, année où elle obtint un deuxième accessit de chant et un premier accessit d'opéra-comique, elle remporta en 1865 les deux seconds prix des classes de chant et d'opéra-comique, puis le premier prix d'opéra-comique à l'unanimité au concours de 1866. Elle débuta en septembre de la même année à la salle Feydeau, dans l'Epreuve villageoise (Denise) de Grétry. Théophile Gautier salua en elle une digne héritière de la Saint-Aubin. « Dès ses premiers pas sur les planches, Mlle Séveste y marchait d'un pied sûr et comme sur un terrain dont elle était maîtresse et souveraine ; aucune peur, apparente du moins, une aisance, une sécurité parfaites, pas le plus léger tremblement dans la voix. C'est une comédienne et une chanteuse toute formée et qui semble faite exprès pour l'opéra-comique. Elle dit le dialogue à ravir, met de l'esprit ; dans chaque détail, a une mimique sobre et juste, une physionomie expressive ; elle entre et elle sort comme si elle n'avait fait que cela toute sa vie. Sa voix est pure, agréable et conduite avec un art exquis ; on sent à l'entendre qu'elle a fait de sérieuses études. Son succès a été très grand. » Malgré un début aussi brillant, Mlle Séveste ne put obtenir aucun rôle important pendant les trois ans où elle fut engagée à l'Opéra-Comique. On lui fit jouer, à une reprise de l'Etoile du Nord de Meyerbeer (avril 1867), le personnage assez insignifiant de Natalie. Elle créa ensuite, Mademoiselle Sylvia, lever de rideau qui passa presque inaperçu, et représenta en dernier lieu Rita, de Zampa. Mlle Séveste ne renouvela pas son engagement et se tourna vers la scène italienne. Guidée par les meilleurs maîtres, elle fut bientôt en état de se distinguer comme donna di primo cartello. Elle se disposait à se faire entendre à Rome, quand la guerre de 1870 éclata. Elle resta avec sa mère et son frère à Paris pendant le siège. En 1871, elle se rendit au Caire, où elle fut accueillie avec enthousiasme. Revenue en France, elle parut pendant quelque temps dans la pièce du Roi Carotte, à la Gaîté (1872). En janvier 1875, elle fut engagée au théâtre royal de La Haye, où elle obtint le plus vif succès dans les premiers rôles d'opéra-comique et de grand opéra. Ensuite, elle s'est fait entendre au casino de Vichy, a donné à Moulins une représentation au bénéfice des inondés ; puis elle a signé un engagement avec le directeur du théâtre de Montpellier, pour la saison 1875-1876. Excellente comédienne et parfaite chanteuse, elle joignait le talent à la beauté. Elle fut nommée chevalier de la Légion d'honneur le 19 janvier 1910 en qualité de fondatrice et directrice d'une crèche, 12 quai Ernest Renaud à Nantes.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle débuta en septembre 1866 dans l'Epreuve villageoise (Denise) de Grétry.

 

Elle a chanté l'Etoile du Nord (Natalie) de Giacomo Meyerbeer ; Zampa ou la Fiancée de marbre (Rita) d'Herold.

 

Elle a créé le 17 avril 1868 Mademoiselle Sylvia de Samuel David.

 

 

 

 

Les anciens lauréats du Conservatoire - 1866

Le concours d’opéra-comique eut lieu le mardi 24 juillet 1866.

Le concours des élèves femmes fut très satisfaisant. Mlle Jacqueline Seveste remporta le premier prix. Sœur de Didier Seveste, qui avait obtenu le prix de comédie en 1863, elle était fille de l'ancien directeur du Théâtre-Lyrique, sous l'administration duquel cette scène vit les premiers développements de sa prospérité artistique. Mlle Seveste appartenait encore à l'école des comédiens qui ne croient pas qu'il soit tout à fait inutile d'apprendre à jouer la comédie ; il est peu d'élèves du Conservatoire qui aient aussi bien qu'elle profité des excellentes leçons du professeur Ernest Mocker.

Elle joua, au concours, une scène de Fior d'Aliza, de M. Victor Massé, ouvrage représenté à l'Opéra-Comique seulement quelques mois auparavant. Mlle Seveste, dont la voix était claire et le style assez élégant, se distinguait par une rare qualité : elle phrasait et articulait remarquablement. Elle mettait en application ce principe pittoresquement formulé par Adolphe Nourrit : « la prononciation, c'est l'étrier des chanteurs. »

Mlle Seveste, engagée à l'Opéra-Comique, y débuta un mois après les concours du Conservatoire, dans l'Epreuve villageoise. Sa distinction, sa gentillesse, son jeu spirituel et piquant firent songer à ce qu'avait été Mme Faure-Lefebvre dans ce joli rôle de Denise ; pour une débutante, rappeler de tels souvenirs, c'était un triomphe.

A l'époque de la guerre, Mlle Seveste n'appartenait plus à l'Opéra-Comique. En 1872, ainsi que quelques autres artistes sérieux, elle se laissa entraîner à la Gaîté dans l'aventure du Roi Carotte. Puis elle partit en province, où elle aborda l'emploi des premières chanteuses légères ; elle alla en Belgique, puis au Caire, puis revint dans nos premières villes et fut toujours et partout bien accueillie. Cet hiver elle est prima donna au théâtre d'Anvers, la ville du monde où l'on dit le plus de mal de la musique française et où l'on pourrait le moins s'en passer.

(le Figaro, 24 octobre 1881)

 

Une ancienne cantatrice de l'Opéra-Comique, Mlle Jacqueline Séveste, fille de l'ancien directeur des théâtres de banlieue, et sœur de Didier Séveste, l'artiste de la Comédie-Française, tué à Buzenval, vient d'épouser M. Edouard Normand, maire de Nantes, plusieurs fois millionnaire.

(Gazette anecdotique, 30 juin 1888)

 

 

 

 

 

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