Eugène MESTÉPÈS

 

 

 

Jacques Pascal Eugène MESTÉPÈS [MESTEPÈS sur son acte de naissance] dit Eugène MESTÉPÈS

 

librettiste français

(Pau, Basses-Pyrénées [auj. Pyrénées-Atlantiques], 22 mars 1818* – Paris 2e, 15 mai 1875*)

 

Fils de Pierre MESTEPÉS (Pau, 1767 Pau, 02 juillet 1820*), marchand, et de Marie Louise ETCHEGOYEN (Larrau, Basses-Pyrénées [auj. Pyrénées-Atlantiques], 1783 Pau, 07 janvier 1857*), mariés.

Epouse à Paris 2e le 19 mai 1860* Anne Anaïse BERNARD (Moulins, Allier, 20 décembre 1840* ap. 1875), fille d’Alexandre Léonard BERNARD (Paris 6e, 11 septembre 1817* ), artiste dramatique et fabricant de fleurs, et de Rose Olive Gabrielle PRÉVOST (Dijon, Côte d’Or, 14 août 1815 Étampes, Seine-et-Oise [auj. Essonne], 07 mai 1849*), artiste dramatique, mariés à Paris 5e le 03 décembre 1842*.

 

 

Il a d’abord joué sous le pseudonyme de GASTON au Théâtre Beaumarchais en 1847 et aux Folies-Dramatiques en 1848-1849. On lui doit deux grands drames, Christophe Colomb (drame en 5 actes et 1 prologue, avec Eugène Barré, théâtre de la Gaîté, 30 août 1861) et le Coup de Jarnac, ainsi que plusieurs livrets d’opéra-comique et d’opérette, entre autres la Demoiselle d’honneur ; Maître Griffard ; Ondine ; les Deux Arlequins ; le Violoneux ; Avant la noce ; Dragonette ; le Duel de Benjamin, etc. Il a donné quelques pièces sous le nom de Gaston Mestépès (le Roi boit ! ; Venant de Pontoise). Il avait été le secrétaire associé du théâtre des Bouffes-Parisiens lors de l’installation de ce dernier au passage Choiseul et fut, à la fin de sa vie, administrateur du théâtre de l’Ambigu, sous la direction de M. Fischer.

En 1860, il habitait 53 boulevard Saint-Martin à Paris 10e. Il est décédé à cinquante-sept ans en son domicile, 7 rue de Louvois à Paris 2e.

 

=> Contes et récits d'Eugène Mestépès (1874)

 

 

 

livrets

 

le Violoneux, opérette en 1 acte, avec Emile Chevalet, musique de Jacques Offenbach (Bouffes-Parisiens, 31 août 1855)

le Duel de Benjamin, saynète lyrique, musique d’Emile Jonas (Bouffes-Parisiens, 20 octobre 1855)

Venant de Pontoise, opérette en 1 acte, musique d'Alfred Dufresne (Bouffes-Parisiens, 18 février 1856) => fiche technique

les Trois baisers du Diable, féerie en 1 acte, musique de Jacques Offenbach (Bouffes-Parisiens, 15 janvier 1857)

Dragonette, opérette militaire en 1 acte, avec Adolphe Jaime, musique de Jacques Offenbach (Bouffes-Parisiens, 30 mars 1857)

le Roi boit !, opérette en 1 acte, avec Adolphe Jaime, musique d’Emile Jonas (Bouffes-Parisiens, 09 avril 1857)

Maître Griffard, opéra-comique en 1 acte, musique de Léo Delibes (Théâtre-Lyrique, 03 octobre 1857)

la Demoiselle d’honneur, opéra-comique en 3 actes, avec A.-Sébastien Kauffmann, musique de Théophile Semet (Théâtre-Lyrique, 30 décembre 1857)

Ondine, opéra-comique en 3 actes, avec Lockroy, musique de Théodore Semet (Théâtre-Lyrique, 07 janvier 1863)

