Eugène SIZES

 

Eugène Sizes en 1929/1930 (photo L. Roosen)

 

 

Eugène Gabriel SIZES dit Eugène SIZES

 

baryton français

(allée des Zéphirs, Toulouse, Haute-Garonne, 12 mai 1872* – Paris 17e, 23 mars 1946*)

 

Fils d’Antoine SIZES, garde du canal (1824 ), et de Marie OUSTRIC (1829 ).

Frère de Napoléon Gabriel SIZES (Castelnaudary, Aude, 16 mars 1856* – Toulouse, 07 février 1919), compositeur et professeur de musique au Conservatoire de Toulouse.

Epouse 1. à Toulouse le 24 octobre 1896* Léa Adeline MALIQUET (Vienne, Isère, 04 septembre 1871* – Neuilly-sur-Seine, Seine [auj. Hauts-de-Seine], 09 août 1913*).

Epouse 2. à Paris 9e le 27 octobre 1914* Paule Berthe Adrienne NALTET (Paris 11e, 25 juin 1892* Casablanca, Maroc, 23 novembre 1971) ; parents de Jacques Ferdinand Jules SIZES (Paris 17e, 30 octobre 1915* – Suresnes, Hauts-de-Seine, 13 mai 1981).

 

 

Au Conservatoire de Paris, il obtint une 3e médaille de solfège en 1891, et un premier prix d’opéra en 1896. Il chanta à l’Opéra de Paris et à l’Opéra-Comique, où il chanta Don José, rôle de ténor. En mars 1907, il participa à la première en France, lors d’une représentation privée au Petit Théâtre à Paris, de Salomé (Hérode) de Richard Strauss, sous la direction de Walter Straram. Il fut professeur de déclamation lyrique (opéra-comique) au Conservatoire de Paris du 16 octobre 1911 au 30 septembre 1940, en remplacement de Ferdinand Hector Dupeyron, décédé ; le 03 août 1936, il fut nommé à ce titre chevalier de la Légion d’honneur. Il composé quelques mélodies.

En 1903, il habitait 69 rue d’Hauteville à Paris 10e ; en 1922, 2 square de Tocqueville à Paris 17e ; en 1942, 1 rue Fernand-Cormon à Paris 17e, où il est décédé.

 

 

 

Bottin mondain de 1942

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Il y débuta le 03 février 1897 dans Rigoletto (Rigoletto).

 

Il y chanta Roméo et Juliette (Mercutio, 1897) ; Faust (Valentin, 20 octobre 1897 ; Wagner, 1898) ; la Burgonde (Hagen, 25 juin 1899) ; Salammbô (Spendius, 20 septembre 1899) ; les Maîtres chanteurs de Nuremberg (Beckmesser, 1913) ; les Joyaux de la Madone (Raphaël, 03 novembre 1913) ; Monna Vanna (Guido, 02 février 1918).

 

Il y participa à la première le 24 novembre 1917 de Jeanne d’Arc (Charles VII) de Raymond Rôze [version française de Joseph Coudurier de Chassaigne].

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y débuta le 11 septembre 1903 dans Carmen (don José).

 

Il y participa à la première le 13 octobre 1903 de la Tosca (Spoletta) de Giacomo Puccini [version française de Paul Ferrier].

 

Il y créa le 16 mars 1904 la Fille de Roland (Ragenhardt) d’Henri Rabaud.

 

 

 

 

 

mélodies

 

Forgeron de chez nous (le), chanson, poésie de Jean Franc, musique arrangée par Eugène Sizes (1913) => partition

Hé ! batelier, chanson, poésie de Jean Franc, musique d'Eugène Sizes (1913) => partition

Trois mélodies pour chant et piano, poésies de Gaston Beyle, musique d'Eugène Sizes : 1. Fleurs fanées, amours perdues ; 2. les Âmes des Fleurs ; 3. Immortel Amour.

 

 

                                                                

 

Fleurs fanées, amours perdues                                                                                                                                       les Âmes des Fleurs

 

 

 

 

 

Premier baryton à l’Opéra.

Est né à Toulouse le 12 mai 1872. Il fit les plus sérieuses et les plus rapides études musicales sous la direction de son frère aîné, professeur des plus distingués et des plus en renom du département de la Haute-Garonne.

Eugène Sizes commença, dès l’âge de cinq ans, l’étude du piano et suivit les cours du Conservatoire de sa ville natale. C’était déjà un virtuose remarquable, interprétant Beethoven dans la perfection, lorsque, en 1895, M. Gailhard, l’entendant chanter, lui prédit un brillant avenir à l’Opéra s’il voulait cultiver ses dispositions vocales. Sitôt dit, sitôt fait.

Eugène Sizes partit pour Paris, entra au Conservatoire dans la classe de M. Duvernoy pour le chant et dans celle de M. Giraudet pour la déclamation lyrique… la même année il remportait un brillant premier prix et six mois après débutait en septembre 1896 avec éclat, à l’Opéra, dans Rigoletto.

Depuis il a chanté successivement : Roméo et Juliette ; Faust ; Salammbô ; la Burgonde ; Joseph ; etc.

