Henry TALON

 

Henry Talon dans la Moissonneuse (Juliani), dessin d’Alexandre Lacauchie (1853)

 

 

Gilles TALON dit Henry TALON

 

ténor français

(Toulon, Var, 11 juin 1822* Marseille, vers 1900)

 

Fils naturel de Gilles Antoine TALON (Nice, 1801 ), portefaix, et de Marie PICARD (Toulon, 1799 ).

 

 

Après de rapides études primaires, il entra en apprentissage chez un peintre en voitures de la ville. Admis dans le chœur Piffard en raison de sa jolie voix, il y travailla sous la direction du violoniste Adolphe Guiol. Il débuta en 1841 au théâtre de sa ville natale, puis fut engagé comme premier ténor léger par le théâtre d'Aix. Il chanta en province (Toulon, 1851, en tant que fort premier ténor) et, en 1852, fut engagé au Théâtre-Lyrique du boulevard du Temple à Paris. L’année suivant, il était au Grand-Théâtre de Bordeaux en tant que premier ténor. En 1858, il était au Théâtre de Gand en tant que fort ténor, et chanta cette année-là au Théâtre d’Anvers Lucie de Lammermoor (17 novembre) et la Muette de Portici (20 décembre) et, en 1862, chanta à la Monnaie de Bruxelles. Il fut directeur du Grand-Théâtre de Toulon pour la saison 1873-1874. Son nom fut également écrit TALLON.

 

 

 

 

Sa carrière au Théâtre-Lyrique

 

Il y débuta le 04 septembre 1852 en créant Si j’étais roi ! (Zéphoris) d’Adolphe Adam.

 

Il y créa le 11 mars 1853 les Amours du Diable (le comte Frédéric) d’Albert Grisar ; le 03 septembre 1853 la Moissonneuse (Juliani) d’Adolphe Vogel ; le 31 décembre 1853 Elisabeth ou la Fille du Proscrit (le comte Alexis Vanikoff) de Gaetano Donizetti ; le 24 février 1854 la Fille invisible d’Adrien Boieldieu ; le 20 mai 1854 Maître Wolfram (Frantz) d’Ernest Reyer.

 

 

 

 

 

Un jeune amateur de notre ville, M. Henry Talon, a chanté en l'absence du ténor léger, le rôle de Ruoldi dans Guillaume Tell. Ce jeune homme possède une voix très agréable et d'une grande justesse ; il a de plus fait preuve de goût dans les délicieux couplets du 1er acte : accours dans ma nacelle, ce qui prouve non seulement de l'intelligence, mais encore une organisation musicale, bien inappréciable qui ne s'achète pas. La carrière de ce jeune homme sera très brillante s'il se destine au théâtre.

(le Toulonnais, 24 octobre 1841)

 

 

Grand-Théâtre de Bordeaux.

Nous avons promis, chers lecteurs, de vous entretenir des représentations de M. Tallon, ex-premier sujet du Théâtre-Lyrique ; nous nous exécutons de bonne grâce. C’est dans Si j’étais roi ! et la Dame blanche que le jeune ténor léger s’est présenté au public. M. Tallon est doué d’une voix de poitrine étendue ; il possède une très jolie voix mixte, mais la voix de tête n’est pas irréprochable. On trouve dans cet organe plus de grâce que de sympathie. Soit nature, soit résultat de fatigue, il pousse le son et, par suite, n’est-il pas toujours entièrement le maître de poser convenablement ceux qui suivent ; comme comédien, M. Tallon a du naturel, il l’a prouvé dans Zéphoris ainsi que dans Georges Brown ; s’il peut se débarrasser, dans le dialogue, de quelques intonations nasillardes, il sera bientôt tout à fait agréable. C’est dire assez que les qualités l’emportent et que nous verrions avec plaisir se continuer la série des représentations de cet artiste. En cet endroit qu’il nous soit permis de prier les vrais amis de l’art d’être modérés dans leurs manifestations ; les bravos fréquents et trop obstinés retombent lourdement sur l’artiste lui-même en ce qu’ils ne manquent jamais de provoquer des chut ! désobligeants.

(la Lorgnette, 26 août 1855)

 

 

 

 

 

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