François WARTEL

 

François Wartel, lithographie de Frédéric Sorrieu

 

 

Pierre François WARTEL dit François WARTEL

 

ténor français

(Versailles, Seine-et-Oise [auj. Yvelines], 03 avril 1806* – Paris 9e, 12 août 1882*)

 

Fils de Pierre François WARTEL (Amiens, Somme, 1758 – Versailles, 16 avril 1812*), concierge du Tribunal civil, et de Marie Marguerite CONFAIS.

Epouse à Paris le 04 juin 1833 Atala Thérèse Annette ANDRIEN (Paris 2e, 02 juillet 1814 – Paris 17e, 06 novembre 1865*), pianiste, fille de Martin Joseph ANDRIEN (Liège, Belgique, 02 décembre 1766 – Paris, 19 novembre 1822), basse de l’Opéra, et de Gabrielle Constance Marie PHILIPPY de BUCELLY D’ESTRÉES (Saint-Quentin, Aisne, 19 avril 1782 – Paris 1er, 20 novembre 1854) ; sœur de Rosine Charlotte ANDRIEN [épouse François DELSARTE, ténor].

Parents d’Émile WARTEL, baryton.

 

 

Il fut élève au Conservatoire de Paris, puis de l’Institut de musique d’église de Choron de 1823 à 1828, et de nouveau, en 1828, du Conservatoire (Banderali, Nourrit), où il obtint un premier prix de chant en 1829. Il a appartenu à l’Opéra de 1830 à 1846. Il a donné des tournées de concerts et des représentations en Europe, puis s’établit à Paris comme professeur de chant, où il a acquis une grande notoriété ; il a eu pour élèves un grand nombre d’artistes distingués, entre autres Christine Nilsson, Mme Trebelli et Marie Roze. Il a été nommé membre de l’Académie des beaux arts de Stockholm en 1869. Il avait également chanté aux Concerts du Conservatoire (sociétaire du 04 janvier 1832 à 1844). Sa femme, Thérèse Wartel née Andrien, était une excellente pianiste, et fut momentanément répétitrice de solfège et accompagnement au Conservatoire de Paris. Elle a publié des analyses de sonates pour piano de Beethoven.

=> 6 études de salon pour piano, op. 10, par Thérèse Wartel

=> Andante pour piano, op. 11, par Thérèse Wartel

En 1855, il habitait 43 rue de la Chaussée-d’Antin à Paris. Il est décédé en son domicile, 39 rue de la Chaussée-d’Antin à Paris 9e.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Il y débuta le 20 septembre 1830 dans Moïse (Aménophis).

 

Il y créa le 21 novembre 1831 Robert le Diable (un Chevalier) de Giacomo Meyerbeer ; le 20 juin 1832 la Tentation (Mammon) de Fromental Halévy ; le 27 février 1833 Gustave III (Kaulbart) d’Esprit Auber ; le 23 février 1835 la Juive (un Homme du peuple) d’Halévy ; le 29 février 1836 les Huguenots (de Thoré ; Bois-Rosé) de Meyerbeer ; le 03 mars 1837 Stradella (un bravo) de Louis Niedermeyer ; le 10 septembre 1838 Benvenuto Cellini (Francesco) d’Hector Berlioz ; le 01 avril 1839 le Lac des fées (Issachar) d’Auber ; le 11 septembre 1839 la Vendetta d’Henri de Ruolz ; le 10 avril 1840 les Martyrs (Néarque) de Gaetano Donizetti ; le 02 décembre 1840 la Favorite (don Gaspard) de Donizetti ; le 22 décembre 1841 la Reine de Chypre (Strozzi) d’Halévy.

 

Il y participa à la première le 07 juin 1841 du Freyschutz (Ottokar) de Carl Maria von Weber [version française de Pacini et Berlioz].

 

Il y chanta Robert le Diable (Raimbaut, 1832 ; le Prévôt du Palais, 100e le 20 avril 1834) ; Don Juan (Don Ottavio, 1834) ; la Muette de Portici (Masaniello, 1834) ; la Juive (Léopold, 1835) ; Guillaume Tell (Ruodi).

 

 

 

 

 

François Wartel dans les Martyrs (Néarque) de Donizetti, lors de la création

 

 

 

Ténor agréable, Wartel n’est pas seulement le chanteur de l’Opéra, il est encore dans les concerts et dans les salons le meilleur interprète des mélodies de Schubert et de Beethoven, qu’il dit avec une expression pleine de charme. On assure que Wartel aspire aux douceurs de la retraite et qu’il veut professer ; c’est joindre la théorie à la pratique ; il ne peut que faire de bons élèves, et nous les attendons pour les applaudir.

