Eugène TROY

 

 

 

Eugène Louis TROY dit Eugène TROY

 

basse française

(15 rue de Tounis, Toulouse, Haute-Garonne, 18 avril 1836* – 28 cours des Casernes, Montpellier, Hérault, 11 juin 1871*)

 

Fils de Jean Gabriel Louis TROY, fabriquant chapelier, et de Catherine CABANES, ménagère.

Frère d’Étienne TROY, baryton.

Epouse à Paris 10e le 08 août 1867* Marie Antoinette VIEL (Cette [auj. Sète], Hérault, 04 mai 1849 – ap. 1908) [sœur d’Emilie Lucie VIEL qui épousa son frère Étienne TROY].

Parents de Catherine Eugénie Violette TROY(Paris 5e, 07 juillet 1868* –) [épouse à Paris 18e le 16 juin 1902* (divorce le 05 novembre 1913) Frédéric Alfred LAVALLEZ] ; d’Eugène Louis TROY (Paris 5e, 05 août 1869* –), ténor puis artiste dramatique [épouse 1. à Paris 18e le 16 juin 1902* (divorce le 19 novembre 1906) Laure SONNEFELD ; 2. à Paris 9e le 18 janvier 1908* (divorce le 16 juin 1913) Marie SAULNIER (Paris 10e, 12 mars 1872* –), artiste dramatique].

 

 

Elève du grand baryton Jean-Baptiste Faure au Conservatoire de Paris, il y obtint en 1855 un 3e accessit de chant, en 1856 les seconds prix, puis en 1857 les premiers prix de chant et d’opéra-comique. Il chanta à l’Opéra-Comique (1857-1864), au Théâtre-Lyrique (1864-1866), à la Monnaie de Bruxelles (1869-1870), où il créa le 14 mars 1870 les Roussalkas (prince Léo) de la baronne de Maistre, et chanta les premières le 11 févier 1870 d’Une folie à Rome de Federico Ricci, et le 22 mars 1870 de Lohengrin (Frédéric de Telramund) de Richard Wagner [version française de Nuitter]. Il chanta également au Théâtre Royal d’Anvers (les Roussalkas, 31 mars 1871). Il a été nommé Troy aîné pour le différencier de son jeune frère, le baryton Etienne Troy.

En 1867, il habitait 145 boulevard Saint-Michel à Paris 5e.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y débuta le 07 août 1857 dans Haydée (Malipieri).

 

Il y créa le 07 juin 1859 Italie, cantate de Fromental Halévy ; le 12 août 1859 Voyage autour de ma chambre (L’Aramée) d’Albert Grisar ; le 26 septembre 1859 la Pagode de Benoît-Constant Fauconnier ; le 29 novembre 1859 Yvonne d’Armand Limnander ; le 02 février 1861 la Circassienne (Aboul-Kazim) d’Esprit Auber ; le 18 mars 1861 Maître Claude (le Duc d’Aiguillon) de Jules Cohen ; le 28 mai 1861 la Beauté du Diable de Jules Alary ; le 17 juin 1861 Marianne (le Comte) de Théodore Ritter ; le 15 août 1861 Cantate, cantate de Jules Duprato ; le 15 août 1862 le Quinze août aux champs, cantate d’Ernest Boulanger ; le 15 août 1863 Après la victoire !, cantate d’Alfred Lefébure-Wély.

 

Il y participa à la première le 24 août 1863 des Amours du Diable d’Albert Grisar.

 

Il y chanta les Méprises par ressemblance de Grétry ; Zémire et Azor de Grétry ; les Monténégrins (1858) ; le Pardon de Ploërmel (Hoël, 1860) ; le Toréador ; Rose et Colas (Mathurin, 1862) de Monsigny ; Galatée (1863).

 

 

Sa carrière au Théâtre-Lyrique

 

Il y débuta le 09 septembre 1864 en participant à la première de Don Pasquale (Malatesta) de Gaetano Donizetti [version française de Royer et Vaez].

 

Il y créa le 27 avril 1867 Roméo et Juliette (Capulet) de Charles Gounod ; le 23 octobre 1867 les Bleuets (Mengo) de Jules Cohen.

 

Il y participa à la première le 23 février 1865 de la Flûte enchantée (Papageno) de Mozart [version française de Nuitter et Beaumont] ; le 21 avril 1865 de Macbeth (officier du Palais) de Giuseppe Verdi [version française de Nuitter et Beaumont] ; le 16 décembre 1865 de Martha (Plumkett) de Friedrich von Flotow [version française de Saint-Georges et Crevel de Charlemagne] ; le 08 mai 1866 de Don Juan (Leporello) de Mozart [version française].

 

Il y chanta Robin des Bois [le Freischütz] (Gaspard, 02 décembre 1866) ; Faust (Méphistophélès, 28 juin 1867).