(Annuaire des artistes, 1902)

 

 

M. Carré, directeur de l'Opéra-Comique, vient d'engager pour tenir l'emploi des ténors M. Eugène Sizes qui obtint, au Conservatoire, un premier prix comme baryton.

Engagé à l'Opéra, où il n'eut que de rares occasions de se produire, M. Sizes se découvrit une voix de ténor, il se remit au travail, et il débutera la saison prochaine dans don José de Carmen et Mylio du Roi d'Ys.

(le Petit Parisien, 27 février 1903)

 

 

L'avisé directeur de l'Opéra d'Alger, le ténor Audisio, a eu l'excellente idée de faire appel au talent d'Eugène Sizes, qui a trop tôt abandonné la scène pour se consacrer au professorat.

Eugène Sizes vient de remporter de magnifiques succès dans chacune des œuvres qu'il interpréta. Nous nous en réjouissons sincèrement à Lyrica où il ne compte que des amis.

Voici quelques extraits de la presse algéroise :

La Dépêche Algéroise :

« A l'Opéra. — Rigoletto.

Il y a bien longtemps que nous n'avions vu paraître sur l'affiche le populaire opéra de Verdi. La reprise qui en a été faite hier a été, dans l'ensemble, excellente. Le public y a pris un grand plaisir et les amateurs du « bel canto » ont eu loisir de se divertir à leur aise.

M. Sizes a trouvé, dans le rôle de Rigoletto, un de ses meilleurs succès. Il a composé son personnage avec ce soin précis qui marque toutes ses interprétations. Les situations pathétiques qui abondent dans le livret, et les accents vigoureux que le compositeur y a ajoutés ont trouvé, dans sa maîtrise dramatique et vocale, une traduction hors de pair, dont le mérite a été particulièrement sensible dans la grande scène du troisième acte, où l'infortuné bouffon reçoit les aveux de sa fille. Aussi. M. Sizes a-t-il été, à cet endroit, l'objet d'une ovation chaleureuse qui l'obligea de chanter à nouveau les phrases qu'il venait de dire avec une si heureuse réussite. »

(Lyrica, mars 1928)

 

 

M. Eugène Sizes de l'Opéra, que le public algérois a tant applaudi et ovationné, est professeur au Conservatoire de Paris depuis 1911, c'est dire qu'il fut choisi alors, que jeune encore, il était en pleine carrière théâtrale à l'Opéra, où il succédait dans le rôle de Beckmesser des Maîtres Chanteurs, au grand baryton Renaud dont il est fier de suivre les traces ; nous ne parlerons pas de ses succès d'artiste puisque dans les différents rôles qu'il a interprétés sur notre scène, il a donné à chacun d'eux la nature de voix qu'il convenait et la science scénique connue seulement de la grande phalange de quelques-uns de nos grands artistes, mais nous parlerons de ses succès de professeur qui sont nombreux ! De sa classe sont sorties parmi les plus connues Mlle Yvonne Brothier, la si fine et délicieuse artiste de l’Opéra-Comique ; Mme Marguerite Soyer, de l’Opéra-Comique, qu’hier encore nous acclamions aux côtés de son maître dans les rôles de Tosca, le Chemineau, Faust, Madame Butterfly, etc. Enfin citons notre belle et talentueuse compatriote Marisa Ferrer, qui fit de si brillants débuts à l’Opéra, qui y créa un magnifique Chevalier à la rose et dont l’avenir apparaît auréolé d’éclatants succès.

Notre vœu le plus cher est de réentendre le plus souvent possible ce magnifique artiste, et comme il est certain qu’un tel professeur doit être aimé de ses élèves, notre désir est que ses éminentes disciples l’entourent et qu’elles recueillent à ses côtés les mêmes succès que lui-même a remportés sur notre scène lyrique.

(l’Afrique du Nord illustrée, 31 mars 1928)

 

 

Les chanteurs décorés.

Eugène Sizes, c'est d'abord la musique, puis le tempérament, le tout accroché à un organe très Toulousain.

D'abord pianiste, il fut vite brûlé de l'ambition d'égaler les jeunes chanteurs qu'il accompagnait. C'est ainsi que du Conservatoire de sa ville natale, il arriva à celui de Paris, en sortit lauréat et débuta brillamment à l'Opéra dans Rigoletto.

Il alla, ensuite jusqu'au Métropolitain de New York où je le connus.

De retour, il faillit compromettre sa jeune carrière en voulant devenir ténor, et y réussit en partie, puisqu'il chanta Carmen à l'Opéra-Comique. Mais après cet essai il eut la sagesse de reprendre son baryton de tout repos.

Attiré par le professorat, il obtint très jeune encore, une classe de déclamation lyrique au Conservatoire où il se consacre avec son ardeur méridionale à la préparation des futurs artistes lyriques.

Eugène Sizes est l'un des amis les plus sympathiques que je connaisse et je suis sûr que tout le monde du théâtre et de la musique se réjouit, avec moi, de sa décoration.

(Thomas Salignac, Lyrica, oct-déc. 1936)

 

 

 

 

 

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