SIMON-MAX

 

Simon-Max en 1895

 

 

Nicolas Marie SIMON dit SIMON-MAX

 

ténor et acteur français

(2 rue des Tuileries, Reims, Marne, 24 octobre 1847* – nuit du 26 au 27 avril 1923)

 

Fils de Nicolas Augustin SIMON (1801 – av. 1879), peigneur de laine, et de Marie-Louise GUÉRIN (1817 – av. 1879).

Epouse à Paris 10e le 21 mai 1879* (divorce le 20 février 1896) Juliette SIMON-GIRARD, cantatrice ; parents d’Aimé Max SIMON dit Aimé SIMON-GIRARD (Paris 11e, 20 mars 1889* – Paris 8e, 15 juillet 1950*), acteur et chanteur d’opérette, qui joua le Malade imaginaire (Cléante) de Molière à l’Opéra le 17 janvier 1922.

 

 

Il fit ses études musicales à Reims. Chansonnier dans les cafés-concerts il fut applaudi à Paris, Lyon, Anvers et Saint-Pétersbourg. Revenu à Paris en 1872 il se révéla dans le genre sérieux. Il débuta aux Folies-Dramatiques le 09 septembre 1875 dans Anatole de Quillembois ; y créa les Cloches de Corneville ; la Fille du Tambour-major ; Madame Favart ; la Princesse des Canaries ; le Beau Nicolas ; Fanfan la Tulipe ; la Fauvette du Temple ; etc. et reprit la Fille de Madame Angot ; Jeanne, Jeanne et Jeanneton ; etc. Il passa ensuite au Châtelet, à la Gaîté, aux Bouffes-Parisiens, à la Renaissance, et créa dans ces divers théâtres Mademoiselle Asmodée ; la Femme de Narcisse ; le Voyage de Suzette ; et reprit la Jolie Parfumeuse ; le Grand Mogol ; etc. Il fut quelquefois affiché sous le nom de MAX-SIMON. Il fut également directeur-fondateur de la Prévoyance théâtrale et directeur du Casino de Villerville (Calvados) de 1893 à 1913. En 1893, Simon-Max acquit une baleine échouée à Villerville dont il conserva la carcasse, le squelette et la peau pour l’aménager en théâtre comprenant 99 places ; installé en face de son Casino, la Jonas-Revue y est donnée dès le 1er juillet 1894, mais ce petit théâtre brûlera cette année-là lors d’un incendie au Casino de Paris où il avait été transporté.

En 1879, il habitait 68 rue du Faubourg-Saint-Martin à Paris 10e ; en 1895, 10 rue de Montholon à Paris 10e ; en 1911, 20 rue Génin à Saint-Denis, Seine [auj. Seine-Saint-Denis].

 

 

 

 

opérettes créées

 

le Hanneton de la Châtelaine de Georges Douay (Théâtre Taitbout, 28 mars 1875)

la Belle Poule (Poulet) d'Hervé (Folies-Dramatiques, 30 décembre 1875)

Fleur-de-Baiser de Cœdès (Folies-Dramatiques, 24 février 1876)

Jeanne, Jeannette et Jeanneton (Briolet) de Paul Lacôme (Folies-Dramatiques, 27 octobre 1876)

la Foire Saint-Laurent (Nicolas) de Jacques Offenbach (Folies-Dramatiques, 10 février 1877)

les Cloches de Corneville (Grenicheux) de Robert Planquette (Folies-Dramatiques, 19 avril 1877)

Madame Favart (Hector de Boispréaux) de Jacques Offenbach (Folies-Dramatiques, 28 décembre 1878)

Pâques fleuries de Paul Lacôme (Folies-Dramatiques, 21 octobre 1879)

la Fille du Tambour-major (Griolet) de Jacques Offenbach (Folies-Dramatiques, 13 décembre 1879)

le Beau Nicolas de Paul Lacôme (Folies-Dramatiques, 08 octobre 1880)

la Mère des compagnons (Gaston de Champrosé) d'Hervé (Folies-Dramatiques, 15 décembre 1880)

les Deux Roses d'Hervé (Folies-Dramatiques, 20 octobre 1881)

le Petit Parisien (Cottinet) de Léon Vasseur (Folies-Dramatiques, 16 janvier 1882)

Fanfan-la-Tulipe (Michel) de Louis Varney (Folies-Dramatiques, 21 octobre 1882)

la Princesse des Canaries (Inigo) de Charles Lecocq (Folies-Dramatiques, 09 février 1883)

Rip de Robert Planquette (Folies-Dramatiques, 11 novembre 1884)

les Petits Mousquetaires (Planchet) de Louis Varney (Folies-Dramatiques, 05 mars 1885)

la Fauvette du Temple (Joseph Abrial) d'André Messager (Folies-Dramatiques, 17 novembre 1885)

Ali-Baba (Zizi) de Charles Lecocq (Alhambra de Bruxelles, 11 novembre 1887)

le Dragon de la reine (Pamphile) de Léopold de Wenzel (Alhambra de Bruxelles, 25 mars 1888)

le Mariage avant la lettre d'Olivier Métra (Bouffes-Parisiens, 05 décembre 1888)

le Voyage de Suzette (Pinsonnet) de Léon Vasseur (Gaîté, 20 janvier 1890)

Mademoiselle Asmodée (Florestan) de Paul Lacôme et Victor Roger (Renaissance, 24 novembre 1891)

la Femme de Narcisse (Saint-Phar) de Louis Varney (Renaissance, 14 avril 1892)

