Esther Eliza VAN GELDER

 

Mme Julian Van Gelder, lithographie de Marie-Alexandre Alophe, 1847

 

Esther Eliza JULIAN, dame VAN GELDER

 

mezzo-soprano français

(Bordeaux, Gironde, 07 mars 1819 – Bayonne, Pyrénées-Atlantiques, 25 janvier 1895*)

 

Epouse à Lille, Nord, le 14 octobre 1844* Benjamin VAN GELDER (La Haye, Pays-Bas, 14 janvier 1819 – ap. 1895), professeur de piano hollandais, qui mourut professeur de musique au lycée de Bayonne [fils d'Isaac VAN GELDER, professeur de musique à l'Académie royale de La Haye] ; parents d'Isaac Georges VAN GELDER (Paris 2e, 22 août 1845 –), professeur de sciences [père de Marguerite VAN GELDER, cantatrice].

 

 

Au Conservatoire de Paris, où elle fut élève du baryton Martin, puis du ténor Marco Bordogni, elle obtint en 1835 un accessit de solfège ; en 1836, un second prix de solfège et un second prix de chant ; en 1837, un premier prix de chant. Elle a chanté à Paris (Opéra, 1840), Bruxelles (1840), Toulon, Dijon, Nantes, Marseille (1842), Lille (1843), Bordeaux (1844), Strasbourg, Lyon (1845), Toulouse (Capitole, 1846), Paris (Opéra, 1847), Londres (où elle chanta sous le nom de Mme Giuliani, 1848), Anvers, Hollande, Barcelone (1854). Elle chanta également au Théâtre Italien de Paris (sous le nom de Mme Giuliani), où elle débuta le 19 novembre 1850 dans Norma (Adalgisa).

En 1875, elle habitait avec son mari à Bayonne.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Elle y débuta le 27 avril 1840 dans Robert le Diable (Alice).

 

Elle y chanta la Juive (Rachel, 1840) ; les Huguenots (Valentine, 1840) ; Guillaume Tell (Jemmy).

 

Elle créa le 26 novembre 1847 Jérusalem (Hélène) de Giuseppe Verdi.

 

 

 

 

 

Un brillant engagement vient d'appeler au théâtre royal de Barcelone, Mme Julian Van Gelder, cantatrice d'un véritable talent, qui s'est fait successivement applaudir à Paris, sur la scène de l'Académie impériale de musique et sur celle des Bouffes. Pendant la saison qui est sur le point de s'ouvrir, on ne chantera que l'opéra italien au grand théâtre de Barcelone.

(Revue des Beaux-arts, 01 juillet 1854)

 

Dès son enfance, elle montra les plus heureuses dispositions pour la musique, et son père, qui était bon musicien, ne négligea pas de les cultiver. Appelé à Paris par ses affaires commerciales, il fit entrer sa fille au Conservatoire, où elle apprit le chant sous la direction de Martin, puis de Bordogni. Mlle Julian devint l'élève de prédilection de ce dernier professeur, et ses succès dans les concours furent aussi éclatants que ses progrès avaient été rapides. Elle obtint, en 1836, un prix de solfège et un deuxième prix de chant, et, en 1837,1e premier prix de chant. La famille de Mlle Julian hésitait cependant à lui faire suivre la carrière du théâtre ; mais les conseils de Bordogni, les instances de nombreux amis finirent par l'emporter.
Mlle Julian débuta à l'Académie royale de musique, le 27 avril 1840, par le rôle d'Alice, dans Robert le Diable. Une jolie figure, une belle prestance, une voix bien timbrée, fraîche et pure, le sentiment de l'expression dramatique, des traits de bon goût, tels furent les avantages qui, réunis au talent de la jeune cantatrice, ne laissèrent pas sa réussite un instant douteuse. Elle se montra ensuite avec succès sous les traits de Rachel, dans la Juive, et de Valentine, des Huguenots, et fut engagée pour un an. Une maladie de Mme Stoltz et l'absence de Mme Dorus ne tardèrent pas à mettre en évidence le zèle et le talent de la nouvelle pensionnaire de l'Opéra. A peine admise, elle eut à supporter tout le poids du répertoire, et ses succès furent d'autant plus remarquables, qu'il lui fallut jouer tour à tour, avec des rôles différents, et presque toujours sans répétition. Mme Stoltz, qui était devenue une puissance, contribua, dit-on, à éloigner Mlle Julian de l'Opéra. Devenue libre, elle accepta un brillant engagement pour Bruxelles.
Mme Julian Van Gelder, après avoir obtenu d'éclatants triomphes à l'étranger, reparut à l'Opéra, et créa avec éclat, en 1847, le rôle d'Hélène, dans Jérusalem, œuvre de Verdi. Depuis lors, elle s'est retirée du théâtre.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1866)

 

On nous écrit que Mme Julian Van Gelder, malgré son âge et bien qu'habitant Bayonne se serait fait un devoir de se joindre aux artistes invités par l'administration de l'Opéra, à la célébration du centenaire de Meyerbeer, si l'appel avait été fait quelques jours plus tôt.

(le Rappel, 18 novembre 1891)

 

 

 

 

 

 

 

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