Émile ZOLA

 

Emile Zola photographié par Nadar

 

 

Émile Édouard Charles Antoine dit Émile ZOLA

 

romancier français

(10 bis rue Saint-Joseph, Paris 3e, 02 avril 1840* – Paris 9e, 29 septembre 1902*)

 

Fils de François Antoine Joseph Marie ZOLA (1796 – Marseille, Bouches-du-Rhône, 27 mars 1847), ingénieur civil, et de Françoise Emélie Aurélie AUBERT, mariés à Paris 1er le 16 mars 1839.

Epouse à Paris 17e le 31 mai 1870* Eléonore Alexandrine MÉLEY (Paris 2e, 23 mars 1839 – Paris 8e, 25 avril 1925*), fille d’Edmond Jacques MÉLEY, typographe, et de Louise Caroline WADOUX (– Paris 5e, 04 septembre 1849).

 

 

Fils d'un ingénieur d’origine vénitienne et d’une Beauceronne, il passa son enfance à Aix-en-Provence, acheva ses études à Paris, entra à la librairie Hachette et débuta dans la littérature par des romans peu remarqués : les Mystères de Marseille et le Vœu d'une morte. En 1864, les Contes à Ninon, et en 1865 la Confession de Claude, roman « physiologique », commencèrent à attirer sur lui l'attention. Parurent ensuite Thérèse Raquin (1867) et Madeleine Férat (1868) et des volumes de critique, au titre un peu provocant : Mes haines (1866), Mon Salon (1866), Manet (1867). C'est à partir de 1871 que Zola inaugura la longue suite de romans qui devait lui valoir, avec des attaques vives et nombreuses, une grande réputation. Ce sont d'abord et surtout les vingt volumes qui appartiennent à la série des Rougon-Macquart, histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second Empire, à savoir : la Fortune des Rougon (1871), la Curée (1874), le Ventre de Paris (1874), la Conquête de Plassans (1875), la Faute de l'abbé Mouret (1875), Son Excellence Eugène Rougon (1876), l'Assommoir (1877), Une Page d'amour (1879), Nana (1880), Pot-Bouille (1882), Au bonheur des Dames (1883), la Joie de vivre (1884), Germinal (1885), l'Œuvre (1886), la Terre (1888), le Rêve (1888), la Bête humaine (1890), l'Argent (1891), la Débâcle (1892), enfin le Docteur Pascal (1893), qui contient l'arbre généalogique de la famille. Dans toutes ces œuvres l'auteur s'est efforcé d'illustrer les théories naturalistes qu'il a maintes fois proclamées, c'est-à-dire l'application au roman des procédés scientifiques ; il étudie l'homme naturel et physiologique, soumis aux nécessités de l'hérédité. C'est ainsi qu'une névrose originelle explique, dans la descendance des Rougon alliés aux Macquart, toutes les tares physiques et morales, tous les vices, même les rêves mystiques ou certaines vertus stoïques, comme étant de simples résultantes d'une cause initiale. Il a placé ses héros dans tous les milieux : à Paris, en province, et dans toutes les conditions ; et il a peint avec un relief saisissant principalement les ensembles : le cabaret, la mine, le grand magasin, les chemins de fer, la Bourse, l'armée. On a pu lui reprocher son penchant à ne peindre que le vilain côté de la vie, la crudité extrême de ces peintures, et ce que sa conception du roman expérimental avait d'artificiel, mais on s'accorde à reconnaître la puissance de vie, d'observation et surtout d'imagination de ces œuvres, parmi lesquelles l'Assommoir, Germinal et la Débâcle tiennent le premier rang. D'ailleurs, de ce matérialisme et de ce pessimisme apparent se dégage une sorte d'idéalisme et d'optimisme humanitaires, conformes aux secrètes aspirations du talent de l'auteur, encore plus épique et lyrique, quoi qu'il ait prétendu, que strictement scientifique. Ces tendances, déjà visibles dans certaines pages de Germinal, de la Débâcle et du Docteur Pascal, s'accentuent dans la série des Trois villes : Lourdes (1894), Rome (1896), Paris (1898), et s'épanouissent surtout dans celle des Quatre Evangiles : Fécondité (1899), Travail (1901), Vérité (1902), que la mort a interrompue au moment où l'auteur composait Justice. Dans ces derniers livres, Zola a subi l'influence de certaines préoccupations politiques et sociales qui grandissaient en lui. En janvier 1898, au cours de l'affaire Dreyfus, il avait lancé, dans le journal l'Aurore un manifeste : J'accuse, où il se constituait l'ardent défenseur du condamné. Il fut poursuivi lui-même pour cette publication et, après un procès retentissant, il fut condamné à un an de prison et 3.000 francs d'amende. Il s'exila alors quelque temps en Angleterre et regagna la France en juin 1899, quand la révision du procès Dreyfus fut résolue. Il mourut accidentellement, en 1902, asphyxié par les émanations d'une cheminée. Outre son œuvre romanesque, qui est considérable et à laquelle il faut joindre encore quelques volumes de nouvelles (les Soirées de Médan, le Capitaine Burle, Naïs Micoulin), Zola s'est essayé au théâtre, avec Thérèse Raquin, drame (1873) ; les Héritiers Rabourdin, comédie (1874), et le Bouton de rose, comédie (1874) ; mais il ne persista pas dans cette voie. William Busnach a fait représenter quelques pièces tirées des principaux romans des Rougon-Macquart : l'Assommoir, Nana, la Terre, etc. Alfred Bruneau a écrit la musique, pour les scènes lyriques, des livrets tirés par Louis Gallet du Rêve et de l’Attaque du moulin (nouvelle publiée dans les Soirées de Médan, 1880), ainsi que les Quatre journées, conte lyrique (1916) ; Zola composa lui-même les livrets originaux de Messidor (Opéra, 1897), de l’Ouragan et de l’Enfant roi. Il a aussi laissé quelques livres de critique assez importants ; la République et la littérature (1879) ; le Roman expérimental (1880) ; les Romanciers naturalistes (1881) ; Nos auteurs dramatiques (1881) ; Documents littéraires (1881) ; etc., qui soulevèrent de vives polémiques. Nul romancier moderne n'a été plus lu en France et à l'étranger. Souvent contesté, à cause des outrances systématiques de son style, et de la licence de ses peintures, Zola tient une large place dans l'histoire du roman français.

Il a été nommé chevalier (13 juillet 1888), puis officier (13 juillet 1893) de la Légion d'honneur.

En 1870, il habitait 14 rue Lacondamine à Paris 17e. En 1878, il a acheté une maison à Médan (Yvelines). Il est décédé dans son domicile parisien, 21 bis rue de Bruxelles à Paris 9e.

 

 

 

 

livrets

 

Messidor, drame lyrique en 4 actes et 1 prologue, musique d’Alfred Bruneau (Opéra, 19 février 1897)

l'Ouragan, drame lyrique en 4 actes, musique d’Alfred Bruneau (Opéra-Comique, 29 avril 1901)

l'Enfant roi, comédie lyrique en 5 actes, musique d’Alfred Bruneau (Opéra-Comique, 03 mars 1905)

 

 

 

 

 

Emile Zola, caricature par André Gill

 

 

 

 

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