Miss Robinson (Capédiou) de Louis Varney (Folies-Dramatiques, 17 décembre 1892)

Rivoli d'André Wormser (Folies-Dramatiques, 30 octobre 1896)

l'Auberge du Tohu-Bohu de Victor Roger (Folies-Dramatiques, 10 février 1897)

les Quatre filles Aymon (Pinsonnet) de Paul Lacôme (Folies-Dramatiques, 20 septembre 1898)

 

 

 

 

 

Simon-Max dans la Fille du Tambour-major (Griolet)

 

 

 

 

Epilogue :

En l'étude de Me Robert Dubail, avoué à Paris, seront vendues sur licitation au plus offrant et dernier enchérisseur :

1° La Villa Grenicheux, située à Bernières-sur-Mer (Calvados) ;

2° La Villa Serpolette, située au même lieu.

Aux requête, poursuite et diligence de dame Caroline-Julie-Joséphine Girard, épouse divorcée de M. Nicolas-Marie Simon, dit Simon-Max. Le temps est loin des amours fidèles de Serpolette* et de Grenicheux* !

[*rôles créés par les futurs époux dans les Cloches de Corneville]

(la Liberté, 16 avril 1897)

 

 

Né à Reims de parents commerçants. A l’âge de onze ans fait partie de la maîtrise de Saint-Rémy. Il y fait de bonnes études musicales sous la direction de son maître Ambroise Petit.

A 17 ans après avoir étudié la musique instrumentale avec M. Ménesson, ancien chef de musique de régiment, joue la basse si b à la société des régates rémoises ; chante aussi la chansonnette dans les cercles philharmoniques aux côtés du célèbre Berthelier. Sur les conseils de ce dernier se rend à Paris, chante dans plusieurs concerts, puis à Lyon, Saint-Etienne, Anvers et en Russie où il paraît devant le Tsar.

Rentré à Paris, inaugure le théâtre Taitbout, est remarqué par Cantin et engagé par lui aux Folies-Dramatiques où il débute dans les Cent-Vierges, la presse le lendemain relatait son grand succès non seulement comme chanteur mais aussi comme comédien. On lisait : Enfin, M. Cantin vient de trouver le merle blanc de l'opérette. Viennent ensuite toutes ses brillantes créations : les Cloches de Corneville, Madame Favart, la Fille du Tambour-major, le Beau Nicolas, la Fauvette du Temple, Rip, la Princesse des Canaries ; à la Gaité : le Dragon de la Reine, le Grand Mogol, le Voyage de Suzette ; à la Renaissance : Mademoiselle Asmodée, la Jolie parfumeuse, la Femme de Narcisse.

Il devient philanthrope car il crée une société artistique à laquelle il donne le nom de : Prévoyance Théâtrale, il est récompensé à l'Exposition du théâtre et de la musique au Palais de l'Industrie. Le Jury lui décerne une médaille d'argent. Puis il devient directeur d'un théâtre original qu’il crée : le théâtre de la baleine. Cette attraction intéressait grands et petits, car cette baleine contenait dans son sein un muséum d'histoire naturelle d'une réelle valeur. Le spectacle qui se donnait sur la scène construite dans la tête de l'animal se composait de chansons imagées dont Simon-Max était l'auteur et le compositeur. Un incendie a détruit ce théâtre original coûtant à son auteur une grosse partie de ses économies. Ensuite il devient Directeur artistique du Théâtre Mondain. Il y monte des comédies, opéras-comiques et des revues mondaines.

Puis il revient au berceau de ses premiers succès aux Folies-Dramatiques, crée Cassemajou de Rivoli, Fripard de la Carmagnole, l’Auberge du Tohu-Bohu, les Quatre filles Aymon. Puis profitant de la liberté forcée que lui impose l’installation de l’Opéra populaire dans l’immeuble des Folies, il se fait chansonnier en interprétant ses œuvres, et, dans une seconde scène comique intitulée Sauvons l’Exposition, il chante de nombreuses chansons avec un véritable succès.

Puis il est demandé à Trianon pour jouer Grégoire de Niniche et le rôle de Smithson de Miss Helyett.

M. O. de Lagoanère, directeur du théâtre de la Renaissance, se l’attacha. L’engagement portait cette mention spéciale : « M. Simon-Max tiendra l’emploi des premiers comiques et les Berthelier. »

M. Simon-Max, en ce moment au théâtre des Mathurins, est très fêté dans son répertoire de chansons.

(Annuaire des Artistes, 1902)

 

 

Nous apprenons avec regret la mort subite de M. Simon-Max.

M. Simon-Max fut un de nos plus brillants chanteurs d’opérette ; il créa sur les différentes scènes parisiennes et en particulier, aux Folies-Dramatiques, la plupart des chefs-d’œuvre de Planquette, Hervé, Audran, Lecocq. Il fut le partenaire applaudi des Baron, Cooper, Milher, Vautier, Jeanne Granier, Théo, Judic, Simon-Girard qu’il épousa.

Depuis quelques années, après avoir toutefois joué la comédie, il avait quitté le théâtre.

Il était le père de l’artiste bien connu Aimé Simon-Girard, à qui nous adressons nos vives et sincères condoléances.

(la Rampe, 06 mai 1923)

 

 

 

 

Théâtre de la Baleine, affiche de 1894

 

 

 

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