(Acteurs et actrices de Paris, 1842)

 

 

Se destinant au théâtre, il vint de bonne heure à Paris et suivit en 1823 la classe de Choron, puis entra au Conservatoire, où il obtint, en 1829, le premier prix de chant. Il débuta l'année suivante à l'Opéra et ne put parvenir à briller même au second rang. Il ne chanta que des rôles assez effacés, tels que Ruodi de Guillaume Tell, Raimbaud de Robert le Diable et Warding de Gustave III. Il créa, toutefois, en 1832, Mammon de la Tentation, opéra-ballet de Cavé, musique d'Halévy, et interpréta, en 1834, Masaniello de la Muette de Portici. Il fut en réalité coryphée et resta pendant quinze ans à l'Opéra sous les directions Véron et Duponchel. Il alla chanter, en 1846, à la cour du grand-duc de Saxe-Weimar, qui le nomma chevalier de son ordre. De retour à Paris, il ouvrit rue de la Chaussée-d'Antin un cours de chant qui n'a cessé d'exister et qui l'a rendu comme professeur l'égal de Duprez. C'est à cette excellente école de déclamation lyrique que se sont formées les cantatrices Nilsson, Trebelli, Marie Roze et bien d'autres.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1866-1876)

 

 

Il fut admis comme élève au Conservatoire, le 15 octobre 1823, et entra dans la classe de solfège dont Halévy était alors professeur ; mais deux mois après, il sortit de cette école pour entrer dans l'institution de musique religieuse dirigée pas Choron. En 1828, il rentra au Conservatoire comme élève pensionnaire et y continua ses études de chant sous la direction de Banderali. Le premier prix de chant lui fut décerné au concours de 1829. Adolphe Nourrit devint ensuite son professeur de déclamation lyrique. Ses études étant achevées en 1831, il sortit du Conservatoire et entra à l’Opéra comme ténor : il resta attaché à ce théâtre pendant environ quinze ans. Lorsqu'il se retira, il voyagea en Allemagne, chanta à Berlin, à Prague, à Vienne, puis revint à Paris, où il s'est livré à l'enseignement du chant. Au nombre des élèves qu’il a formés, on remarque particulièrement la cantatrice distinguée Mlle Trebelli.

(François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens, 1866)

 

Thérèse WARTEL, épouse du chanteur de ce nom, fut une pianiste très remarquable. Elle brilla dans les concerts, et fut la première de son sexe qui eut l'honneur de se faire entendre aux séances de la Société des concerts du Conservatoire. Son père était le chanteur Andrien, dit Adrien l'aîné, qui était né à Liège le 26 mai 1767 (et non en 1776, comme il a été dit par erreur), et qui fut artiste de l'Opéra et professeur de déclamation lyrique au Conservatoire de Paris. Madame Wartel obtint de très grands succès en Allemagne, et publia un excellent livre intitulé : Leçons écrites sur les sonates pour piano seul de L. Van Beethoven, Elle mourut peu de temps après, à Paris, le 6 novembre 1865. Mme Wartel avait exercé les fonctions d'accompagnateur au Conservatoire de Paris (1831), où elle fut nommée ensuite professeur adjoint de solfège ; elle donna sa démission en 1838.

(François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens, suppl. d’Arthur Pougin, 1878-1880)

 

 

Nous avons le regret d'apprendre la mort de Pierre-François Wartel.

L'éminent professeur de chant est décédé hier, dans son domicile, 39, rue de la Chaussée d'Antin. Il était âgé de 76 ans et quatre mois.

Né à Versailles, le 3 avril 1806, il fut, de 1823 à 1828, élève de Choron, puis du Conservatoire, où il obtint, en 1829, le premier prix de chant.

Pendant quatorze ou quinze ans, de 1831 à 1846, Wartel chanta les ténors à l'Opéra. C'est lui qui créa le Rataplan des Huguenots, à une époque brillante où l'Opéra avait pour artistes Nourrit, Duprez, Mmes Falcon, Damoreau, Dorus-Gras. Mais Wartel eut d'autres titres à la célébrité : ce fut lui qui popularisa en France les Mélodies de Schubert, qui y étaient inconnues.

Enfin, François Wartel, après avoir chanté en Allemagne, revint se fixer à Paris. Là, il se consacra au professorat, et la liste serait longue des artistes distingués qu'il forma à sa méthode. Les deux plus illustres sont certainement Mmes Nilsson et Trebelli.

En 1869, l'Académie des Beaux-Arts de Stockholm le nomma membre de cette Académie : c'était une façon de le remercier des excellentes leçons qu'il avait données au rossignol suédois.

M. Wartel laisse un fils, M. Emile Wartel, qui, après avoir chanté avec succès, pendant plusieurs années, au Théâtre-Lyrique, a fondé, lui aussi, une école de chant.

Les obsèques de Pierre-François Wartel auront lieu demain lundi, à midi précis, en l'église de la Trinité. On se réunira à la maison mortuaire, 39, rue de la Chaussée d'Antin.

(Jules Prével, le Figaro, 13 août 1882)

 

 

 

 

 

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