Job et son chien, opérette en 1 acte, avec Ernest Buffault, musique d’Emile Jonas (Théâtre-Lyrique, 06 février 1863)

la Fille du Maître de chapelle, opéra-comique en 3 actes, avec Vauzanges, musique de Raymond Ventéjoul (théâtre Déjazet, 09 juillet 1864)

le Manoir des Larenardière, opérette bouffe en 1 acte, musique d'Emile Jonas (Bouffes-Parisiens, 29 septembre 1864)

Avant la noce, opérette en 1 acte, avec Paul Boisselot, musique d’Emile Jonas (Bouffes-Parisiens, 24 mars 1865)

les Deux Arlequins, opéra-comique en 1 acte, musique d’Emile Jonas (Fantaisies-Parisiennes, 29 décembre 1865)

le Coup de Jarnac, drame historique en 5 actes, avec Edmond Couturier, musique de scène de Fossey (Théâtre de la Gaîté, 20 février 1866)

Sylvana, drame lyrique en 4 actes, avec Victor Wilder, musique de Carl Maria von Weber (Athénée, 02 avril 1872)

 

 

 

 

 

Encore un décès dans le monde théâtral.

M. Mestepès est mort hier matin, à dix heures, à l'âge de cinquante-sept ans. Il a été emporté en huit jours par une fluxion de poitrine.

Gaston Mestepès, bien qu'il eût collaboré à deux grands drames, Christophe Colomb et le Coup de Jarnac, était surtout un librettiste d'opéras-comiques et d'opérettes. L'ancien Théâtre-Lyrique a joué de lui, en société avec différents auteurs : la Demoiselle d'honneur, Monsieur Griffard, Ondine, etc... Les Fantaisies-Parisiennes du boulevard des Italiens lui durent le succès des Deux arlequins, en compagnie d'Emile Jonas. Le même Jonas écrivit avec lui, pour les Bouffes, une petite pièce à deux personnages, Avant la noce, qui s'est jouée partout.

Mestepès a été également le collaborateur d'Offenbach pour une opérette qui ne quittera jamais les affiches de province : le Violoneux, un vrai bijou musical. Qui ne se rappelle aussi le Roi boit (Jonas), Dragonette (Offenbach), le Duel de Benjamin (Jonas), etc... ?

Après avoir été secrétaire des Bouffes-Parisiens, lors de leur installation au passage Choiseul, Mestepès finit par participer à leur administration. Si nos souvenirs ne nous trompent pas, il fut l'associé de M. Varcolier pendant la courte et peu heureuse direction de celui-ci.

Dans ces derniers temps, M. Fischer avait choisi Mestepès comme régisseur général de l’Ambigu : c’est lui qui a mis en scène les drames que nous avons vus récemment sur ce théâtre.

L’enterrement de notre confrère aura lieu demain lundi. Nous ferons connaître l’heure des obsèques dans notre numéro de demain matin.

(Jules Prével, le Figaro, 16 mai 1875)

Annonçons d’abord qu’aujourd’hui lundi aura lieu, à dix heures très précises, en l’église Saint-Roch, le service de Mestepès.

On se réunira à la maison mortuaire, 7, rue de Louvois.

(le Figaro, 17 mai 1875)

  

 

Cette semaine ont eu lieu les obsèques de M. Eugène Mestépès, un auteur dramatique de talent qui a beaucoup travaillé pour nos théâtres lyriques. Le nom de Mestépès restera intimement lié à l'histoire des origines des Bouffes‑Parisiens, pour lesquels il écrivit un grand nombre de saynètes applaudies. Personne, mieux que lui, ne possédait l'art difficile d'improviser un acte. Aussi beaucoup de nos jeunes maîtres ont-ils débuté sous ses auspices : témoin, M. Léo Delibes, qui lui doit son premier succès : Maître Griffard, joué au Théâtre-Lyrique. M. Mestépès n'était pas seulement un écrivain de talent, c'était encore une nature droite et honnête, dans l’acception la plus large du mot. Aussi M. Camille Doucet, le nouveau président de la société des Auteurs, qui inaugurait ses nouvelles fonctions par une oraison funèbre, a-t-il vu s'incliner tous les fronts, lorsqu'il a parlé en termes émus de ce caractère si honorable et de cette vie sans tache.

(le Ménestrel, 23 mai 1875)

 

 

 

 

 

 

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