Marguerite VAN GELDER

 

Marguerite Van Gelder, photo Reutlinger, 1901

 

Marguerite Esther dite Marguerite VAN GELDER

 

soprano français

(52 rue de Moscou, Paris 8e, 26 novembre 1877* – Casablanca, Maroc, 31 juillet 1965)

 

Fille d'Isaac Georges VAN GELDER (Paris 2e, 22 août 1845 –), professeur de sciences [fils d'Esther Eliza VAN GELDER, cantatrice], et d'Angélique DUPRÉ (Paris, 20 septembre 1840 –), brodeuse, mariés à Paris 17e le 30 novembre 1875*.

Sœur d'Ernestine Georgine VAN GELDER (Paris 10e, 28 novembre 1864* – Paris 13e, 21 février 1948).

Epouse à Paris 17e le 25 septembre 1909 Emile Jacques GABREAU.

 

 

Au Conservatoire de Paris, elle obtint en solfège une 1re médaille en 1899 ; en chant (classe d'Ernest Masson) un 1er accessit en 1899, un second prix en 1901 ; en opéra-comique un 2e accessit en 1900, un second prix en 1901, un premier prix en 1902. Elle a débuté Salle Favart en 1903.

En 1903, elle habitait 68 rue Nollet à Paris 17e ; en 1911, 9 rue des Moines à Paris 17e ; en 1922, 1 avenue de la Pelouse à Saint-Mandé (Val-de-Marne).

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle y débuta le 23 novembre 1903 dans Muguette (Muguette).

 

 

 

 

 

Petite, brune, les cheveux délicieusement ondulés, exquise de charme, Mlle Marguerite Van Gelder, rappelle physiquement la jolie chanteuse d'opérette que fut Mme Thuillier-Leloir ; c'est la petite-fille de Mme Julian Van Gelder qui créa à l'Opéra la Jérusalem, de Verdi, chanta Valentine des Huguenots, etc., et la fille de l'éminent docteur Van Gelder, le vulgarisateur scientifique dont les livres, pour l'Enseignement primaire sur les sciences physiques et naturelles, sont dans toutes les mains.

Sérieuse et distinguée, elle fait bien tout ce qu'elle fait ; elle a tous les délicats talents de la jeune fille du monde, parle l'anglais, dessine un peu et obtient dans les salons où elle se prodigue, de très beaux succès.

Mlle Marguerite Van Gelder est française et bien française, elle est née à Paris mais elle a eu des ascendants d'origine hollandaise.

Entrée au Conservatoire en 1899, elle obtint, la première année, la première médaille de solfège ; à son premier concours, 1900, elle obtint un premier accessit dans la classe de chant de l'excellent maître Ernest Masson ; l'année suivante, 1901, elle remporta le second prix de chant et d'opéra-comique ; au dernier concours, 1902, elle a remporté le premier prix (première nommée) d'opéra-comique ; sa voix fraîche, son débit naturel dans Mireille n'ont pas peu contribué à lui valoir la récompense méritée.

Encore sur les bancs de notre Ecole nationale, cette charmante et sympathique artiste était très recherchée et très appréciée ; elle fit de nombreuses créations sensationnelles, entre autres Lola, scène lyrique, poème de Stéphan Bordèse, musique de Camille Saint-Saëns, qu'elle interpréta pour la première fois au « Figaro », puis au Concerts Colonne, dans la salle du Nouveau-Théâtre ; la Chevrière (conte rustique) pour voix de femmes avec un solo qui fut orchestré spécialement pour elle, par Massenet ; l'illustre maître, comme témoignage de sa satisfaction, lui envoya sa photographie avec la dédicace suivante : « A Mlle M. Van Gelder, En souvenir admiratif et respectueux. Mai 1902. Massenet ».

M. Albert Carré a engagé Mlle Van Gelder ; elle débutera à l'Opéra-Comique en 1903 ; ne doutez pas que dans quelques années elle ne soit très célèbre.

(Annuaire des Artistes, 1903)

Elle s'essaya dans quelques représentations en tournées, où elle joua notamment Mignon, Mireille, Micaëla de Carmen qui lui valurent de beaux succès. Elle débuta à l'Opéra-Comique dans le rôle de Muguette où ses qualités d'ingénuité, le charme d'une voix fraîche et jeune, l'assurance d'une musicienne consommée et d'une intelligente comédienne sont autant d'éléments de succès que le public s'est empressé de ratifier lors de son heureux début. Mlle Van Gelder est appelée à un brillant avenir.

(Annuaire des Artistes, 1905)

 

Au Cercle militaire, concert du 6 mars 1906.

Le dernier numéro de cette belle matinée mettait en scène Mlle Marguerite Van Gelder, de l'Opéra-Comique et M. Casella, des Variétés, dans Lucas et Lucette, un ravissant opéra-comique en un acte, de Missa, dont le poème, d'une jolie facture, est de Paul Gravollet.

Jolie voix, charme, finesse et distinction, Mlle Van Gelder, dont l'éloge n'est plus à faire dans nos colonnes, possède tout cela. M. Casella, son partenaire, a su conquérir le public par la chaleur de son chant et de son jeu, ainsi que par son aisance élégante. Aussi les applaudissements ont-ils éclatés nourris, et c'était justice.

Il ne faut oublier ni M. Eugène Priad, répétiteur de chant, ni M. Edouard Mathé, compositeur de musique, nos deux accompagnateurs, dont le dévoué concours nous est si précieux.

(Revue du Cercle militaire, 10 mars 1906)

 

 

 

 

 

 

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