Valérie TUAL

 

Valérie Tual, photo Louis Bacard [Musée Carnavalet]

 

 

Marie Valérie TUAL dite Valérie TUAL

 

soprano français

(Saint-Cloud, Seine-et-Oise [auj. Hauts-de-Seine], 23 mai 1836* villa Cusco, quartier Mont-Boron, Nice, 31 mars 1883*), enterrée au cimetière Notre-Dame de Versailles.

 

Fille de Mathurin TUAL, horloger, et de Julie Alexandrine CHEVALIER.

 

 

Elève au Conservatoire de Paris de Masset pour le chant et de Moreau-Sainti pour l’opéra-comique, elle y obtint en 1857 un 2e accessit d’opéra-comique, et en 1859 un 1er accessit d'opéra-comique et un 2e accessit de chant. En mars 1860, elle fut engagée à l'Opéra-Comique. En 1865, elle fut engagée au Théâtre-Lyrique, où elle créa les Dragées de Suzette et les Bleuets. Elle revint le 13 mai 1868 à l'Opéra-Comique, où elle créa Vert-vert d’Offenbach (1869), et se retira en 1871.

Elle est décédée, célibataire, dans la villa du docteur Gabriel Cusco.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle y débuta le 06 mars 1860 Fra Diavolo (Zerline).

 

Elle y créa le 04 mars 1861 le Jardinier galant (Clairette) de Ferdinand Poise ; le 17 juin 1861 Marianne (la Comtesse) de Théodore Ritter ; le 11 décembre 1861 les Recruteurs d’Alfred Lefébure-Wély ; le 10 janvier 1862 Jocrisse (Nicette) d’Eugène Gautier ; le 17 février 1862 le Joaillier de Saint-James (Betzy) d’Albert Grisar ; le 11 janvier 1864 la Fiancée du roi de Garbe (Alaciel) d’Esprit Auber ; le 21 mars 1864 Lara (Casilda) d’Aimé Maillart ; le 08 mars 1865 le Saphir (Olivier) de Félicien David ; le 10 mars 1869 Vert-Vert (Emma) de Jacques Offenbach.

 

Elle y participa à la première le 29 octobre 1861 d’Au travers du mur du prince Poniatowski ; le 24 août 1863 des Amours du Diable d’Albert Grisar ; le 10 mai 1869 de Jaguarita l’Indienne (Eva) de Fromental Halévy.

 

Elle y chanta Rose et Colas (Rose, 50e le 25 décembre 1862 ; 100e le 28 décembre 1864) de Monsigny ; Zémire et Azor de Grétry ; les Rendez-vous bourgeois (Louise, 13 mai 1868) de Niccolo Isouard ; la Dame blanche (1871).

 

 

Sa carrière au Théâtre-Lyrique

 

Elle y débuta le 01 septembre 1865 dans la Flûte enchantée (Papagena).

 

Elle y créa le 13 juin 1866 les Dragées de Suzette (Suzette) d’Hector Salomon et le Sorcier d’Anaïs Marcelli ; le 23 octobre 1867 les Bleuets (Sœur Dorothée) de Jules Cohen.

 

 

 

 

 

A l’Opéra-Comique, une jeune et gracieuse artiste, Mlle Valérie Tual, a débuté dans le rôle de Zerline de Fra Diavolo. Mlle Tual est élève de M. Masset pour le chant, et de M. Moreau-Sainti pour l’opéra-comique ; nous l’avions applaudie aux derniers concours du Conservatoire, et les applaudissements de la rue Bergère ne peuvent tarder de trouver leur réplique officielle dans la salle Favart. La débutante possède des qualités appropriées à la scène qu’elle aborde. Sa personne a été fort goûtée. Elle a rendu d’une façon piquante les couplets du déshabillé.

(J. Lovy, le Ménestrel, 11 mars 1860)

 

 

Une brune piquante, une vraie soubrette de comédie, l'œil à fleur de tête, le regard tendre, le sourire aux lèvres, laissant voir trente-deux perles de la plus belle eau : telle est mademoiselle Tual, une dugazon accorte qui vient d'arriver au Lyrique en sortant de l'Opéra-Comique.

Mademoiselle Tual est très gracieuse ; ajoutez à cela une bonne voix et beaucoup de diable au corps, en voilà plus qu'il n'en faut pour réussir dans les dugazons.

(Yveling Rambaud et E. Coulon, les Théâtres en robe de chambre, 1866)

 

 

Nous apprenons l’engagement de mademoiselle Valérie Tual aux Folies-Nouvelles pour créer un rôle important dans l’opérette de M. Hervé, Aladin, qui a été joué cet été à Londres.

(le Figaro, 28 octobre 1871)

 

 

Mlle Valérie Tual vient de mourir à Versailles, où elle s'était retirée.

Elle avait fait partie, il y a douze ou quinze ans, de la troupe de l'Opéra-Comique, où elle créa plusieurs rôles, surtout dans les pièces en un acte. Douée d'une jolie voix, très bonne musicienne, ses succès d'artiste ne dépassèrent cependant pas une honnête moyenne : la pauvre jeune femme était, dès qu'elle mettait le pied sur la scène, paralysée par une peur atroce qui lui étreignait la gorge et lui enlevait la plupart de ses moyens. C'est après s'être bien convaincue qu'elle ne pourrait jamais dompter cette peur bleue, qu'elle renonça définitivement au théâtre et se retira dans la ville du grand roi.

Au Lyrique, où elle passa aussi quelques années, elle avait créé des rôles dans les Bleuets et dans les Dragées de Suzette.

(le Figaro, 13 avril 1883)

 

 

C’est avec un vif regret que nous apprenons la nouvelle de la mort d’une charmante artiste, Mlle Valérie Tual, qui avait quitté la scène depuis quelques années malgré les succès qu’elle y obtenait. Elle avait chanté à l’Opéra-Comique et surtout à l’ancien Théâtre-Lyrique, où elle créa, entre autres rôles, celui de l’abbesse dans les Bluets, un opéra-comique en quatre actes de M. Jules Cohen.

(le Ménestrel, 15 avril 1883)

 

 

 

 

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