Felicita von VESTVALI

 

 

 

Anna Mary STEGEMANN dite Felicita von VESTVALI

 

cantatrice (contralto) et actrice polonaise

(Szczecin, Pologne, 23 février 1831 Varsovie, Pologne, 03 avril 1880)

 

 

Elle s'essaya fort jeune au théâtre, à Berlin, obtint des succès, puis alla prendre en Italie des leçons de Mercadante et de Pietro Romani. En 1853, elle débutait au théâtre de la Scala de Milan, où le rôle d'Azucena du Trovatore lui valait un grand succès de cantatrice et de tragédienne lyrique. Engagée aussitôt à Londres, elle y fut bien accueillie, mais partit peu après pour l'Amérique, en compagnie de Mario et de la Grisi, dont elle partagea les triomphes en jouant avec eux Romeo e Giulietta, Semiramide et il Trovatore. De retour en Europe, elle fit une courte apparition à l'Opéra de Paris, puis repartit pour l'Amérique, où elle abandonna la carrière lyrique pour le drame shakespearien. Elle excita l'enthousiasme en jouant en anglais les œuvres du grand poète, et surtout Hamlet, qui lui valut une immense renommée.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Elle a débuté le 07 septembre 1859 dans Roméo et Juliette (Roméo) de Vincenzo Bellini [version française de Charles Nuitter], monté spécialement pour elle.

 

Elle y a interprété l'Ame en peine de Friedrich von Flotow ; Herculanum de Félicien David.

 

 

 

 

Felicita von Vestvali dans le 1er acte de Roméo et Juliette le jour de ses débuts à l'Opéra (07 septembre 1859)

 

 

 

C'est dans cet opéra [Roméo et Juliette de Bellini] que débuta Mme de Vestvali, la cantatrice la plus grande, sinon la plus grande des cantatrices. Sa voix ne manquait pas de charme, lorsqu'elle la ménageait.

(Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869)

 

[A propos de Roméo et Juliette de Bellini à l'Opéra] La débutante, madame Vestvali, est une grande et belle personne dont la voix de contralto, très étendue au grave, est dépourvue d’éclat dans le médium. Sa vocalisation est peu aisée, et l’attaque du son, dans l’octave supérieure surtout, manque parfois de justesse. Elle a joué Roméo avec beaucoup de... dignité.

(Hector Berlioz, A travers chants, 1862)

 

Cependant on a repris à l'Opéra l'Ame en peine de M. de Flotow et l'Herculanum de M. Félicien David pour la continuation des débuts de Mme Vestvali. Il nous serait impossible d'affirmer que cette belle personne a rencontré dans le rôle d'Olympia, créé dans l'origine par Mme Borghi-Mamo, un succès plus significatif que celui qu'elle a obtenu dans Roméo et Juliette de Bellini. La voix de Mme Vestvali manque un peu d'éclat, et son talent, qu'on ne saurait contester sans injustice, ne produit pas l'effet décisif que le public est en droit d'attendre. Il semble qu'on pourrait désirer à Mme Vestvali, qui prononce et articule avec beaucoup de netteté, une certaine harmonie dans les dons divers qui la distinguent. M. Gueymard, qui remplaçait M. Roger dans le rôle d’Hélios, y a été plus heureux qu’on ne pouvait l’attendre, et il a dit particulièrement le joli cantabile de l’ivresse, au second acte, avec une émotion communicative. Il a été parfaitement secondé par Mme Gueymard, dont la belle voix résiste et se conserve presque dans sa pureté première.

(Paul Scudo, Revue des Deux Mondes, 1860)

 

 

 

 

 

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