 

 

 

 

 

Encore un Toulousain. Ancien pensionnaire de l'Opéra-Comique, Troy a fait un bon début dans la Flûte enchantée. Sa voix est sonore et pleine, je lui reproche de la dureté. Troy a la taille des chasseurs de Vincennes ; c'est un petit homme noir et trapu qui se plaint toujours de ne pas assez travailler. Comme son camarade Ismaël, il s'emporte facilement ; c'est un très honnête homme, seulement un peu bourru. Élève du Conservatoire et premier prix, il a débuté à l'Opéra-Comique dans Malipieri d'Haydée. Bonne voix, trop petit pour son emploi, dans Haydée, il avait l'air d'un enfant qui eût endossé l'armure d'un cuirassier.

(Yveling Rambaud et E. Coulon, les Théâtres en robe de chambre, 1866)

 

 

Elève de Ponchard et de Faure, il fit de brillantes études au Conservatoire et remporta au concours de 1857 les premiers prix de chant et d'opéra-comique. Il débuta, au mois de septembre de la même année, à la salle Favart, par le rôle de Malipieri d'Haydée. Sa voix de baryton avait beaucoup de puissance et de souplesse et sa vocalisation était parfaite. Parmi les pièces dans lesquelles il joua avec le plus de succès, nous citerons : les Monténégrins (1858) ; la Pagode (1859) ; le Pardon de Ploërmel (1860), où il remplit le rôle d'Hoël ; la Circassienne (1861) ; le Toréador et Galatée (1863). Engagé au Théâtre-Lyrique, il interpréta avec un grand succès les rôles du docteur, de Don Pasquale (1864) ; de Papageno, de la Flûte enchantée ; de Plumkett, de Martha (1865) ; de Caspar, du Freischütz (1866) ; de Capulet, de Roméo et Juliette ; de Méphistophélès, de Faust (1867). Après la fermeture, en 1868, du Théâtre-Lyrique et de la Renaissance (salle Ventadour), sous la direction Carvalho, Troy quitta Paris et alla tenir à Toulouse le double emploi de baryton de grand opéra et de première basse d'opéra-comique. En 1869, il contracta un engagement avec le théâtre de la Monnaie, à Bruxelles. Il était fort aimé du public, quand il mourut subitement, après un courte maladie.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1866-1876)

 

 

C'est bien M. Troy, l’ancien artiste de l'Opéra-Comique, qui vient de mourir à Montpellier.

Au Théâtre-Lyrique, où il fut engagé après plusieurs années passées à la salle Favart, il joua avec succès Don Pasquale ; Papageno, dans la Flûte enchantée ; Plumkett, dans Martha ; Leporello, dans Don Juan ; Capulet, dans Roméo et Juliette ; etc.

Quand il quitta Paris, Troy alla tenir à la Monnaie de Bruxelles l'emploi de basse-chantante et de baryton.

Pendant la saison qui vient de finir, il chantait à Amers, où il donna sa dernière représentation le 30 avril dernier. Il fit ses adieux au public dans Martha, en compagnie de Jourdan, de mesdemoiselles Singelée et Castan.

Eugène Troy n’avait que 35 ans.

(le Figaro, 27 juin 1871)

 

 

Un des meilleurs chanteurs du Théâtre-Lyrique. On n'a pas oublié avec quel succès il créa le rôle de Papageno, dans la Flûte enchantée, et du vieux Capulet, dans Roméo et Juliette. Troy est mort jeune encore, subitement, alors que rien ne pouvait faire présager qu'il serait aussitôt enlevé à l’art et à ses amis.

(la Liberté, 02 janvier 1872)

 

 

[les Mousquetaires de la Reine à la Monnaie de Bruxelles le 09 septembre 1869]

Troy, basse chantante et baryton de grand opéra, fut le héros de la soirée.

Ce dernier paraissait sous les traits du capitaine Roland. Au milieu de son grand air éclatèrent des applaudissements si prolongés que l'orchestre fut contraint de s'arrêter. Mais Troy avait continué... Lorsqu'il s'aperçut que l'accompagnement lui faisait défaut, il s'arrêta à son tour. Puis, sur un signe du maestro, orchestre et chanteur attaquent de nouveau, bien en même temps et parfaitement en mesure, — mais pas du tout au même endroit. Les musiciens essayent vainement de « rattraper » l'intrépide Troy, qui continuait bravement, et prennent le sage parti de se taire. L'air du capitaine Roland fut terminé sans le concours de l'orchestre, les musiciens s'étant donné rendez-vous au point d'orgue, où ils retrouvèrent avec eux le public qui couvrit leurs accords de ses bravos.

(Jacques Isnardon, le Théâtre de la Monnaie, 1890)

 

 

[Eugène Troy fils]

Le dimanche 1er avril, M. et Mlle Bressel donnaient à la Salle de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, l’audition annuelle de leurs élèves. […] Un jeune ténor plein d’avenir, M. Eugène Troy, a eu également une large part de succès.

(l’Univers, 06 avril 1894)

 

 

 

 

 

 

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