Marguerite MACÉ-MONTROUGE

 

 

 

Victoire Elisa MACÉ dite Marguerite MACÉ-MONTROUGE

 

actrice française

(Paris 2e, 24 mars 1834* – Argenteuil, Seine-et-Oise [auj. Val-d'Oise], 24 novembre 1898*)

 

Fille naturelle d'Elisabeth MACÉ (– Paris 12e, 19 novembre 1859*).

Epouse à Paris 17e le 18 avril 1865* Louis Emile HESNARD dit MONTROUGE, acteur.

 

 

Elève de Provost au Conservatoire de 1848 à 1850, elle débuta en 1850 au Gymnase, où elle resta trois ans à jouer les rôles travestis, puis joua aux Variétés, aux Bouffes-Parisiens, lors de la création de ce théâtre par Offenbach (1855), où elle créa plusieurs opérettes, dont le Duel de Benjamin d'Emile Jonas le 20 octobre 1855 ; le Docteur Miracle (Véronique) sur une musique de Bizet (08 avril) et une de Lecocq (09 avril 1857) ; et la Chatte métamorphosée en femme (Marianne) d'Offenbach le 19 avril 1858. Elle joua ensuite à Liège, en province, à la Porte-Saint-Martin, puis entra, en 1863, aux Folies-Marigny, dont elle épousa le directeur, Montrouge. Elle y créa, avec lui, Ondines au champagne de Lecocq le 03 septembre 1866. Elle joua ensuite pendant trois ans au Caire. De retour à Paris en 1876, elle entra à l'Athénée sous la direction de Montrouge. Elle y créa Lequel ?, le Cabinet Piperlin, etc. Cette actrice excellente, pleine de belle humeur et de verve originale, joua ensuite aux Bouffes-Parisiens, où elle fut très applaudie dans les créations de Joséphine vendue par ses sœurs (mère Jacob) de Victor Roger le 20 mars 1886 et de Miss Helyett (l'Espagnole) d'Edmond Audran le 12 novembre 1890. Elle y avait également créé Mam'zelle Crénom de Léon Vasseur le 19 janvier 1888, le Valet de cœur de Raoul Pugno le 19 avril 1888, Oscarine (Oscarine) de Victor Roger le 15 octobre 1888, le Mariage avant la lettre d'Olivier Métra le 05 décembre 1888 et le Mari de la reine (Patouillard) d'André Messager le 18 décembre 1889. A partir de 1894, elle joua aux Nouveautés, où elle créa Fanoche, l’Hôtel du Libre-Echange, la Tortue, et, en dernier lieu, les Petites Folles (1897). Elle jouait ce qu'on appelait les « femmes de feu », et sauvait par sa verve ce que le personnage avait parfois de désobligeant.

En 1895, elle habitait 8 rue Nationale à Argenteuil, où elle est décédée à soixante-quatre ans.

 

 

 

Marguerite Macé-Montrouge à l'Athénée-Comique en 1877

 

 

 

Le physique de Déjazet, à qui elle ressemble étonnamment. Élève de chant du Conservatoire, elle y est entrée exceptionnellement à huit ans. Ses professeurs furent Samson et Provost ; l'un voulait qu'elle jouât les Agnès, les ingénues ; l'autre les soubrettes et les Dorine. Elle débuta à quatorze ans au Gymnase, dans les rôles de Jenny Verpré. Scribe avait pour elle beaucoup d'admiration. Elle a été de là au Vaudeville et aux Bouffes, dont elle inaugura l'ouverture avec Darcier et Berthelier. Puis elle a voyagé. C'est à elle qu'Hippolyte Cogniard, que Laurent appelle saint Denis parce qu'il a continuellement sa tête dans ses mains, dit qu'elle n'avait pas l'air assez dégagé et le nez assez retroussé pour jouer les Alphonsine. Oh !... c'est vous, monsieur Cogniard, qui n'aviez pas de nez du tout le jour où vous avez commis cette erreur. On voulait lui donner les Colbrun dans les drames ! Mais est-il nécessaire qu’il pleuve dans mes narines pour jouer les soubrettes ? répondit Macé.

Elle a créé madame Barbe-Bleue avec un talent rare. Madame Macé est éveillée et très bonne comédienne. Elle aurait dû créer la Belle Hélène. Elle joue en dehors et elle a une mesure extraordinaire. C'est de plus une musicienne des mieux organisées. Elle et son mari font la paire.

(Yveling Rambaud et E. Coulon, les Théâtres en robe de chambre : Folies-Marigny, 1866)

 

 

Elle entra fort jeune au Conservatoire, où elle reçut les leçons de Samson et de Provost. A treize ans et demi, elle débuta sur la scène de l'Ecole lyrique. M. Montigny lui ayant offert un engagement au Gymnase, elle quitta le Conservatoire pour entrer à ce théâtre et y débuta en 1850 dans la Volière. Trois ans plus tard, Mlle Macé passa au Vaudeville. Par son jeu spirituel et vif, elle conquit rapidement la faveur du public. Comme elle chantait fort agréablement, M. Offenbach. l'attacha aux Bouffes-Parisiens, qu'il venait d'ouvrir (1855). La jeune actrice créa avec un plein succès des rôles dans plusieurs opérettes, notamment dans la Nuit blanche, Trafalgar, Orphée aux Enfers, la Chatte métamorphosée, etc. En 1860, Mlle Macé quitta Paris pour aller chanter l'opérette à Liège. De là elle passa à Rouen (1861), et, l'année suivante, elle entra à la Porte-Saint-Martin, où elle débuta dans le Pied de mouton. Montrouge, ayant pris la direction des Folies-Marigny en 1863, attacha à son théâtre
Mlle Macé, qui contribua puissamment au succès de son entreprise et qu'il épousa. Ils quittèrent l'un et l'autre le théâtre des Folies-Marigny lorsque Montaubry en prit la direction ; puis, en 1874, ils se rendirent au Caire. Pendant trois saisons, Mme Macé-Montrouge joua dans cette ville l'opérette et le vaudeville. En 1876, Montrouge prit la direction de l'Athénée-Comique. Sa femme revint alors d'Egypte et lui apporta le concours de sa verve originale et de sa belle humeur.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1er supplément, 1878)

 

 

 

 

 

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