Madame DUCLOS

 

 

 

 

Barbe Éléonore RAGAINE dite Madame DUCLOS

 

mezzo-soprano français

(Paris 2e, 12 mai 1818* – Paris 9e, 07 juin 1897*)

 

Fille de Charles Éléonor RAGAINE (– av. 1841), chef de chant à l'Opéra de Paris, et de Catherine ROHR (– 1841/1869).

Sœur de Jean RAGAINE, danseur à l'Opéra de Paris, qu'il quitta en 1823 pour devenir premier danseur à Lyon.

Epouse 1. à Montmartre, Seine [auj. Paris 18e], le 05 juin 1841*, Jacques Adolphe DÉCOSSE dit DUCLOS (Rouen, Seine-Inférieure [auj. Seine-Maritime], 1799 – Paris 6e, 21 novembre 1867*), artiste peintre.

Epouse 2. à Paris 1er le 06 avril 1869* François Louis VERMANDOIS (Marseille, Bouches-du-Rhône, 23 mars 1814 – av. 1897), coiffeur.

 

 

D’abord coryphée à l’Opéra de Paris, elle y chanta quelques rôles, puis entra au Théâtre-Lyrique où elle créa en 1859 Dame Marthe dans le Faust de Gounod. En 1869, elle était négociante.

Elle est décédée à quatre-vingts ans en son domicile, 14 rue Clauzel à Paris 9e.

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Elle y a débuté le 24 janvier 1844 dans le Philtre (Jeannette).

 

Elle y a créé le 06 décembre 1844 Marie Stuart (Fleming) de Louis Niedermeyer.

 

Elle y a chanté le Comte Ory (Ragonde, 1845) ; Marie Stuart (Anna Kennedy, 1845) ; Guillaume Tell (1846) ; le Barbier de Séville (Marceline, 09 décembre 1853) ; le Prophète (une néophyte, 06 septembre 1854) ; le Philtre (une Paysanne, 1855).

Sa carrière au Théâtre-Lyrique

 

Elle y a débuté en 1859.

 

Elle y a créé le 19 mars 1859 Faust (Dame Marthe) de Charles Gounod ; le 01 septembre 1860 Crispin rival de son maître (Mme Oronte) d’Adolphe Sellenick ; le 30 octobre 1862 Hymne à la musique de Gounod ; le 01 mai 1863 le Jardinier et son seigneur (Margot) de Léo Delibes ; le 27 avril 1867 Roméo et Juliette (Gertrude) de Gounod.

 

Elle y a participé à la première le 24 décembre 1863 de Rigoletto de Giuseppe Verdi [version française d'Edouard Duprez].

 

Elle y a chanté les Noces de Figaro (1859).

 

 

 

 

Mme Duclos, naguère modeste choriste, ne manque pas d’une certaine intelligence ; mais elle n’a ni la voix, ni le talent pour chanter le rôle de Ragonde.

(la France théâtrale, 11 mai 1845)

 

Mme Duclos a remplacé Mme Méquillet dans le rôle de Ragonde ; elle a fait preuve de beaucoup d’intelligence ; sa voix est juste et d’un timbre fort agréable dans certaines cordes. Nous répèterons pourtant que la musique écrite pour contralto doit être chantée par un contralto. Nous ne tenons pas du tout au deux notes graves que Mme Duclos a transposé d’une octave […]

 (la France théâtrale, 07 septembre 1845)

 

[…] l’insuffisance de Mme Duclos (Ragonde), qui a beaucoup d’intelligence, mais qui ne peut être soprano le matin et contralto le soir […]

(la France théâtrale, 01 février 1846)

 

Nous donnons le conseil à Mme Duclos de ne pas rire pendant la scène tragique du premier acte, au moment où on entraîne le père d’Arnold au supplice, et de se grimer de manière à ne pas avoir l’air de la sœur de son fils.

(la France théâtrale, 17 septembre 1846)

 

 

 

 

 

Une ancienne artiste de l'Opéra et du Théâtre-Lyrique, Mme Duclos, qui est âgée de quatre-vingts ans, se trouve dans la plus profonde détresse. On nous présente, en même temps que la situation lamentable de la vieille artiste, un résumé de sa longue carrière.

Mme Duclos naquit presque dans les coulisses de l'Opéra, son père y étant chef de chant et son frère aîné danseur. A cinq ans, elle figurait parmi les enfants et chantait dans le Prophète. Elle y est restée trente-cinq ans, tenant l'emploi des pages. Plus tard, elle chanta les duègnes au Théâtre-Lyrique.

Il paraît que, par suite de la guerre, sa pension ne put être liquidée : il lui manquait six mois pour pouvoir l'obtenir !

Elle a perdu ses deux fils en pleine jeunesse, et se trouve, à l'heure qu'il est, seule, abandonnée et infirme. De fidèles amis, hélas ! fort, rares, vont la visiter, mais ne peuvent, comme il faudrait, adoucir ses derniers jours.

Nous signalons avec confiance cette situation pitoyable à nos lecteurs et nous leur offrons bien volontiers d'être leur intermédiaire auprès de la vieille et malheureuse artiste.

(le Figaro, 17 avril 1897)

 

 

 

 

 

 

 

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